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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 11:51

Auteur : Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh: Chrétien d’origine palestinienne. Citoyen suisse. Docteur en droit. Habilité à diriger des recherches (HDR). Professeur des universités (CNU-France). Responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé (1980-2009). Professeur invité dans différentes universités en France, en Italie et en Suisse. Directeur du Centre de droit arabe et musulman. Auteur de nombreux ouvrages dont une traduction française, italienne et anglaise du Coran.

Éditions : Centre de droit arabe et musulman.
source
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La prière fait partie des 5 piliers de l’islam, qui sont : L’attestation de la foi, la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage. En droit musulman, celui qui nie l’obligation de prier est considéré comme apostat et passible de la peine de mort. 
Et celui qui ne prie pas par paresse est considéré comme un pécheur, et doit être contraint de prier. Puis, s’il refuse, il peut être mis à mort. Cette obligation de prier, sous peine de mort, est confirmée dans le traité de droit d’Ibn Ruchd, le fameux philosophe et juriste dit Averroès (décédé en 1198). 
Le père de famille peut contraindre les membres de sa famille qui ne s’y conforment pas, et cela s’applique même au mineur à partir de l’âge de dix ans. Extrait de l'article de Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh.

 

Aujourd’hui aussi, les musulmans sont obligés, dans certains pays, d’accomplir les 5 prières quotidiennes et doivent pour cela interrompre toutes leurs activités. Une fatwa demande à l’État de licencier l’employé qui ne prie pas, et permet à son collègue de le tuer. L’article 306 du Code pénal mauritanien réitère la peine de mort contre le récalcitrant à la prière :

Tout musulman majeur qui refuse de prier tout en reconnaissant l’obligation de la prière sera invité à s’en acquitter jusqu’à la limite du temps prescrit pour l’accomplissement de la prière obligatoire concernée. S’il persiste dans son refus jusqu’à la fin de ce délai, il sera puni de la peine de mort.

S’il ne reconnaît pas l’obligation de la prière, il sera puni de la peine pour apostasie et ses biens confisqués au profit du Trésor public. Il ne bénéficiera pas de l’office consacré par le rite musulman.

Selon le droit musulman, les 5 prières quotidiennes que doit accomplir le musulman ne sont valides que si la [Fatiha] y est récitée. Elle est récitée aussi lors de la conclusion du contrat de mariage, lors des visites des cimetières et à d’autres occasions.
 

[Al-Fatiha], écrite aussi [Al-Fatihah], traduite par La Liminaire, Le Prologue, L’Ouverture ou L’Inaugurale, etc. est le titre du premier chapitre du Coran dans l’ordre canonique qu’utilisent les musulmans et le cinquième chapitre dans l’ordre chronologique. Elle est composée de sept versets, dont les 6e et 7e versets comportent l'invocation suivante: « Dirige-nous vers le chemin droit. Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels[tu n’es] pas en colère et qui ne sont pas égarés ».

L’aspect qui nous intéresse dans cette étude est l’interprétation qui a été donnée à cette invocation à travers les siècles, et plus particulièrement à ce que désignent les deux groupes : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère », et « les gens égarés ».
 

La réponse à cette question peut être résumée en une phrase : chez l’écrasante majorité des exégètes, les gens contre lesquels Dieu est en colère المغضوب عليهم sont les juifs, et les gens égarés الضالين sont les chrétiens. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut aussi le démontrer à travers des citations de ces exégètes et indiquer les justifications qu’ils ont fournies. Sans ces justifications, il serait téméraire et hasardeux d’avancer le sens particulier donné à ces termes, car ils peuvent aussi bien revêtir une signification générale et désigner tout pécheur et toute personne qui s’égare de la voie prescrite par Dieu.

Si effectivement le sens avancé par les exégètes est celui que nous venons d’évoquer, on se demande comment les musulmans peuvent coexister en paix et en harmonie avec les juifs et les chrétiens alors qu’ils répètent ce chapitre dans leurs cinq prières quotidiennes, y compris le septième verset précité ?
Et si telle est leur posture, à l’égard des juifs et des chrétiens, qui sont les Gens du Livre, que penser alors de leur attitude à l’égard de ceux qui ne font même pas partie des Gens du Livre ?

 

La société arabe et musulmane brûle dans le feu d’un sectarisme religieux odieux. Nous sommes en droit de nous demander d’où viennent ce sectarisme et cette haine ? Et comment nous pouvons y mettre fin sans un changement radical de la religion musulmane ?
 

La haine que génère le [verset 7] envers les juifs et les chrétiens ne se limite pas à ces derniers. Les musulmans sont des êtres humains comme tous les autres, et la haine ne peut que susciter, un rejet chez ceux qui réfléchissent parmi eux. Chacun de nous cherche un idéal dans la religion, toute religion. Mais quand on ne trouve que haine et discrimination à la lecture des textes fondateurs de la religion dans laquelle on est né, on éprouve de la répulsion pour cette religion, imposée par le milieu familial, scolaire, social et étatique.
 

Cela peut expliquer la vague d’athéisme qui déferle actuellement sur les pays arabes et musulmans. Ainsi, le texte fondateur ne donne pas seulement naissance à des fanatiques djihadistes qui tranchent des têtes, enlèvent des femmes, les asservissent et leur imposent des normes vestimentaires dégradantes. Il donne aussi naissance à des révoltés contre la religion.

On l’a vu en Occident lorsque l’Église a voulu exercer son pouvoir et museler la liberté d’expression par des bûchers allumés à chaque coin de rue et par son tribunal d’inquisition. Et on le voit aujourd’hui avec des musulmans qui brûlent le Coran et affichent leur rejet de l’islam. Certaines sources estiment que le nombre des athées dans le monde arabe et musulman atteint 75 millions de personnes, soit un chiffre plus élevé que celui des djihadistes, même si ces derniers se rendent plus visibles par leurs actes de violence.


PRÉSENTATION DE LA PRIÈRE AL-FATIYA

Nous en donnons ici la version arabe, en orthographe uthmani et moderne, et cinq traductions : La nôtre, celle de Hamidullah, celle de Zeinab Abdelaziz, celle de Malek Chebel, et celle de Berque.

(...)

Versets du Coran Orthographe uthmani Orthographe usuelle :

[Verset 1]

- Au nom de Dieu, le tout miséricordieux, le très miséricordieux
- Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
- Au nom d’Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux
- Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux
- Au nom de Dieu, le Tout miséricordieux, le Miséricordieux

[Verset 2]

- Louange à Dieu, le Seigneur du monde
- Louange à Allah, Seigneur de l’univers
- Louanges à Allah, Seigneur des univers
- Louange à Allah, le Seigneur des mondes
- Louange à Dieu, Seigneur des univers

[Verset 3]

- Le tout miséricordieux, le très miséricordieux
- Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
- Le Miséricordieux, le Miséricordieux
- Le Clément, le Miséricordieux
- Le Tout miséricordieux, le Miséricordieux

[Verset 4]

- Possesseur du jour du jugement
- Maître du Jour de la rétribution
- Maître du Jour du jugement
- Maître du Jour de la rétribution
- Maître du Jour de la rétribution

[Verset 5]

- C’est toi que nous adorons, et c’est toi dont nous demandons l’aide
- C’est Toi [Seul] que nous Adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours
- C’est Toi Seul que nous adorons et c’est Toi Seul à que nous recourons
- C’est Toi que nous adorons, et Toi dont nous implorons l’assistance
- C’est toi que nous adorons, Toi de qui le secours implorons.

[Verset 6]

- Dirige-nous vers le chemin droit
- Guide-nous dans le droit chemin
- Indique-nous le chemin de rectitude
- Conduis-nous sur le droit chemin
- Guide-nous sur la voie de rectitude

[Verset 7]

- Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels [tu n’es] pas en colère et qui ne sont pas égarés.

- Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés

- Le chemin de ceux que Tu as gratifiés : ni les réprouvés, ni les fourvoyés.

- Le chemin de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits, et non pas de ceux qui ont suscité Ta colère, ni le chemin des égarés.

- La voie de deux que tu as gratifiés, non pas celle des réprouvés, non plus que de ceux qui s’égarent.

(...)

Si l’on considère que le Coran est la parole de Dieu, comme le prétendent les musulmans, ces propos ne peuvent provenir de Dieu. On conçoit mal comment Dieu peut se rendre louange à lui-même ou solliciter sa propre aide.
De ce fait, Ibn-Masoud, fameux compagnon de Mahomet, refusait l’intégration de ce chapitre dans son Coran. Mais laissons ce point de côté et examinons le sens donné aux deux groupes : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère », et « les gens égarés » mentionnés dans le [verset 7].


EXÉGÈSE ET JUSTIFICATION DE LA PRIÈRE AL-FATIYA

Au [verset 6], les croyants demandent à Dieu de les diriger vers le chemin droit. Et le [verset 7] précise que : « Le chemin droit est celui des gens que Dieu a gratifiés. Et non pas le chemin des gens contre qui Dieu est en colère. Ni le chemin des gens qui sont égarés ».

 

Versets du Coran Orthographe uthmani Orthographe usuelle :

M-5/1:6. « Dirige-nous vers le chemin droit »

M-5/1:7. « Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels (tu n’es) pas en colère et qui ne sont pas égarés ».

On se trouve donc face à trois groupes :

1) Ceux qui sont gratifiés
2) Ceux contre lesquels Dieu est en colère
3) Ceux qui sont égarés

Certains estiment que ces trois catégories doivent être lues à la suite et ne forment qu’un seul et même groupe, les éléments 2) et 3) qualifiant simplement ceux qui sont gratifiés. Mais l’écrasante majorité distingue entre ces trois groupes et tentent de les définir. On constate d’ailleurs cette divergence dans les traductions citées plus haut. Si l’on suit l’opinion majoritaire, le [verset 7] comporterait des lacunes et devrait être lu comme suit :

M-5/ [Coran] 1:7 : « Le chemin de ceux que tu as gratifiés, non pas [le chemin de ceux] contre lesquels (tu es)en colère, et ni [le chemin] de ceux qui sont égarés ».
 

Les exégètes divergent sur le premier groupe (les gratifiés) : Ils seraient les prophètes, voire les juifs de l'époque d'Abraham, avant qu’ils se détournent de la vraie foi, voire les musulmans eux-mêmes qui ont été gratifiés par la foi.

Cette première catégorie ne nous intéresse pas ici, et nous n’en parlerons que par ricochet.

Quant aux deuxième et troisième groupes (« les gens contre lesquels Dieu est en colère », et « les gens égarés »), en règle générale, les exégèses disent qu’il s’agit respectivement des juifs [al-yahoud] et des chrétiens. Le terme [al-nassara] concerne les nazaréens, qui eux ne sont ni « contre lesquels Dieu est en colère », ni « égarés ».
 

Les exégètes se limitent parfois à une ou deux phrases indiquant que le [verset 7] susmentionné désigne les juifs comme étant les gens contre qui Dieu est en colère, et les chrétiens comme étant les gens égarés. Ceci sans fournir de justification à leur interprétation.
 

D’autres en revanche recourent aux deux sources du droit musulman, à savoir le Coran et la [sunnah] de Mahomet. En effet, pour les musulmans, la détermination de ce qui est bien et de ce qui est mal, de ce qui est licite et de ce qui est illicite, doit nécessairement se baser sur ces deux sources, conjointement ou séparément, de façon directe ou indirecte, à travers un raisonnement par analogie. Nous nous limitons ici à trois passages du Coran :

Versets du Coran Orthographe uthmani Orthographe usuelle :

Nous utiliserons notre propre traduction du Coran par ordre chronologique, en faisant usage des deux numérotations : Le premier numéro renvoie à l’ordre chronologique du Coran, et le deuxième à l’ordre conventionnel. Ces deux numéros sont suivis du numéro du verset, et précédés d’un H en marron (Pré-Hégire) pour les versets médinois, et d’un M (Post-Hégire) en vert pour les versets mecquois.

M-70/ [Coran 16:116] : « Ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues : + Ceci est permis, et ceci est interdit +, pour fabuler sur Dieu le mensonge. Ceux qui fabulent sur Dieu le mensonge ne réussissent pas ».

H-88/ [Coran 8:20] : « Ô vous qui avez cru! Obéissez à Dieu et à son envoyé et ne lui tournez pas le dos lorsque vous l’écoutez ».

H-92/ [Coran 4:59] : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Dieu, et obéissez à l’envoyé et à ceux parmi vous chargés des affaires. Si vous vous disputez à propos d’une chose, ramenez-la à Dieu et à l’envoyé, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. Voilà ce qui est mieux et un meilleur aboutissant ».

La règle veut que le musulman commence par interroger le Coran, censée être la parole divine et qui, même si son interprétation peut largement varier, reste la source la plus sûre. Il ne recourra à la [sunnah] que si le Coran ne prévoit pas de réponse précise et détaillée. Mais la [sunnah] pose un problème d’authenticité, les recueils comportant les récits de Mahomet n’étant pas révélées à la lettre, et ces recueils contiennent de nombreuses imperfections pouvant amener à écarter un récit attribué à Mahomet pour une raison ou une autre, notamment du fait que le rapporteur de ce récit serait une personne peu fiable.

Dans le cas d’espèce, les exégètes procèdent souvent de manière inverse: ils commencent par le [verset 7] dont les éléments ne sont pas déterminés avec précision, et vont chercher chez Mahomet une interprétation de ce verset dans le récit suivant : « Les juifs sont les gens contre qui Dieu est en colère, et les chrétiens sont les gens égarés » .
 

Certains exégètes s’arrêtent à cette deuxième étape, mais nombre d’entre eux passent à une troisième étape, en cherchant dans le Coran une attestation qui corrobore le contenu du récit de Mahomet. Ceci vise généralement à contrer toute mise en doute de l’authenticité du récit.
Ce qui signifie que même si le récit est écarté pour des raisons formelles, son contenu est conforme à ce que dit le Coran à propos des juifs et des chrétiens. Ils vont donc chercher dans le Coran les termes utilisés dans le [verset 7] accolés soit aux juifs (contre lesquels Dieu est en colère) soit aux chrétiens (qui sont les égarés). Certains exégètes se bornent à citer un verset, d’autres plusieurs, et pas toujours les mêmes.

 

Certains exégètes vont plus loin, et cherchent dans une quatrième étape les raisons pour lesquelles Dieu est en colère contre les juifs et pourquoi les chrétiens sont considérés comme égarés. Certains versets en effet motivent leur jugement contre les juifs et contre les chrétiens.

Certains exégètes expliquent dans une cinquième étape que les juifs comme les chrétiens sont à la fois des gens contre lesquels Dieu est en colère et des gens égarés, mais le qualificatif « gens contre lesquels Dieu est en colère » caractérise plus particulièrement les juifs pour des raisons données, et le qualificatif « gens égarés » caractérise plus particulièrement les chrétiens.

Dans une sixième étape, certains exégètes se demandent si seuls les juifs et les chrétiens sont concernés par ces qualificatifs, ou si ces qualificatifs peuvent en fait concerner d’autres groupes. Certains estiment que les polythéistes seraient dans un état plus alarmant encore que celui des juifs et des chrétiens. Et que, dans tous les cas, ces qualificatifs peuvent être attribués aussi aux hypocrites (qui font semblant d’être musulmans), aux pervers, voire aux musulmans qui n’observent pas la loi musulmane et commettent une injustice.

Certains enfin se demandent pourquoi le verset mentionne d’abord les gens contre lesquels Dieu est en colère, et ensuite les « gens égarés ».
 

Il arrive, mais très rarement, qu’un exégète ne fasse aucune mention des juifs et des chrétiens et donne au [verset 7] un sens général. On l’observe surtout chez des exégètes soufis, qui brodent autour du [verset 7]en lui donnant un sens ésotérique. Et certains exégètes chiites attribuent les deux qualificatifs non seulement aux juifs et aux chrétiens, mais aussi à ceux qui n’adhèrent pas à leur communauté.

Malgré les modalités susmentionnées, l’écrasante majorité des exégètes affirment en premier lieu, avec ou sans nuances, avec ou sans développement, que les juifs sont des gens contre lesquels Dieu est en colère, et les chrétiens des gens égarés.
Cette affirmation se retrouve aussi bien chez les exégètes anciens que chez leurs confrères contemporains. Et aucun exégète ne conteste explicitement l’interprétation selon laquelle les gens frappés de « la colère de Dieu » sont les juifs et les gens « égarés » sont les chrétiens.

Allah serait-il un Dieu haineux, anti-juif et anti-chrétien, pour avoir insisté avec des versets en rapport avec le [verset 7] de [Al-Fatiya] ?


LES VERSETS DU CORAN EN RAPPORT AVEC LE VERSET 7

Nous donnons ici une liste des versets auxquels les exégètes se réfèrent, ce qui nous évite de nous répéter dans les traductions, d’autant que les exégètes se limitent souvent à citer un bref élément du verset, censé être connu par cœur. La traduction complète de tous ces versets rendrait le texte trop lourd.

Nous utiliserons notre propre traduction du Coran par ordre chronologique, en faisant usage des deux numérotations : Le premier numéro renvoie à l’ordre chronologique du Coran, et le deuxième à l’ordre conventionnel. Ces deux numéros sont suivis du numéro du verset, et précédés d’un H en marron (Pré-Hégire) pour les versets médinois, et d’un M (Post-Hégire) en vert pour les versets mecquois.
 

Sourates en version arabe, en orthographe uthmani :

M-39/ [Coran 7: 152] : « Ceux qui ont pris le veau (pour un dieu), auront sur eux de la part de leur Seigneur, une colère, et une humiliation dans la vie ici-bas. Ainsi rétribuons-nous les fabulateurs ».

M-42/ [Coran 25:44] : « Ou bien penses-tu que la plupart d’entre eux écoutent ou discernent? Ceux-là ne sont que comme les bétails. Ils sont plutôt plus égarés de la voie ».

M-51/ [Coran 10:32] : « Voilà Dieu, votre vrai Seigneur! Qu’y a-t-il après la vérité sinon l’égarement ? Comment vous (en) détournez-vous ? ».

M-70/ [Coran 16:106] : « Quiconque a mécru en Dieu après avoir cru (…), sauf celui qui a été contraint alors que son cœur est rassuré par la foi. Mais celui qui ouvre la poitrine à la mécréance, une colère de Dieu tombera sur eux et ils auront un très grand châtiment ».

H-87/ [Coran 2:40] : « Ô fils d’Israël! Rappelez-vous ma grâce dont je vous ai gratifiés. Acquittez-vous de votre engagement envers moi, et je m’acquitterai de mon engagement envers vous. Ayez donc de l’effroi de moi ».

H-87/ [Coran 2:61] : (…) « Lorsque vous dîtes : + Ô Moïse ! Nous n’endurerons plus une seule nourriture. Appelle donc ton Seigneur pour qu’il nous fasse sortir de la terre ce qu’elle fait pousser, de ses légumes, ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons ! + Il dit : + Voulez-vous échanger le meilleur contre le moindre ? Descendez en Égypte. Vous y trouverez ce que vous demandez ! + Ils seront frappés d’humiliation et d’indigence, et encourront la colère de Dieu. Cela parce qu’ils mécroyaient dans les signes de Dieu, et qu’ils tuaient les prophètes sans droit. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient ».

H-87/ [Coran 2:65] : « Vous avez connu ceux des vôtres qui transgressèrent le sabbat. Nous leur dîmes : +Soyez des singes humiliés ! + »

H-87/ [Coran 2:90] : « Combien détestable ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes: ils mécroient en ce que Dieu a fait descendre, abusés par le fait que Dieu fasse descendre de sa faveur envers qui il souhaite de ses serviteurs. Ils ont encouru colère sur colère. Les mécréants auront un châtiment humiliant ! ».

H-89/ [Coran 3:112] : « Où qu’on les trouve, ils seront frappés d’humiliation, à moins d’une corde (de secours)de la part de Dieu ou d’une corde (de secours) de la part des humains. Ils encourront la colère de Dieu, et seront frappés d’indigence. Cela parce qu’ils mécroyaient dans les signes de Dieu, et qu’ils tuaient les prophètes sans droit. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient ».

H-92/ [Coran 4:69] : « Quiconque obéit à Dieu et à l’envoyé, ceux-là seront avec ceux que Dieu a gratifiés : prophètes, véridiques, témoins et vertueux. Quels bons compagnons que ceux-là ! ».

H-92/ [Coran 4:93] : « Quiconque tue délibérément un croyant, sa rétribution sera la géhenne. Il y sera éternellement. Dieu est en colère contre lui, l’a maudit et lui a préparé un très grand châtiment ».

H-92/ [Coran 4:167] : « Ceux qui ont mécru et ont rebuté (les autres) de la voie de Dieu se sont égarés d’un égarement lointain ».

H-112/ [Coran 5:60] : Dis : « Vous informerai-je de ce qui est pire que cela, comme rétribution auprès de Dieu ? Celui que Dieu a maudit, contre lequel il est en colère, ceux dont il a fait des singes et des porcs, de même que celui qui a adoré les idoles, ceux-là ont la pire situation et sont les plus égarés de la voie droite ».

H-112/ [Coran 5:77] : Dis : « Ô gens du livre! N’exagérez pas dans votre religion, (Ne dites) que la vérité. Ne suivez pas les désirs des gens qui se sont égarés auparavant, ont égaré beaucoup et se sont égarés de la voie droite ».

H-112/ [Coran 5:78] : « Ceux qui ont mécru parmi les fils d’Israël ont été maudits par la langue de David et de Jésus fils de Marie. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient ».

H-112/ [Coran 5:79] : « Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de répugnant. Combien détestable ce qu’ils faisaient ! ».

L'enseignement de Mahomet va, également, dans le même sens qu'Allah, à propos des juifs et des chrétiens, une diatribe des hadiths confirment que les juifs ont « encourus la colère de Dieu » et les chrétiens sont des «égarés ».
 


LES RÉCITS DE MAHOMET EN RAPPORT AVEC LE VERSET 7

Nous donnons ici les récits attribués à Mahomet dans les recueils de [sunnah] en rapport avec le [verset 7]. Ces récits sont importants car ils constituent la deuxième source du droit musulman. Le Coran incite le croyant à s’y soumettre, comme nous l’avons vu plus haut, et les juristes musulmans placent ces récits au même niveau que le Coran, même si l’authenticité de bon nombre d’entre eux est mise en question.
Signalons ici qu’un courant très minoritaire appelé « les Coranistes » rejette tout recours à la [sunnah].

 

Un récit de Mahomet est présenté en deux parties :

- La première partie (appelée [Isnad]) comporte une liste de personnes qui ont rapporté le dit récit. On parle de chaîne de transmission : [A] a entendu [B] qui a entendu [C] qui a entendu [D] qui a entendu Mahomet dire … Cette liste peut s’étendre sur plusieurs lignes et sert à vérifier l’authenticité du récit en question.

- La deuxième partie (appelée [Matn]) mentionne ce que Mahomet aurait dit :

Nous nous limitons ici à la deuxième partie, classant les sources selon l’année de décès de leurs auteurs. On remarquera à cet égard que ces récits étaient connus et cités par des exégètes que nous mentionnerons avant qu’ils ne soient publiés dans des recueils.

Source Texte arabe Traduction :

Ibn-Hanbal ابن حنبل (décédé en 855) : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens »

Al-Tirmidhi الترمذي (décédé en 892) : « Les juifs sont les gens contre lesquels Dieu est en colère, et les chrétiens sont les gens égarés »

Al-Tabarani الطبراني (décédé en 918) : « Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels tu n’es pas en colère (les juifs) et qui ne sont pas égarés (les chrétiens) »

Al-Tabarani الطبراني (décédé en 918) : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens »

Ibn-Habban ابن حبان (décédé en 965) : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens »

Al-Bayhaqi البيهقي (décédé en 1066) : « Ces juifs sont les gens contre lesquels Dieu est en colère, et ces chrétiens sont les gens égarés »

Ibn-al-Athir ابن الْثير (décédé en 1233) : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens »

Al-Suyyuti السيوطي (décédé en 1505) : « Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens »
 


ANALOGIE AVEC LA PRIÈRE CATHOLIQUE

La liturgie catholique du Vendredi saint introduite au VIIe siècle disait en latin : (…) Oremus et pro perfidis Judaeis (..)., ce qui devait signifier, à l’origine : « Prions aussi pour les Juifs incroyants » ou « Prions aussi pour les Juifs infidèles », au sens où ces derniers n’adhéraient pas à la foi chrétienne.

Cependant, avec l’évolution de la liturgie et les traductions dans les langues communes, notamment le français « Prions aussi pour les Juifs perfides afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs cœurs et qu’eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre-Seigneur », l’expression a rapidement changé de sens. Elle est devenue, dans un contexte d’anti-judaïsme, synonyme de « déloyauté », de « fourberie », puis a pris un caractère gravement offensant et chargé d’antisémitisme.

Cette terminologie a suscité des controverses depuis le début du XIXe siècle, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’Église catholique. Les discussions officielles au sein de la hiérarchie catholique pour l’abolir ou la réformer commencèrent dans les années 1920.
En 1959, le pape Jean XXIII fit supprimer les termes contestés (perfidis, ainsi que perfidiam, qui figurait dans l’oraison). Lors de la réforme liturgique qui suivit le concile Vatican II, ces termes ne réapparaissent pas, et les allusions à la conversion des juifs, présentes dans l’oraison, sont supprimées.

Depuis le missel de Paul VI, promulgué en 1970, la formulation est devenue « Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : Qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance ». Le motu proprio

Summorum Pontificum de Benoît XVI, paru en 2007 et facilitant l’utilisation, dans la liturgie, du missel de 1962, a suscité quelques inquiétudes. La prière pour les juifs a donc été modifiée dans cette édition, les propos concernant l’« aveuglement » étant supprimés, mais l’intention demeurant, selon l’ancienne tradition, la conversion des juifs au christianisme.

Certes, il est délicat de demander aux musulmans d’abandonner la récitation de la [Fatiha], qui constitue une condition de validité de la prière musulmane considérée dictée par Allah, à la différence avec les catholiques, où c'est une prière écrite de la main d'un homme.

Mais on est en droit de signaler que ce chapitre du Coran, telle qu’il est compris par la quasi-totalité des exégètes musulmans, y compris son auteur Mahomet, sème la haine. Et il est loin de constituer la seule composante discriminante de la prière musulmane. On n’a à cet égard qu’à écouter la haine dans les prêches des vendredis, qui comportent souvent des invocations demandant à Dieu :

- De détruire les mécréants
- De rendre veuves leurs femmes
- De rendre orphelins leurs enfants
- Et de les frapper par des maladies incurables.

De tels prêches sont entendus et diffusés non seulement dans les pays arabes et musulmans, mais parfois aussi dans les lieux de culte des pays occidentaux.


ANTAGONISME AVEC LES NORMES ANTIRACISTES

Le but de cette étude consiste à attirer l’attention, en premier lieu, des musulmans eux-mêmes sur le fait que leurs prières ne favorisent pas la paix, bien au contraire, et qu’ils sont les premières victimes de ces invocations haineuses.
Ensuite, cette étude souhaite alerter les organisations internationales qui œuvrent pour la paix, ainsi que des responsables politiques et académiques en Occident afin que, des mesures soient prises pour inciter les autorités religieuses musulmanes à dénoncer l’interprétation du chapitre coranique en question et à interdire les prêches haineux dans les lieux de culte et leur diffusion.

- Comment un musulman qui comprend l'arabe, le Coran et qui récite [Al-Fatiya5 fois par jour et tous les jours, peut-il être en paix avec lui-même et avec les juifs et les chrétiens ? Comment expliquer toute cette anti-juive et anti-chrétienne dans les pays musulmans ?

- De plus, à chaque fois qu'un musulman récite la prière de [Al-Fatiya], il maudit les juifs et les chrétiens.

- Comment Allah est ce Dieu de haine anti-juive et anti chrétienne ?

 

Rappelons ici le préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO :

Les gouvernements des États parties à la présente Convention, au nom de leurs peuples, déclarent :

Que, les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.

Mais il faut relever également que la récitation régulière de la [Fatiha], dans sa compréhension tant classique que moderne, viole les normes contre la discrimination, dont nous citons ici des extraits tirés des articles 261 et 261bis du Code pénal suisse :


Article 261 – Celui qui, publiquement et de façon vile, aura offensé ou bafoué les convictions d’autrui en matière de croyance, en particulier de croyance en Dieu, ou aura profané les objets de la vénération religieuse, (…)

sera puni d’une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus.


Article 261 bis – Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse;

– Celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d’une race, d’une ethnie ou d’une religion; (…)

– Celui qui aura publiquement, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité; (…)

Sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

Certes, des actions en justice fondées sur l’affrontement entre les résultats de la présente étude et les lois en vigueur, par exemple en Suisse, présenteraient un caractère provocateur peu compatible avec l’idéal premier d’information et de médiation qui doit présider à la résolution des problèmes posés par des incitations malsaines telles que celles révélées ici.

Cependant, force est de constater que deux visions très antagonistes s’affrontent bel et bien, dans la réalité quotidienne des pays occidentaux, qui connaissent une immigration musulmane croissante, entre la pratique rituelle de l’islam classique et les lois anti-discrimination modernes.
 

Il peut donc s’avérer raisonnable de faire usage de la présente étude, dans un cadre juridique limité, pour sinon interdire la prière musulmane, du moins faire connaître, ou rappeler, le problème que pose, très concrètement, la pratique normalisée de la religion musulmane, dont le respect conduit le croyant à répéter au moins 5 fois par jour ce qui constitue sans doute, des incitations à la discrimination et à la haine en raison d’une appartenance religieuse. Pour résoudre un problème, il faut commencer par prendre conscience de sa présence.

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NOTE :

Auteur : Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh: Chrétien d’origine palestinienne. Citoyen suisse. Docteur en droit. Habilité à diriger des recherches (HDR). Professeur des universités (CNU-France). Responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé (1980-2009). Professeur invité dans différentes universités en France, en Italie et en Suisse. Directeur du Centre de droit arabe et musulman. Auteur de nombreux ouvrages dont une traduction française, italienne et anglaise du Coran.

Éditions : Centre de droit arabe et musulman.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Religions