Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : CITOYENS ET FRANCAIS
  • CITOYENS ET FRANCAIS
  • : Revue de Presse Internationale : Géopolitique Religions Immigration Société Emploi Economie Géostratégie-INTERNATIONAL PRESS REVIEW ------ ОБЗОР МЕЖДУНАРОДНОЙ ПРЕССЫ
  • Contact

Rechercher

translator


 

En direct Flux de trafic

Flag Counter

mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 00:23

Les prisons françaises, surpeuplées et insalubres, sont une honte, et on ne souhaite à personne d’y séjourner. C’est sans doute ce qui explique que les hommes politiques jugés coupables de faits graves ne soient condamnés qu’à de la prison avec sursis, quand ils ne sont pas tout bonnement dispensés de peine.

On peut comprendre que l’État ait honte de ses prisons, et se montre conciliant avec certains détenus sollicitant une permission. Par exemple, avec les multirécidivistes, condamnés une trentaine de fois pour violence et vols à main armée, condamnés à 7 ans de prison ferme et signalés pour radicalisation lors de leur séjour en prison.

Après tout, qu’est-ce qu’on risque ? Un attentat ?

Les lois n’y sont pas respectées. Alors que l’État a interdit le tabac dans les lieux publics pour lutter contre le tabagisme passif, il est condamné pour avoir placé un détenu non fumeur au milieu de 5 accros à la nicotine. Pire, les détenus ne sont même pas en sécurité en prison : outre des conditions d’hygiène indécentes, les prisons françaises sont aussi de véritables passoires. Certains parviennent à s’y faire livrer des armes, de la drogue et des téléphones portables. L’État se montre tout aussi incapable d’assurer la sûreté des détenus que celle des citoyens.

Rassurez-vous, ce n’est pas ce qu’il s’est produit. Le multirécidiviste radicalisé a bel et bien été laissé en permission, sans surveillance, sans même un bête bracelet géolocalisé. Mais il n’a pas commis d’attentat : il s’est contenté d’un braquage à main armée, qui a malheureusement mal tourné et fait deux victimes : lui-même, et l’un des policiers lancés à sa poursuite.

Une belle réussite, qui rappelle à tous les citoyens un peu trop confiants dans l’institution détentrice du monopole de la violence légitime1 que non seulement, l’État commet des gaffes monumentales en relâchant sans surveillance des multirécidivistes dangereux, mais aussi qu’entre mai et octobre, les fins limiers du renseignement et des forces de l’ordre ont été incapables de mettre la main sur un individu fiché « Sûreté de l’État ». C’est toujours rassurant.

Tout comme il est rassurant qu’un autre individu, lui aussi fiché au renseignement, ait pu se retrouver armé d’une kalachnikov dans un Thalys, avant d’être maîtrisé, par chance, par trois Américains en vadrouille qui, par chance, ont changé de rame pour mieux capter le Wifi qui, par chance, ne fonctionnait pas dans la leur2.

Ce qui pose, finalement, de nombreuses questions.

En premier lieu, celle de la collecte des renseignements. Si on est incapable de mettre la main sur les terroristes en puissance identifiés et signalés, à quoi bon s’évertuer à surveiller l’ensemble des télécommunications des citoyens ? À quoi bon s’asseoir sur nos consciences en collaborant avec des pays ayant une attitude « controversée » vis-à-vis des Droits de l’Homme3 en l’échange de renseignements ?

Celle des priorités, ensuite. L’État peut-il prétendre remplir des missions aussi nombreuses et diverses s’il se montre incapable d’assurer la sûreté des citoyens ? Pour rappel, c’est en théorie sa mission première, avec… la propriété privée.

Ensuite, celle de la responsabilité. Si un détenu de cette trempe peut obtenir une permission, puis en profiter pour s’évader, puis ne pas être inquiété avant d’ouvrir le feu en pleine rue, n’y aurait-il pas, peut-être, quelque part, une toute petite défaillance ? 

Pardon, je reformule : quelqu’un l’a laissé sortir, quelqu’un n’a pas pensé à le surveiller, quelqu’un n’a pas réussi à l’attraper. En conséquence de quoi, quelqu’un d’autre est mort. Les citoyens, qui ont été pendant des mois exposés à la dangerosité du personnage, sont en droit d’attendre des explications. Et d’exiger que les choses changent.

Rappelons que les défaillances du même acabit sont nombreuses : plus tôt cette année, on « découvrait » un directeur d’école pédophile – identifié et signalé de longue date, et dont les proches avaient fait part de leurs inquiétudes. Une fois de plus, l’État, qui surveille les télécommunications pour lutter contre la pédopornographie, s’était montré incapable de suivre un éléphant rose fluo au milieu d’un couloir étroit et bien éclairé.

Tenez-vous le donc pour dit : l’État confisque votre liberté en vous promettant un peu plus de sécurité, mais en définitive, vous n’avez ni l’une ni l’autre.

SOURCE

Partager cet article

Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Société