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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 01:50

Le sport russe est encore tombé sous le coup d'un nouveau scandale de dopage, cette fois-ci au meldonium. Juste avant les JO de Rio. Un scandale très bien calibré et organisé qui pose, incidemment, la question de l'archaïsme des organes actuels de lutte contre le dopage, vue la tension des rapports internationaux et leur incapacité à s'en préserver. 

 

Un véritable drame en trois actes.


 

Premier acte

 

Le dimanche 6 mars au soir, la chaîne allemande ARD lance son troisième "reportage" sur le dopage en Russie. La lutte contre le dopage est fictive, le dopage est en réalité contrôlé par les plus hautes instances du sport en accord avec le business et il assuré en chaîne jusqu'au sportif. Pour démontrer cette grande révélation, l'on retiendra deux moments. Tout d'abord la voix - tellement off qu'elle en est absolument inaudible - de la directrice de l'agence russe antidopage, devant prouver que, alors qu'elle travaillait dans l'ancienne agence antidopage, elle avait établi des rapports de complicité avec les sportifs. En fait, à la place de sa voix, un femme lit un texte établissant cela en allemand. Soit.

 

Deuxième élément intéressant. La grande sportive par qui tout est arrivé, l'athlète Yulia Stepanova, qui, selon l'Equipe, vit cachée, la pauvre, en Allemagne, comme si sa vie était en danger, en fait, demande l'asile politique au Canada et est autorisée, justement par l'Agence mondiale antidopage (AMA) (alors qu'elle avait été contrôlée positive) à participer au JO et aux autre évènements sportifs. Donc, finalement, pour elle, ça ne se passe pas trop mal ...

 

Et le 7 mars, la grande joueuse de tennis Maria Sharapova ouvre le bal. Elle a été contrôlée positive au meldonium. Qu'elle prend depuis 10 ans. Depuis les têtes de liste du sport russe sont tombées, et plus d'une centaine toutes catégories sont concernées. A ce rythme-là, même si la Russie est autorisée à participer aux JO de Rio, il ne restera que les officiels dans la délégation. 

 

Pourquoi une telle hécatombe? Parce que ce produit n'est produit que dans l'Europe de l'est, qu'il n'est pas enregistré aux Etats Unis et qu'il n'est pas utilisé en Occident. A la différence de ses analogues occidentaux, eux, autorisés.

 

Deuxième acte

Pour comprendre comment l'AMA a d'un seul coup interdit unmédicament créé en 1975 à Riga, qui n'a été prévu que pour aider à la récupération, pour protéger le coeur des personnes soumises à des efforts physiques important ou à du stress particulier, pour comprendre cela, il faut remonter le fil de son interdiction.

 

Ce médicament est de consommation courante dans l'espace post-soviétique, pas cher, efficace et sans effets secondaires nocifs pour l'organisme. Son marché représente 70 millions d'euro, soit 0,7%, à lui tout seul, du budget lettonien, pays où il est produit.

 

Les instances sportives américaines soupçonnaient les athlètes russes de l'utiliser pour récupérer plus rapidement après l'effort. Donc, sous couvert d'une ONG, Partnership for Clean Competition, créee par l'agence américaine antidopage et l'agence mondiale antidopage, ils ont revérifié les échantillons d'urine des sportifs. Ces échantillons donnés lors des compétitions et qui ne sont pas détruits. Et qui , manifestement, peuvent servir à développer une certaine politique ciblée de la lutte antidopage.

 

En 2014, ils ont analysé 8300 échantillons d'urine et ont trouvé du meldonium dans 182 d'entre eux. Et tous appartenaient à des sportifs de l'espace post-soviétique. L'agence américaine antidopage (USADA) a donc inclu la discussion sur le meldonium à l'ordre du jour du symposium annuel de Phénix en octobre 2014.

 

Fin 2014, l'AMA introduit le meldonium dans la liste des produit à surveiller.

 

Les résultats de la vérification des échantillons d'urine lancée en 2014 ont été publiés en avril 2015 et ont servi de fondement à la décision de l'AMA d'inscrire le meldonium dans la liste des médicaments interdits, dans la catégorie S4 des hormones et modulateurs métaboliques. A compter du 1er janvier 2016, son utilisation est interdite. La sanction est de 4 ans de suspension.

 

Troisième acte

 

Et les sportifs russes tombent comme des mouches. Mission accomplie. Même si la classification porte à discussion. Par exemple, le médecin de l'équipe olympique de Finlande, et expert dans la lutte contre le dopage, estime que ce médicament ne peut être considéré comme du dopage et encore moins entrer dans la catégorie très particulière S4. Il est par ailleurs extrêmement surpris de la manière dont la Russie n'a pu se défendre lors de la procédure et de la position très forte des experts allemands.

 

Le ministre du sport, lui, ne comprend pas pourquoi les équivalents étrangers, vendus en Europe ou aux Etats Unis, ne sont pas sanctionnés. Et le ton monte, comme le montre ce rappel à l'ordre lancé par le Président russe, faites votre travail et arrêtez de vous plaindre:

 

Et chancun de s'interroger sur l'inefficacité de la lutte contre le dopage, le Parlement de vouloir renforcer la responsabilité pénale des personnes responsables, de s'interroger sur le rôle et la place des entraîneurs et médecins. La vague est importante. Car les conséquences le sont.

 

Epilogue

 

Pour autant, il reste une question. Si la décision d'interdire le meldonium a été prise par l'AMA en automne 2015 et qu'il faut au moins 6 mois pour l'éliminer de l'organisme, comme le montre les recherches récentes faites à ce sujet, qu'est-ce qui est interdit par l'AMA? La prise du médicament ou ses résidus dans l'organisme? Logiquement, c'est la prise qui doit être interdite. C'est une question de sécurité juridique, question dont ne peut se passer l'Agence mondiale antidopage pour être crédible.

 

Car de l'automne au 1er janvier, il n'y a pas 6 mois. Donc un sportif qui en aura pris jusqu'à fin décembre sera forcément contrôlé positif, et ce jusqu'à l'été 2016, même s'il n'en prend plus. Surtout que les délais nécessaires à l'élimination du produit de l'organisme n'étaient pas réellement connus avant. Le meldonium étant un produit courant aucune recherche particulière n'avait été faite.

 

Ce qui nous amène à nous poser d'autres questions.

 

Si l'AMA est réellement intéressée par la lutte contre le dopage, il est important de réagir. Car soit elle n'était pas au courant de ce délai et les sportifs ne peuvent être sanctionnés. Si les sportifs n'ont pas pris de meldonium après le 1er janvier, ils n'ont commis aucune infraction, car le délit n'est pas constitué. Soit elle était au courant et a commis une erreur en l'interdisant au 1er janvier. Cela arrive à tout le monde ...

 

Enfin, cette instance, pour des raisons d'indépendance, ne peut être liée par des décisions de justice nationale. Mais dans tout système qui prend des sanctions, comme c'est le cas ici, et donc intervient dans le champ de la matière pénale (quelle que soit l'appellation localement donnée), des moyens de contestation des décisions prises doivent être institués. Sinon, le système est archaïque.

 

Et vue l'extrême tension des rapports inter-étatiques ces derniers temps, l'agence mondiale de lutte contre le dopage est-elle réellement à même de protéger (ou de restaurer) son indépendance? Question en suspend.

 

SOURCE

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS