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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 00:37

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source  Que faut-il bien assimiler pour comprendre le phénomène des croisades ? Tout d’abord, que la croisade est en réalité une forme très particulière de pèlerinage. Ce n’est peut-être pas une chose très évidente, et pourtant elle est vraie. Les gens qui partirent pour la Terre sainte à la suite de Pierre l’Ermite, puis de Godefroi de Bouillon et des autres chefs croisés, se désignaient eux-mêmes comme des pèlerins.

Le fait est que nos ancêtres chrétiens d’Europe occidentale accordaient au pèlerinage une énorme importance. Certes, de nos jours, le pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle est redevenu un phénomène social et suscite l’attention des médias, et il suffit d’être allé à Assise ou à Lourdes pour savoir que, chez les catholiques, un certain type de pèlerinage est pratiqué aujourd’hui avec peut-être plus d’ardeur que dans un passé récent.

Mais nous parlons ici d’une époque où, pour les chrétiens, le pèlerinage, et tout particulièrement le pèlerinage à Rome et en Terre sainte, était presque l’équivalent de ce que le pèlerinage à La Mecque représente aujourd’hui pour les musulmans : un extraordinaire moment de purification, le moment où ceux qui le peuvent vivent de manière intense et personnelle toutes les significations profondes et aussi tous les risques de leur religion.

Je dis « les risques », car il va de soi qu’un pèlerinage au sanctuaire le plus proche était un acte sans commune mesure avec le fait d’aller jusqu’à Jérusalem pour y prier sur le Saint-Sépulcre, s’identifier avec le Christ et pouvoir se dire : Il a vécu ici, je marche sur la terre même où Il a posé les pieds.

Le Christ, à Jérusalem, avait subi la Passion ; et le pèlerinage en Terre sainte, pour les chrétiens du Moyen Âge, signifiait aussi, pour dire les choses un peu brutalement, que l’on assumait en toute conscience le risque de connaître le même sort.
Savoir que l’on partait pour une épreuve dangereuse, épuisante, douloureuse, que l’on serait loin de chez soi pendant des années, avec une probabilité non négligeable de ne jamais revenir, de mourir en cours de route, et le faire quand même : pour revivre la Passion du Christ, pour faire pénitence, parce que l’on pensait que la vie avait un sens qui allait au-delà des affaires concrètes de tous les jours, et que ce sens valait la peine d’être recherché, fut-ce au prix des plus graves dangers.

La croisade est donc un pèlerinage, mais d’un genre très particulier, et qui apparaît dans un contexte historique précis. Le but de ce pèlerinage est d’aller à Jérusalem prier sur le Saint-Sépulcre, mais il a pour caractéristique essentielle d’être un pèlerinage en armes, car les pèlerins craignent que ceux qui détiennent le pouvoir à Jérusalem ne les laissent pas arriver jusque-là, ou en tout cas leur causent des difficultés.

Il faut donc s’équiper militairement et ouvrir la voie, afin que tous les pèlerins chrétiens puissent à l’avenir s’y rendre sans danger ; et il faut s’emparer de Jérusalem, faire en sorte que la Ville sainte soit aux mains des chrétiens.

Lorsque cette idée naquit, Jérusalem n’était plus aux mains des chrétiens depuis de nombreux siècles. Elle l’était longtemps restée, puisqu’elle avait fait partie de l’Empire romain, devenu chrétien au IVe siècle et qui s’était maintenu en Orient même après les invasions barbares ; à nos yeux, toutefois, cet Empire paraît très différent de l’Empire romain classique, si bien que, pour l’en distinguer, nous l’appelons l’Empire byzantin.

Tout le Proche-Orient resta byzantin, et par conséquent romain et chrétien – et aussi juif – jusqu’au VIIe siècle, après la mort de Mahomet (632), quand les grandes conquêtes arabes l’arrachèrent à Byzance. Depuis lors, Jérusalem faisait partie intégrante du monde arabe, et plus précisément du califat dont la capitale se trouvait à Bagdad ; au fil des générations, une part croissante de sa population s’était convertie à l’islam, même si la ville n’avait jamais cessé d’abriter d’importantes communautés chrétiennes et juives.

Alessandro Barbero – Histoire des Croisades

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS