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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 03:25

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » (Mt 10,28)

La Lettre de JASPA (Association Saint-Pierre d’Antioche et de tout l’Orient – La Malaunière, 61400 Saint Langis-lès-Mortagne) publie, dans son numéro de novembre 2014, une « lettre d’un chrétien de Syrie » et plusieurs autres documents pour faire connaître la persécution et les atrocités dont les chrétiens d’Irak et de Syrie sont actuellement les victimes. Pourtant, ce qui cause la mort de ces vieilles chrétientés d’Orient, ce n’est pas tant le fléau islamique que la perte de la foi, la décadence et la trahison des mauvais prêtres et des mauvais catholiques. Un témoignage à méditer.

 

Lettre d’un chrétien de Syrie

Damas, octobre 2014

Cher ami,

Lors de votre dernier voyage, vous nous aviez demandé de mettre par écrit le fond de notre pensée. Depuis de nombreuses années, vous vous attachez à exposer à nos amis français comment la plus ancienne chrétienté d’Orient est dangereusement menacée dans sa chair, et même dans son existence. Mais oserez-vous leur dire aujourd’hui la terrible vérité et leur parler du danger que courent nos âmes ? Car ce ne sont pas tant les chrétiens qu’on assassine en Syrie que leur foi.

Contrairement à l’opinion commune, nous pensons que des islamistes sunnites qui décapitent nos frères et dévorent leur cœur, c’est un fait, en soi, moins mortel pour notre chrétienté qu’une Église qui a cessé de nous transmettre la foi.
Ce qui est pourtant la dramatique vérité, puisque la proportion des catholiques pratiquants se situe entre 20 et 30 %.

Notre clergé est en voie de disparition. Je ne veux pas parler des prêtres qui ont abandonné leur troupeau pour se mettre à l’abri en Amérique ou en Europe, mais du nombre même des vocations qui se raréfient gravement. Peut-on trouver des excuses à ceux qui restent parmi nous, en déplorant de ne les voir bénéficier d’aucune formation sérieuse sur les plans doctrinal, spirituel ou même moral ?

 

Ajoutez pour témoignage à cela que – sous le prétexte que les fidèles auraient davantage confiance dans un clergé marié plutôt que célibataire, (il n’est pas trop difficile, hélas, d’en deviner les raisons) – quelques mois à peine suffisent généralement pour ordonner prêtres des hommes mariés. Vous confierai-je que cet usage ne satisfait ni leur épouse, ni leur communauté qui se plaignent toutes deux de leur manque de disponibilité, parce que le prêtre doit, dans la majorité des cas, pratiquer un métier pour subvenir aux besoins de sa famille ?

Depuis les années soixante-dix, au Proche-Orient, le clergé séculier reçoit une formation à peine meilleure. Sans parler des « moines » qui n’ont de moine que le nom, attachés à des couvents opulents où les domestiques sont souvent plus nombreux que les religieux, libres de leurs faits et gestes, sans contrôle aucun. On n’a pas de peine à imaginer les dérives d’une liberté dont chacun est le maître, ni le scandale habituel des faibles dans notre Orient étriqué où chacun se plaît à épier et juger le prêtre pour se donner bonne conscience.

Mais je reviens à la Syrie. A quoi servirait de distinguer entre une hiérarchie uniquement préoccupée par l’argent, des prêtres qui ne se tracassent que de nourrir les pauvres sans leur livrer jamais le pain de la Parole, ou ceux qui ne s’embarrassent ni de l’un ni de l’autre et, souvent, ne donnent guère le bon exemple ?

La réalité manifeste aujourd’hui est celle-ci : pas plus que les prêtres n’ont confiance dans leur hiérarchie, les chrétiens n’ont confiance dans leurs prêtres. Et la conséquence concrète est dramatique : en présence des indescriptibles souffrances qu’ils endurent depuis le début des affrontements, ils sont de plus en plus nombreux les chrétiens en Syrie qui déclarent : « Dieu n’existe pas ! »

Irak Alors que la guerre dure depuis trois ans, avec son cortège de souffrances, les morts de chaque jour, la surprise de la voiture piégée dans la rue ou de l’obus qui tombe du ciel dans votre cour, la peur dans laquelle chacun vit chaque instant pourrait trouver un apaisement dans le réconfort de la prière. Mais on ne nous apprend plus à prier… que pour le succès de l’armée et la fin de la guerre.

Savez-vous, cher ami, qu’il existe un nombre impressionnant de musulmans (sunnites, chi’ites et druzes) qui voudraient de tout leur cœur recevoir le baptême – même, comme c’est permis dans les circonstances particulières, en secret -, sans trouver de prêtre qui accède à leur demande et qui prenne le temps de les instruire ?
Non tant par crainte de représailles familiales sur le néophyte que parce qu’il a peur pour lui-même si la chose venait à se savoir. Quatre cents ans d’occupation ottomane auraient tellement marqué nos esprits qu’on a pris l’habitude de s’abstenir ici de tout prosélytisme ? C’est à pleurer.

A coup de dollars, de bibles empoisonnées distribuées gratuitement et d’endoctrinement savamment distillé, les sectes protestantes connaissent un franc succès auprès de nombreuses familles de réfugiés que n’aident par leur Église.
Mais contre elles, nos prêtres catholiques ne nous mettent jamais en garde, l’important, pour eux, n’étant pas d’être fier et d’appartenir à une Église plutôt qu’à une autre, mais de se sentir « chrétien » parmi les chrétiens.

Personne non plus ne prévient nos frères contre les faux prophètes qui pullulent aujourd’hui et font des ravages jusque dans le clergé. Nous avons besoin que la France nous envoie des missionnaires…

L’on voit, à Damas, des faits extraordinaires, comme le grand Mufti sunnite de la Mosquée des Omeyyades, Cheikh Khani, et d’autres dignitaires musulmans importants qui viennent à Soufanieh prier la Vierge Marie, à chaque anniversaire de son intervention miraculeuse. Personne ne les oblige à réciter le Notre Père en mettant le chapelet autour de leur cou, montrant un courage que pourraient leur envier beaucoup de prêtres et de religieux…

Sous prétexte que les orthodoxes n’ont – sauf exception – pas la pratique de la confession individuelle, les catholiques l’ont abandonnée. Et aujourd’hui tous les fidèles sont invités à « participer au repas du Seigneur » à chaque messe sans jamais qu’on leur rappelle l’existence ou la nécessité de la confession.
Même pour nos enfants, l’enseignement des vérités de la foi a disparu. On nous enseignait autrefois que communier sans être en état de grâce était une pratique dangereuse pour notre âme, mais on ne nous parle plus aujourd’hui de se confesser que pour dire que c’est une coutume « occidentale » dépassée. J’ai appris avec stupéfaction que, chez les Latins, on pouvait recevoir le très saint Corps de Notre-Seigneur dans la main, ce qui n’est pas autorisé en Orient.

Quand une vidéo nous montre notre président Bachar el-Assad tourner le dos à l’ambassadeur d’Israël lors des funérailles du pape Jean-Paul II, nous sommes fiers de lui. Mais quand nous parvient la photo du pape François baisant la main du grand Rabbin de Jérusalem, notre cœur est douloureusement transpercé.

Tout ceci pour vous expliquer, cher ami, que, malgré le courage qui masque souvent notre peur au quotidien, le désespoir moral et l’abandon spirituel des chrétiens arabes de Syrie est plus poignant encore que leur détresse matérielle.

Alors quand vous nous quitterez pour retourner dans votre pays, dites, s’il vous plaît, à nos frères chrétiens de France que nous n’avons pas besoin d’autres armes que de la Vérité. Dites-leur surtout combien nous avons besoin de leur prière pour garder la foi, simplement parce que nous aimerions que nos enfants puissent servir le Seigneur avec un cœur tranquille.

Votre ami obligé.

Milad K., retraité de l’enseignement.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Religions