Les débordements constatés en marge des manifestations contre le projet de loi travail à Nantes se répètent et s’intensifient. Hier encore, de nombreuses vitrines ont été brisées, obligeant les forces de l’ordre à intervenir à de multiples reprises. Dix personnes sont d’ailleurs toujours en garde à vue ce mercredi. Le syndicat Alliance, majoritaire dans les effectifs de police à Nantes, se dit « préoccupé ».

« Ça ne peut plus durer. On est confronté à des groupes de plus en plus agressifs, ultra-mobiles, extrêmement bien organisés. Ça devient très compliqué à gérer. L’Etat d’urgence imposait déjà des règles de repos compliquées. L’enchaînement des manifestations ne fait qu’augmenter la fatigue et le stress des policiers. Heureusement, on a la chance d’avoir ici à Nantes des fonctionnaires excessivement expérimentés », explique Arnaud Bernard, secrétaire départemental d’Alliance en Loire-Atlantique.

« Une volonté de faire mal, voire de tuer »

Un « palier de violence a été franchi » la semaine dernière, estime le syndicat. « Il y a chez certains individus une volonté de faire mal, voire de tuer. Jeter un pavé, ce n’est pas anodin, les conséquences peuvent être dramatiques. Au-delà des bouteilles, boulons, pierres, cocktails molotov, devenus malheureusement banals, on voit apparaître de nouvelles armes, comme le lance-amarres, un outil utilisé par les marins, extrêmement dangereux s’il est utilisé contre un homme. »

Arnaud Bernard dénonce aussi la « banalisation » des violences envers les policiers et le jugement « inégal » des médias sociaux. « Un policier reçoit des projectiles sur la tête toute la journée et on finit par trouver ça normal. On était adulés l’année dernière après les attentats, maintenant on nous jette des pierres… Le manifestant, lui, sera presque toujours considéré comme une victime. »

Alliance veut « une réponse pénale adaptée »

Comment apaiser les tensions ? Pour le secrétaire départemental, « seule une réponse pénale plus adaptée peut dissuader » les casseurs. « Des peines de prison systématiques pour des violences de ce type seraient une bonne chose. Si vous ne risquez pas grand-chose, pourquoi vous priver de commettre ces exactions ? »

Quant aux passants qui assistent parfois de très près aux scènes de violences, le syndicaliste leur adresse un conseil. « Les mouvements de foule sont très rapides. Prenez immédiatement vos distances. Si possible, évitez le secteur aux moments des manifestations. »