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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 04:00

D’emblée, le ton est donné. Le meeting contre « l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » s’ouvre sur la parole d’Ismahane Chouder, de l’association Mamans toutes égales. A la Bourse du Travail de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), elle dénonce la « campagne de criminalisation des signataires » de cet appel.


Les principales organisations anti-racistes que sont le Mrap, la LDH, SOS Racisme ou la Licra se sont d’ailleurs abstenues. En revanche, l’appel a été entendu par le PCF et le NPA ainsi que des structures polémiques comme l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans), le Parti des Indigènes de la République, les Indivisibles, Présence musulmane (proche de Tariq Ramadan) ou encore le Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi de 2004 (CEAL). Le texte dénonce à la fois l’islamophobie et « le Patriot Act à la française ».

 

Malaise dans les rangs de la gauche. Le Parti de Gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon refuse de s’y associer. Son coordinateur général, Eric Coquerel, confie à L’Express: « Le terme d’islamophobie nous pose problème depuis plusieurs années. Il est difficile en effet de faire la part entre la libre critique de la religion et le racisme. Le texte par ailleurs ne cite pas les autres formes de racisme.

 

Dans un contexte post-attentats, il aurait fallu un appel plus large… » « Par ailleurs, poursuit le dirigeant, les signataires nous posent problème. Il s’agit pour certains d’organisations communautaristes ou d’organisations qui ont une vision politique de l’islam. »


Le parti Ensemble!, composante avec le PG du Front de Gauche, partage, lui, un avis contraire. « Il y a urgence à ce que la gauche de transformation sociale prenne la mesure d’un racisme spécifique prenant la religion musulmane comme prétexte », écrivent plusieurs de ses militants.

 

Un soutien au meeting qui, précisent-ils, « ne signifie bien évidemment pas que nous partageons l’entièreté des positions défendues par les autres organisations signataires ». Autre composante du Front de Gauche: le Parti communiste français. Après en avoir débattu, le PCF a décidé de maintenir sa signature à l’appel mais il a été décidé de n’envoyer aucun représentant au meeting, précise-t-on place du colonel Fabien.

 

Capharnaüm également au sein d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV). Après un débat mardi au bureau exécutif, la formation écologiste décide de retirer sa signature de l’appel. Sans faire trop de publicité à ce sujet. Au Lab, le chef de file des députés EELV, François de Rugy, regrette qu’on « en vient parfois à accepter les discours insupportables d’organisations pour qui les discriminations justifieraient quelque part la radicalisation des jeunes et in fine les attentats ». « C’est le moment ou jamais de trancher une bonne fois ces débats entre nous », conclut-il.

Las, plusieurs figures du parti, comme les eurodéputés Eva Joly, Yannick Jadot, Karima Delli ou le député Sergio Coronado annoncent le 3 mars qu’ils soutiennent le meeting. « Nous voulons rompre avec ce regard méprisant et colonial des uns sur les autres qui conditionne la discrimination, notamment islamophobe, et peut en inciter une infime minorité à tomber dans le radicalisme violent », écrivent-ils.

L’ancienne secrétaire nationale Cécile Duflot reste, elle, silencieuse… « Le débat n’est pas simple. Les deux camps l’instrumentalisent, regrette en off une personnalité influente d’EELV. Il y a une logique périlleuse à avoir deux gauches qui s’affronteraient: l’une laïque et l’autre islamo-compatible. C’est une vision binaire qui nous met dans la merde, reconnaît cette personne. Il ne faut pas alimenter la querelle sur des sujets aussi graves. » Le malaise est plus que palpable.

Le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui intervient ensuite, pointe du doigt rien de moins qu’un « racisme d’Etat qui ressemble à ce qu’on a vécu dans les années 30″. Si son président Samy Debah assure que « les Français ne sont pas islamophobes », il met en garde contre « des gens qui sont une puissance médiatique et politique et qui cherchent à diviser les citoyens ».

Pour écouter ces prises de parole véhémentes, les politiques ne se sont pas bousculés. Madjib Messaouedene, conseiller municipal délégué de Saint-Denis, prend le micro pour expliquer l’absence du maire (PCF) de la ville Didier Paillard. S’il n’est pas là, c’est pour ne pas « se faire accuser » de vouloir récupérer des voix, assure-t-il. Seul élu à prendre la parole, Abderrahmane Azzouzi, ancien adjoint au maire (SE) d’Angers, qui met en garde: « Si l’Etat n’invite pas les musulmans à la table de la République, attention à ce que les musulmans ne lui retournent pas un jour la table sur la tête! »


D’ores et déjà, certaines formations de gauche préfèrent oublier cette soirée et les divisions. « On souhaite participer à la manifestation contre les racismes du 21 mars dont le spectre est plus large », glisse à L’Express Eric Coquerel du PG. Qui observe qu’en l’état, le texte de l’appel ne lui semble pourtant pas acceptable. La gauche n’a pas fini de phosphorer.

By liguedefensejuivehappywheels

vu sur : http://www.europe-israel.org/2015/03/ce-meeting-contre-lislamophobie-qui-divise-la-gauche/

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Politique