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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 01:40

Smoke rises after an US-led air strike in the syrian town of Kobani

L’alliance de l’Occident avec tel ou tel pays musulman, cette alliance doit être considérée comme une alliance tactique à court terme, même si elle est renouvelable pendant un certain laps de temps.

Par exemple, face à l’Etat Islamique (EI), qui veut anéantir les chrétiens en terre d’islam et instaurer un Califat en Syrie et en Irak, le régime syrien de Bachar al-Assad n’est certes pas un allié stratégique à long terme. Mais il devrait être – au moins – un partenaire tactique à court terme, ce qui n’est toujours pas le cas.

La Russie a compris cela. Mais Obama et l’Union Européenne, en revanche, continuent de boycotter le régime syrien et la Russie, ce qui joue – évidemment – en faveur de l’Etat Islamique (EI). Actuellement, l’Etat Islamique est facteur de chaos géopolitique au Proche et au Moyen Orient, en Afrique du Nord et dans les Balkans. Mais ce qui rend possible ce chaos géopolitique, c’est l’attitude d’Obama et de l’Union Européenne.

Sur ce sujet, l’analyste Alexandre Latsa écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Beaucoup de théories ont circulé sur la toile concernant, tant les origines de l’Etat islamique (EI), que ses liens supposés, directs ou indirects, avec des puissances de l’OTAN, Etats-Unis et Turquie en tête. Née en 2003 en Irak et affiliée à Al-Qaïda, la nébuleuse prend le nom d’État islamique d’Irak (EII) en 2006 puis devient l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) en 2013. Au cours de l’année 2013, cette nébuleuse a commencé sa forte expansion militaire en Syrie et en Irak.

Sa prise de contrôle du territoire syrien s’est accélérée au cours des 18 mois derniers mois (elle contrôle maintenant près de 50% du territoire) et ce malgré le lancement d’une campagne internationale de bombardement durant l’automne 2014. A la prise de contrôle de larges pans du territoire syrien, notamment à l’est du pays, l’EI s’est au cours du mois de mai emparé de zones énergétiques au centre du désert syrien, notamment dans la région de Palmyre et dans le même temps de la ville de Ramadi, en Irak. La prise de ces villes a suscité beaucoup de questions quant à la motivation réelle de la coalition à freiner l’expansion de l’EI puisque des milliers de combattants de cette organisation ont pu traverser les déserts syriens et irakiens avec des colonnes de véhicules blindés à découvert, pour attaquer les forces loyalistes sans que la coalition ne les bombarde.

Semant encore plus le doute, un document confidentiel de l’US Defense Intelligence Agency (DIA) rédigé en août 2012 vient d’être déclassifié, document qui a fait le tour de tous les organes gouvernementaux, dont le CENTCOM, la CIA et le FBI. On peut y lire dans les dernières pages que la situation militaire devrait permettre l’établissement d’un sanctuaire (« un Etat islamique ») dans la zone allant de Ramadi en Irak jusqu’à l’est de la Syrie et les zones allant d’Assaka à Deir-Ez-Zor. Ce plan, nous dit le document, a le soutien des puissances étrangères hostiles au pouvoir syrien car il permet d’isoler le régime syrien vers la côte et ainsi, de couper toute liaison terrestre entre l’Iran et le Hezbollah. En clair: les puissances radicales qui pourraient émerger du chaos en Irak devraient naturellement se déverser en Syrie pour affaiblir l’Etat syrien.

Le laisser faire américain (ndmg – plus exactement le laisser faire d’Obama), des monarchies du golfe et de la Turquie, face à la montée en puissance de l’EI, explique peut-être pourquoi certains analystes n’hésitent pas à accuser la coalition et notamment les Etats-Unis d’avoir (volontairement ?) en permanence sur l’EI. La désintégration territoriale syrienne et l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat syrien satisfont les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite et Qatar en tête, qui sont dans une lutte totale contre l’Iran dans la région, Téhéran étant le grand soutien et allié du régime syrien.

L’évolution de la situation via la création dans le nord syrien d’un Kurdistan longeant la frontière avec la Turquie va par contre à des intérêts d’Ankara (ndmg – depuis août 2015, le régime islamique turc bombarde les Kurdes sur son territoire ainsi qu’en Irak et en Syrie, tout en faisant semblant de combattre l’EI). Au cours de la guerre syrienne, la Turquie a largement soutenu et continue de soutenir tous les groupes radicaux qui réduisent l’autorité d’Assad dans l’ancienne zone d’influence de l’empire Ottoman allant de Kassab à Alep en passant par Idlib. Ce soutien s’est traduit par un appui militaire direct, l’envoi de troupes d’élites turques sur place ou encore le rapatriement des blessés pour traitement dans des hôpitaux turcs (ici et là). Ankara a même coopéré avec l’EI (via notamment des fournitures d’électricité) lorsque ce dernier affrontait et affaiblissait les mouvances kurdes à sa frontière mais considère l’établissement de ce Kurdistan syrien comme le plus grand danger pour la Turquie actuellement, car réduisant son pouvoir de projection potentiel sur le territoire syrien et pouvant surtout menacer à terme sa stabilité intérieure.

Que devrait-il se passer ? L’opposition inattendue intra-OTAN entre Ankara et Washington devrait sans doute s’accentuer avec les récentes décisions d’Erdogan de se rapprocher de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et de la Russie avec laquelle elle partage des ambitions régionales. L’EI devrait lui continuer son expansion en Syrie avec le soutien implicite des grandes puissances régionales mais aussi avec le soutien plus ou moins direct de la Turquie et des Etats-Unis, chacun y trouvant pour l’instant des intérêts indirects prioritaires même s‘ils sont contradictoires.

On peut imaginer que ce soutien cessera lorsque l’EI deviendra un allié trop encombrant qui menacera les intérêts de certaines puissances voisines. Cette balkanisation de la Syrie et de l’Irak aura aussi des conséquences directes sur la Russie et la Chine qui ont chacun des intérêts historiques, politiques et économiques dans ces deux pays. Elle porterait atteinte au projet de route de la soie que Pékin compte redévelopper, car historiquement, les tracés des routes de la soie qui reliaient la Chine à l’ouest de l’Europe passaient par l’Iran et la Syrie et il n’existe que deux options possibles, soit par Deir ez-Zor et Alep, soit par Palmyre et Damas. Le premier chemin est coupé depuis début 2013, le second vient de l’être après la chute de Palmyre.

Le grand nombre de candidats russophones et sinophones (il y a même un quartier chinois à Raqqa, la capitale de l’Etat islamique en Syrie) qui se sont enrôlés au sein de l’EI, peuvent laisser imaginer que le prochain front de l’EI se situera entre le Caucase et le Xinjiang, visant Pékin et Moscou. L’EI, après avoir déstabilisé le monde chiite, pourrait donc en quelque sorte devenir un outil de déstabilisation de l’Eurasie, conclut Alexandre Latsa (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

De son côté, l’analyste Olivier d’Auzon écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Ankara a lancé le 24 juillet 2015 une guerre contre le terrorisme, visant simultanément le PKK et les combattants du groupe Etat islamique (EI) en Syrie. Il s’agit d’un bombardement qui attise assurément un peu plus les tensions entre les différents acteurs et la Communauté Internationale. Pour mémoire, la diplomatie ottomane avait essuyé les foudres de l’Occident pour avoir pendant trop longtemps servi de base arrière pour les combattants islamistes du Front Al-Nosra et d’Ahrar Al-Cham, et observé une attitude tout à la fois attentiste et troublante au moment où les Kurdes du Parti de l’union démocratique (PYD) combattaient l’EI à Kobané.

Or, la lutte contre l’EI n’est qu’un alibi pour affaiblir le PKK et ses alliés Et dès lors, la lutte contre l’EI n’est qu’un alibi pour affaiblir le PKK et ses alliés, et pour, à terme, s’opposer au projet d’union des trois cantons kurdes syriens. De plus, le refus d’Ankara de se joindre aux opérations de la coalition contre l’EI a contribué à compromettre le fragile accord de paix conclu en 2013 avec le PKK. Et le succès inattendu du Parti Kurde HDP à l’occasion des élections générales turques du 7 juin 2015 (13%, 80 députés) n’est pas étranger à ce refroidissement des relations turco-kurdes sur fond de chaos syrien et régional, commente l’expert Alexandre del Valle dans le numéro 148 de la revue Politique Internationale.

En novembre et décembre 2014, les manifestations pro-Kurdes se sont multipliées en Turquie, faisant plusieurs dizaines de morts. Et le Gouvernement AKP continue de refuser que les forces kurdes de Syrie soient intégrées au programme d’entraînement des rebelles syriens mis en place en avril 2015 conjointement avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, souligne Alexandre del Valle.

Dans le même temps, la Maison-Blanche a apporté un soutien au PYD, qui administre le Kurdistan syrien depuis trois ans, en lui fournissant depuis décembre 2014 des armes sous la stricte condition qu’elles ne soient pas redistribuées au PKK turc. Mais pour Ankara, le PYD et le PKK constituent une seule et même organisation terroriste, menaçant sa stabilité. Dans cette perspective, le Gouvernement turc entend empêcher les Kurdes syriens d’établir une zone autonome dans le Kurdistan syrien. Les membres de l’Otan ont parfaitement conscience des objectifs poursuivis par la Turquie. Il se pourrait que cette situation entraîne la dégradation des relations entre Ankara et d’autres membres de l’Otan, souligne Alexandre Ignatenko, Président de l’Institut de la religion et de la politique à Moscou.

Et quoi qu’il en soit, la Turquie a en ligne de mire la lutte contre le régime d’Assad. La Turquie veut rompre la continuité territoriale kurde au nord de la Syrie, tout en affaiblissant Bachar el-Assad. En clair, la Turquie entend faire d’une pierre deux coups : rompre la continuité territoriale kurde au nord de la Syrie, tout en affaiblissant Bachar el-Assad. Il va sans dire que la mise en place d’une zone sécurisée empêcherait de facto, l’aviation syrienne de bombarder les rebelles à Alep. Or, si Bachar el-Assad ne peut utiliser ses avions, sa principale force, alors toutes les positions du régime dans la région peuvent tomber aux mains de l’opposition. Il s’agirait somme toute d’un ultime rebondissement qui pourrait changer considérablement la donne dans cette guerre.

Voici somme toute, un ultime rebondissement qui pourrait changer considérablement la donne dans cette guerre. En coulisse, Moscou continue de soutenir le régime de Bachar El-Assad. Poutine fera tout pour que la Syrie devienne « le grand Stalingrad de la Syrie ». Quoiqu’en dise le Président Turc Erdogan, Poutine n’a pour l’heure, pas du tout l’intention d’abandonner Bachar El-Assad : « Allez dire à votre dictateur de Président qu’il aille se faire voir avec ses terroristes de l’EI, et que je ferai tout pour que la Syrie devienne son grand Stalingrad ! », a rétorqué Poutine à l’Ambassadeur de Turquie en Russie.

Qu’on le veuille ou non, Assad est une force existante sur le terrain. Il fait partie du problème mais aussi, bien évidemment, de la solution. La diplomatie russe a initié à Moscou, du 26 au 29 janvier 2015, un dialogue inter-syrien entre le régime de Bachar-el-Assad et des opposants non islamistes. L’idée est de substituer à la guerre une solution politique négociée. Dans ce contexte, la Russie fait preuve de beaucoup plus de réalisme que la France et les autres Etats occidentaux, conclut Olivier d’Auzon (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Michel Garroté

http://alexandrelatsa.ru/2015/08/letat-islamique-outil-de-destabilisation-geopolitique/

http://www.huffingtonpost.fr/olivier-d-auzon/la-turquie-les-kurdes-ei-_b_7923446.html?utm_hp_ref=france

lesobservateurs.ch

 

SOURCE

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans International