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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 01:27

8 septembre 2011, le soleil décline dans le golfe d’Aden, la mer est calme, il est 16 h. Évelyne Colombo et son mari Christian, après avoir quitté le Yémen, naviguent pour rejoindre le sultanat d’Oman. Ce couple de plaisanciers a vendu sa maison d’Ollioules trois ans plus tôt pour un catamaran de 17 mètres et compte entreprendre le rêve de jeunesse de l’ancien infirmier de la marine marchande : un tour du monde à la voile.

Le couple est sur le pont. Soudain, ils entendent « un bruit métallique », une barque bleue à moteur remplie de bidons en plastique fonce vers le Tribal Kat. Brutalement de la chaloupe partent des tirs d’AK-47« C’est une attaque », hurle le retraité de 55 ans. Il se précipite à la radio et lance un premier appel au secours. Puis sa femme prend son relais et continue à émettre des messages de détresse. Lui, l’ancien de la Royale, fait face aux neufs assaillants. Debout, il réplique avec pour toute arme un Flash-Ball et un pistolet. Hélas, il ne peut rien contre les tirs nourris des fusils d’assaut (38 impacts seront relevés sur le voilier). C’est la dernière fois qu’Évelyne verra son mari vivant.

Au milieu des assaillants qui pillent le catamaran, prenant des vêtements, un stylo de marque et 400 dollars, elle trouve encore le temps de mettre à jour le livre de bord : « 16 h 15, Christian décédé. » Le voilier étant trop malaisé à manœuvrer, les agresseurs décident de regagner la barque, avec leur nouvel otage. Contrainte de sortir de la cabine, elle aperçoit le corps recroquevillé de son mari baignant dans une mare de sang, couché sur ce bateau qu’il a lui-même construit. Pour ajouter à l’horreur, deux des attaquants jettent en partant le corps par-dessus bord : « You are murderers! », hurle-t-elle au milieu de ses larmes.

Évelyne Colombo croupira dans le skiff des pirates, cachée sous une bâche trempée, avec trois armes braquées sur sa tête. Heureusement, la justice immanente se présente 48 heures plus tard sous la forme d’un bâtiment de guerre espagnol. Celui-ci repère la barque des pirates, un commando de la Marine les aborde et ouvre le feu sur ces derniers. La Française est libérée, les deux chefs sont tués, les sept autres sont appréhendés et remis une semaine plus tard aux autorités françaises. Ils sont immédiatement incarcérés à Fresnes (Val-de-Marne) et à Fleury-Mérogis (Essonne) en vertu de la loi française anti-piraterie de 2011.

Cette semaine, la cour d’assises de Paris vient de les condamner à des peines de 6 à 15 ans de prison pour l’attaque meurtrière du voilier. L’avocat général avait requis des peines plus lourdes, de 16 à 22 ans de réclusion criminelle, contre ces hommes « unis par une volonté commune » de piller et rançonner le Tribal Kat. Elle avait aussi demandé une « interdiction définitive du territoire ». Elle n’obtint pas satisfaction, la défense expliquant qu’on ne peut expulser un Somalien.

Les sept accusés ont été reconnus coupables de détournement de navire ayant entraîné la mort, de séquestration et vol en bande organisée, mais pas d’association de malfaiteurs, ce qui explique l’important écart entre réquisitions et peines prononcées.

Un verdict accueilli par les pleurs du côté de la famille de la victime et par une joie discrète pour le jeune Farhan Abchir Mohamoud, mineur au moment des faits (selon son avocat) et condamné à la peine la plus légère. Lui pourra sortir dans moins d’un an (compte tenu des années passées en prison), lui pourra continuer sa vie dans cette France « accueillante », patrie de sa victime.

Pour la famille Colombo, comme elle l’a publié sur les réseaux sociaux, cela fait quatre ans que le verdict est tombé : « perpétuité sans réduction de peine possible. »

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS