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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 00:32

 

Samedi 16 mai, gros titre et grande angoisse du journal officieux de la classe politique. La rédaction du Monde s’inquiète en effet, car : « au PS, (on assiste à) la grande hémorragie des militants ».

Le congrès du parti s’ouvrira le 5 juin aura lieu à Poitiers et durera jusqu’au 7. Mais la gauche caviar commence à déplorer que cet événement ne devrait mobiliser que 80 000 d’entre eux.

Les chiffres sont plus lamentables encore pour ce grand parti de gouvernement, dont, en fait, et depuis fort longtemps, plus de la moitié des cotisants, à jour ou en cours de renouvellement détiennent un ou deux mandats électifs.

En moins de 10 ans, entre le record enregistré en 2006 à hauteur de 280 000, puis le lent déclin jusqu’en 2012 où le PS comptait 170 000 encartés lors de l’élection de Hollande en mai et la victoire de la gauche aux élections législatives en juin, le nom d’adhérents théoriques a diminué de plus de 50 % : ils n’étaient plus que 131 000 en janvier 2015, et sur ce contingent la moitié n’étaient plus à jour de leur cotisation.

Toutes les formes et toutes les causes de démissions, d’écœurements, de divisions se conjuguent. La plus redoutable pour la gauche correspond, comme toujours, aux gens qui partent sans bruit, dans l’indifférence, sur la pointe des pieds. Ils resteront conseillers municipaux, administrateurs de mutuelles, vénérables de loges, permanents d’associations subventionnaires, etc. Mais on ne les verra plus dans les rendez-vous du parti, au point que bientôt le principal parti de gauche sera de nouveau le « bon vieux » PCF. Dans l’hypothèse malheureusement imaginable où Hollande, ou son actuel premier ministre, l’emporterait en 2017

La masse de nos compatriotes ne s’y trompe pas : seuls 23 % d’entre eux considèrent que le PS proposerait « un projet pour la France ». Politiquement ce parti demeure certes attaché à l’union de la gauche, c’est-à-dire à son indéfectible alliance de second tour avec les communistes, auxquels il ne manque aucune voix socialiste lorsqu’ils arrivent en première position et lorsqu’une liste d’union a été constituée. Sociologiquement, en revanche la transformation de la population l’éloigne de plus en plus de sa mythologie.

Entre 1985 et 2011, une étude du CEVIPOF démontre ainsi que la proportion de cadres supérieurs dans les effectifs du PS a doublé pour atteindre 38 % des adhérents, contre seulement 17 % issus des classes populaires : 14 % d’employés et seulement 3 % d’ouvriers. En trente ans les non-diplômés ont quasiment disparu ne représentant plus que 4 % des effectifs.

Et, maintenant grâce au projet de réforme des collèges que porte Najat Vallaud-Belkacem, même les enseignants désertent ! à qui se fier ?

Au plan local, par ailleurs, chacun peut constater que « Gérard Colomb mène à Lyon la même politique qu’Alain Juppé à Bordeaux. »

Le 21 mai les adhérents auront à choisir parmi quatre motions.

La première (A) est portée par Cambadélis, ancien gras droit de Dominique Strauss-Kahn. Quand il fut désigné premier secrétaire en 2014, après l’échec désastreux de Harlem Désir, ce député du 19e arrondissement de Paris constatait que « toute la maison est à reconstruire. Cependant, or sa motion chèvre-chou, soutenue par le gouvernement, signée personnellement par Manuel Valls, autre strauss-kahnien, on perçoit mal l’avancement du chantier qu’appelait cette mâle et réaliste déclaration.

La seconde (B) est menée Christian Paul au nom des frondeurs et de l’aile gauche. Elle est signée par Benoît Hamon. Elle se propose essentiellement de détricoter les concessions faites au Medef par Hollande, Valls et Macron.

Plus significative la motion (C) déposée par Karine Berger soutient en fait le gouvernement, tout en souhaitant lui redonner une impulsion. Émanant d’un courant qui se nomme lui-même « Cohérence socialiste », animé, outre Karine Berger, par des députés tels que Valérie Rabault, Alexis Bachelay et Yann Galut, soutenus par l’ancienne ministre de la famille Dominique Bertinotti, par l’ancien ministre de l’intérieur Paul Quilès, et par les déçus du choix de Martine Aubry, ils reformulent le programme du PS, avec 15 ou 20 ans de retard, avançant 86 propositions comme celle de la « grande réforme fiscale » (1) fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, comme un moratoire sur la baisse des dotations aux collectivités locales ou le déménagement du siège du PS en banlieue parisienne.

« Nous voulons changer de fond en comble le PS », prétend Karine Berger, qui s’inspire probablement du Guépard : « tout changer pour que rien ne change ». Son but véritable est d’abaisser la motion Cambadélis au-dessous de la barre des 50 %, pour que le premier secrétaire soit forcé de négocier. On revient clairement par de telles aux congrès radicaux-socialistes de la troisième république.

En fin une motion (D) déposée par Florence Augier trouve le PS pas assez « diversifié ».

Après cette sorte de sondage du 21 mai, on procédera le 28 mai à l’élection du premier secrétaire du parti, par un vote des adhérents à jour de leurs cotisations, ayant à choisir entre les rédacteurs des deux motions qui auront recueilli 7 jours plus tôt le plus grand nombre de partisans. L’apothéose, ou la métamorphose des cloportes, s’accomplira les 5, 6 et 7 juin à Poitiers lors du Congrès charge d’entériner tous ces choix.

Dès 2008 Hollande, annonçait un parti « réformiste », partisan « d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. »

En 2014, les états généraux du PS avaient déjà réaffirmé le désir de « réguler le capitalisme pour le maîtriser ».

En 2015 un pas de plus sera franchi. En direction de l’abîme et de l’incohérence ?

> Jean-Gilles Malliarakis anime un blog.

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Politique