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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 03:07

Bruxelles (AFP)

 

L'UE et la Turquie ont conclu un accord inédit et controversé, censé mettre un coup d'arrêt à l'afflux de migrants vers l'Europe, mais dont la mise en oeuvre promet d'être d'une grande complexité.

Sa mesure phare, "temporaire et extraordinaire", prévoit le renvoi vers la Turquie de tous les nouveaux migrants qui arriveront à partir de dimanche sur les îles grecques, y compris les demandeurs d'asile comme les Syriens fuyant la guerre.

"C'est un jour historique", a déclaré vendredi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. "Nous avons réalisé aujourd'hui que la Turquie et l'UE avaient la même destinée".

Alors qu'une crise humanitaire guette en Grèce, où 46.000 migrants sont bloqués dans des conditions épouvantables devant une "Route des Balkans" désormais fermée, la pression était maximale sur les Européens pour trouver enfin une solution.

Débordés par l'arrivée de 1,2 million de migrants l'an dernier, fuyant pour la plupart les guerres en Syrie, en Irak et en Afghanistan, l'UE s'est divisée comme jamais ces derniers mois sur la réponse à apporter.

- 'Pas fiers' -

Certains Etats membres étaient réticents jusqu'au dernier moment, craignant l'illégalité du renvoi de demandeurs d'asile ou rechignant à faire trop de concessions à la Turquie, accusée de dérive autoritaire.

"Ce n'est pas un très bon accord, mais on est bien obligé. Personne n'en est fier, mais on n'a pas d'alternative", a résumé un diplomate européen.

.(...)

La Commission européenne a assuré que le mécanisme respectait le droit international. Chaque demandeur d'asile qui arrivera sur les côtes grecques à partir de dimanche aura droit à un examen individualisé et le droit de faire appel de la décision de renvoi.

"C'est un travail herculéen qui nous attend", a reconnu le président de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker. Une logistique complexe va en effet devoir être déployée sur les îles grecques en un temps record.

Pour chaque Syrien renvoyé, les Européens se sont engagés à "réinstaller" dans l'UE un autre Syrien depuis la Turquie. Ce dispositif sera plafonné à 72.000 places offertes en Europe.

Ces renvois "commenceront à partir du 4 avril", a assuré la chancelière allemande Angela Merkel, qui a joué un rôle clé dans la genèse de l'accord.

- Front libyen -

Les Européens ont accepté d'accélérer le processus de libéralisation des visas pour les ressortissants turcs, mais en affirmant qu'ils ne transigeraient pas sur les critères à remplir.

Ils ont surmonté les fortes réserves de Chypre pour promettre à la Turquie d'ouvrir un nouveau chapitre (sur les finances et le budget) dans ses négociations d'adhésion à l'UE.

Sur le plan financier, l'UE s'engage à accélérer le versement d'une aide de 3 milliards d'euros, déjà promise à la Turquie pour la prise en charge des 2,7 millions de réfugiés qu'elle accueille. Elle a ouvert la porte à une nouvelle enveloppe du même montant d'ici fin 2018.

.(...).

Depuis le début de l'année, plus de 143.000 personnes sont arrivées en Grèce via la Turquie. A elle seule, la Grèce a vu passer plus d'un million de migrants l'an dernier.(...)

source

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS