Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : CITOYENS ET FRANCAIS
  • CITOYENS ET FRANCAIS
  • : Revue de Presse Internationale : Géopolitique Religions Immigration Société Emploi Economie Géostratégie-INTERNATIONAL PRESS REVIEW ------ ОБЗОР МЕЖДУНАРОДНОЙ ПРЕССЫ
  • Contact

Rechercher

translator


 

En direct Flux de trafic

Flag Counter

mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 01:07
Michèle Delaunay - Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

Michèle Delaunay – Crédit : Parti Socialiste via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Michèle Delaunay, députée PS et ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie des gouvernements Ayrault, considère qu’il est populiste de contester l’impôt.

Par Philippe Lacoude

Madame Delaunay, vous avez publié un commentaire sur facebook en réaction à un article sur le jour de libération fiscale, publié lundi à la une du Figaro.

Delaunay facebook

Madame la députée, vous avez raison de dire que le titre du Figaro de ce jour – à savoir « Le 29 juillet, les Français commenceront à travailler pour eux et plus seulement pour remplir les caisses de l’État »1 – est honteux.

« Honteux ». Vous avez cent fois raison. En matière fiscale, il est en effet « honteux » de faire croire à la sacro-sainte « égalité » des citoyens dont votre parti se glose pourtant à longueur de journée et à longueurs d’ondes toutes les fois qu’un de ses pairs trouve un gros micro mou…  Cela fait croire que ceux qui vivent aux crochets de l’État – au hasard, un ministre ou un député – auront travaillé à remplir les caisses « publiques » du 1er janvier au 29 juillet alors qu’ils n’ont contribué qu’à les vider au contraire de ceux qui, du fait de la progressivité des impôts, continueront de remplir ce tonneau des Danaïdes – bientôt 2100 milliards de dettes publiques ? – bien au-delà de la date du 29 juillet simplement parce qu’ils ont eu la malchance de naître à la fois talentueux et en France, tels les commerçants, les artisans, les patrons de TPE/PME/PMI, les dentistes, les architectes ou, au hasard, les médecins (dont vous faisiez autrefois partie avant de décider de vivre aux crochets de vos concitoyens)…

« Honteux » aussi car le « Français moyen » de cette statistique n’est pas à égalité avec ses concurrents internationaux qui n’ont pas la malchance de vivre dans le premier pays du monde en matière d’« Indice de Misère Fiscale » (Tax Misery Index) !

« Honteux » parce que le journaliste oublie de préciser que la France est passée de la 28ème place en 1995 à la 73ème place en 2014 en matière de libertés économiques, juste derrière le Portugal (64ème), le Rwanda (65ème), le Monténégro (66ème), Trinité-et-Tobago (67ème), Panama (68ème), le Kazakhstan (69ème), la Turquie (70ème), le Ghana (71ème) et l’Afrique du Sud (72ème)…

« Honteux » parce que la 73ème place de la France est surtout due au fait qu’elle est pratiquement dernière en matière de fiscalité juste devant le Tchad, la Belgique, la Suède, le Danemark et la Corée du Nord !

« Honteux » parce que la 73ème place de la France est aussi due au fait qu’elle est un des pires pays en matière de dépenses publiques – de gabegies publiques, devrais-je dire – juste devant les enfers fiscaux que sont le Danemark, la Micronésie, le Lesotho, le Timor, la Grèce, Cuba, la Slovénie et la Corée du Nord !

« Honteux » parce que vous n’avez pas l’air de comprendre que ma génération – ou, du moins, sa partie la plus productive – ne rêve que d’une chose : quitter votre enfer fiscal. Le pays dont vous prétendez avoir la charge sans rien comprendre à ses maux se vide petit à petit de son capital financier, de son capital physique et, plus tristement, de son capital humain… Vos politiques fiscales incitent à l’export des Bac+5 – quand ce ne sont pas les Bac+10 comme ma femme et moi – et à l’import de Bac-5, souvent improductifs et parfois violents !

« Honteux » parce que ceux que vous avez fait fuir ont souvent fini par réussir ailleurs à créer des emplois et à remplir les caisses publiques de leurs nouveaux pays d’adoption où ils n’ont pas à subir ni les « leçons » de ministricules en matière de « valorisation [morale] de l’impôt » ni les absurdités d’une administration toujours plus tatillonne, plus envieuse et plus destructrice.

« Honteux » parce que le résultat est que la croissance annuelle moyenne du PIB réel per capita est passée en France de 4,6% dans les années 1960 à 3,1% dans les années 1970, à 1,8% dans les années 1980, à 1,5% dans les années 1990, à 0,5% dans les années 2000, pour finir aujourd’hui à 0% pour cette décennie déjà à moitié écoulée…

Evolution de la croissance française - Contrepoints

« Honteux » parce que le résultat de ce fiscalisme éhonté à 0% de taux de croissance est qu’une hausse du revenu pour Paul ne peut statistiquement que correspondre à une perte de revenu pour Pierre. Quand il n’y a plus de « fruits de la croissance » – et c’est la traduction pratique d’un taux de croissance économique nul dont ceux de votre classe sont les architectes – on répartit la pénurie en créant au passage une atmosphère civile délétère de jalousies perverses où chaque corporatisme – taxis, agriculteurs, contrôleurs, buralistes, fonctionnaires, ou autre « catégorie » en grève du jour – tente tant bien que mal de sortir un marron du feu, faisant de l’État  « la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde »2.

« Honteux », comme vous le dites si bien !

Madame la députée, vous devriez, en effet, avoir honte.

 

SOURCE

Partager cet article

Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie