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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 17:47

Dans une interview exclusive à Sputnik, le Syrien Abdullah Kurdi, qui a perdu sa femme et ses deux fils dans le naufrage d'une embarcation de migrants tentant de rejoindre la Grèce depuis la Turquie, évoque la tragédie qui s'est déroulée sous ses yeux.

 

Tout le monde s'est mis à parler d'Abdullah Kurdi lorsque les photos de son fils cadet Aylan noyé, étendu sur une plage de Turquie, ont provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux.

 

Le tout petit gamin allongé sur le sable, avec ses chaussures encore aux pieds, son short et son T-shirt minuscules, a été repéré par les garde-côtes turcs. D'après les autorités locales, lui et 12 autres Syriens ont trouvé leur mort dans le naufrage d'une embarcation de migrants qui tentait de rejoindre la Grèce depuis la ville côtière turque de Bodrum.

 

Les Kurdi ont vécu à Damas jusqu'en 2012. Une fois la guerre intestine commencée, ils ont déménagé à Kobané. Après un certain temps, Abdullah est parti en Turquie pour gagner un meilleur salaire en travaillant comme ouvrier. Lorsque les combattants de l'Etat islamique (EI) sont arrivés à Kobané, il a emmené toute sa famille en Turquie.

Les parents d'Abdullah vivant en Europe et au Canada, il s'est décidé à y déménager. Tout en comprenant les risques auxquels il serait confronté, Abdullah ne se laissait toutefois pas décourager. Il avait lu tant d'histoires avec une fin heureuse où des réfugiés étaient parvenus à rejoindre l'Europe. Il espérait que la chance serait de son côté.

 

"J'ai trouvé un homme qui organisait le transport des réfugiés par bateau. Il nous a dit de nous adresser à un contrebandier de Bodrum. Cet homme nous a emmené dans un vallon et nous a dit que notre voyage débuterait là-bas. En tant que compensation pour ses services, chaque personne lui a payé 1200 dollars. Vers minuit, nous avons embarqué et pris le large. Nous étions 17 dans la barque. Après un certain temps, de hautes vagues se sont formées. S'en apercevant, notre guide a plongé dans la mer et s'est éloigné en nageant. Les vagues devenant de plus en plus hautes, notre barque s'est renversée. Pris de panique, nous nous sommes mis à crier. J'essayais de calmer mes enfants, leur criait qu'ils n'aient pas peur et que tout irait bien. Je les ai tenus à la surface pendant environ une demi-heure pour qu'ils ne se noient pas. Mais les forces m'ont quitté. Un instant et je les ai vus plonger sous l'eau. Quand je suis enfin arrivé à les relever, ils étaient déjà morts", raconte Abdullah.

 

 

"Là, j'essaie de trouver le contrebandier qui nous a promis de nous aider à traverser la Méditerranée. Qu'il réponde de la mort de ma famille", s'empresse-t-il d'ajouter.

 

Abdullah Kurdi va revenir à Kobané afin d'enterrer ses proches.

"Maintenant, il ne me reste que des souvenirs et les trois tombes. Les enfants étaient ma raison d'être. Je les aimais plus que la vie. J'ai entrepris ce voyage en espérant que leur avenir serait plus heureux en Europe. Là, je ne peux plus regarder la mer. La nuit fatidique me revient tout de suite à l'esprit…"

"Tout ce que je demande au monde, c'est de trouver le moyen d'arrêter cette catastrophe, de mettre fin aux morts des enfants innocents. Mes enfants ont péri, mais d'autres familles ont, elles aussi, des enfants et ceux-ci ne doivent pas mourir. Que le monde prévienne cette tragédie", a-t-il dit avec tristesse.

Dans les deux semaines qui viennent, les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union européenne doivent se réunir spécialement pour discuter des mesures concrètes à adopter face à la crise des migrants.
Les dirigeants européens ont reconnu cette semaine que l'UE avait échoué face à la tragédie humaine qui se déroule à ses frontières. Les quotas de réfugiés par pays figurent parmi les principaux points d'achoppement entre les pays membres.



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150904/1017978666.html#ixzz3kmzvLsYX

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Immigration