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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 01:44

L’enfer législatif est pavé de bonnes intentions. Vous le saviez déjà. Mais avez-vous vu la dernière idée des sénateurs ? Le Sénat a reconnu ce jeudi que la pauvreté pouvait être un critère de discrimination, en adoptant un projet de loi d’un sénateur socialiste.

Cela fait des années qu’ATD Quart-Monde dénonce des situations dont les pauvres sont souvent exclus. Les cas les plus connus sont ces affaires où des médecins refusent de soigner des patients couverts par le dispositif CMU.

ATD Quart-Monde nous apprend également ce qu’on savait intuitivement, à savoir que dans des testings de CV sont discriminés les candidats ayant bénéficié, dans leur parcours, d’une structure d’insertion sociale par le travail. Autrement dit, les emplois jeunes enferment leurs bénéficiaires et ne leur permettent sûrement pas de s’insérer.

Alors, face aux refus de soin ou face aux discriminations diverses et variées, fallait-il légiférer ?

Contrepoints589 Discrimination Pauvres - René Le HonzecLe législateur propose de punir de peine de prison et d’amendes les auteurs de telles discriminations. L’intention, lutter contre les discriminations, est louable, mais dans un pays qui comprend entre 5 et 8 millions de pauvres selon l’INSEE, soit autant de victimes potentielles, qui peut croire que l’on va pouvoir lutter contre cela ?

Va-t-on mettre en prison les sans doute milliers de médecins qui discriminent ? Forcer les employeurs à embaucher, surtout s’ils ont le choix des candidats ?

Évidemment, c’est trop compliqué pour des socialistes de reconnaître quelques vérités simples :

  • D’une part, les dispositifs publics censés aider les gens tombent souvent à côté de leur objectif, de manière intrinsèque, car l’intervention publique introduit toujours de la complexité (papiers à remplir, critères à respecter, administrations à contacter…). Or, tout le monde n’est pas adepte du « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »
  • D’autre part, les dispositifs d’aide sont effectivement des marqueurs sociaux (pensez aux tickets de rationnement que l’UMP proposait en 2010) et c’est exactement pour cela que, quand ils ont encore le choix, les pauvres n’en veulent pas. Eh oui, eux aussi ont leur dignité.

La meilleure lutte contre la discrimination, c’est une politique pro-business, qui permettra de revenir à de meilleurs niveaux d’emploi. Quand les employeurs auront épuisé le stock de candidats 100% désirables (la bonne adresse, la bonne apparence, le bon sexe), alors ils se tourneront vers les autres.

La lutte publique anti pauvreté, est inutile tant que les politiciens n’auront pas compris qu’il faudrait passer d’une logique centralisée de stock à une logique décentralisée de flux. Évidemment, cela présuppose un certain nombre d’actions que des étatistes ne sont pas près de mettre en œuvre…


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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie