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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 14:08

C’était devenu une tradition républicaine. Pendant les cinq semaines qui précédaient l’élection présidentielle, tous les candidats combattaient à armes égales dans les médias : il n’y avait plus ni petits ni gros, ni outsiders ni favoris, ni inconnus ni stars. Chacun avait sa chance de convaincre les Français. On dira que c’était une fiction et que personne n’a jamais pensé que Philippe Poutou serait élu président de la République. Certes, mais cette fiction rappelait que ce ne sont ni les sondages, ni les journalistes qui décident, mais les électeurs.

Cinq semaines de débat à la loyale, cinq semaines de délibération pluraliste sur les 260 que compte un quinquennat, cela peut paraître bien peu à tous ceux qui aiment le combat des idées. C’est encore trop pour la coalition d’intérêts politiques et privés qui a inspiré la proposition de loi « de modernisation de l’élection présidentielle », votée en première lecture en catimini et dans un hémicycle désert le 24 mars.

Depuis novembre, sans aucun débat public ni consensus politique, le Parti socialiste, avec la complicité dissimulée des Républicains, cherche à imposer une réforme en profondeur de l’élection présidentielle. En réalité, médias audiovisuels, sondeurs et « grands partis » se sont entendus pour réduire à 12 jours le temps du débat présidentiel. Autant supprimer le premier tour et décréter que seuls les « bons clients », ceux qui font de l’audience et commandent beaucoup de sondages, auront le droit de briguer le suffrage des Français.

Le pire, c’est que pendant ces douze jours, la répartition du temps de parole des candidats serait fondée sur les précédents résultats aux élections, les moyens mis en œuvre pour la campagne et les prédictions des sondages ! Le système favorisera donc les partis sortants les plus riches (grâce à l’argent public) et, à l’image de la planète finance qui a fait reines les agences de notation (on a vu le résultat), donnera un poids accru aux sondages qui ont démontré leur faiblesse et ne sont pourtant que des prestations répondant à des intérêts privés !

L’égalité stricte du temps de parole pendant 5 semaines est un garde-fou démocratique, qui doit rétablir la balance entre des candidats sortants, déjà connus, qui disposent d’avantages politiques et financiers et des candidats nouveaux, indépendants.

Au passage, la nouvelle loi prévoyait aussi un allègement des règles concernant les comptes de campagnes… que les partis concernés n’ont jamais respectées. Bref, le hold-up était presque parfait ! Heureusement pour notre démocratie, leurs chamailleries semblent avoir eu raison de ce pacte honteux. En tout cas, la loi n’a pas encore été adoptée. L’affaire est devenue publique, le combat peut commencer.

Contrairement à ce que disent les promoteurs de la ce texte, il ne s’agit pas « d’ajustements techniques pour consolider l’élection présidentielle » mais d’un changement de nature pur et simple.

Sous la Vème République, le président dispose de pouvoirs essentiels. De ce fait, le général de Gaulle et la très large majorité des Français qui avaient soutenu l’élection au suffrage universel direct du président avaient souhaité garantir un scrutin au dessus des partis et de leurs querelles. Cette élection devait être avant tout une rencontre avec les Français.

Pour assurer le sérieux de cette institution, on avait fixé un filtre, le parrainage de 500 maires (200 à l’origine). Dès lors qu’un candidat passait ce filtre, il disposait, pendant le temps de la campagne officielle, d’une égalité du temps de parole avec tous les autres, quel que soit son statut passé ou ses prétentions futures. Cela avait à voir avec deux fondements de notre démocratie : l’égalité de tous, humbles ou puissants, devant le suffrage de leurs concitoyens, et la primauté du débat des idées sur la lutte des lobbys et des clientèles.

Une partie de nos élites, soucieuse d’éviter toute mise en cause de ses responsabilités dans notre situation, voudrait donc empêcher, non seulement le renouvellement des hommes et des femmes qui nous gouvernent, mais aussi celui des idées et des inventions qui la renverraient à son échec et sa ringardise.

Non, il n’y a pas « trop » de candidats aux présidentielles. Du reste, leur nombre est en baisse : 16 candidats en 2002, 12 en 2007 puis 10 en 2012, soit le même nombre qu’en… 1974 ou 1981 ! Au nom de quelle supériorité trois ou quatre candidats seraient-ils légitimes à représenter la diversité des idées en France – qui vaut bien celle de nos fromages ?

Enfin, qu’on cesse de nous endormir en prétendant que l’égalité de temps de parole nuit à la qualité des débats par ce qu’elle donne un avantage aux « petits » candidats. Les personnalités politiques dominantes ont un accès quasi exclusif aux grands médias pendant tout le reste du quinquennat. Ils bénéficient d’une part écrasante des financements publics. Les cinq semaines d’égalité de temps de parole (et non de financements publics !) sont loin de rattraper cette injustice. Les supprimer ne fera que l’aggraver.

Cette insistance à favoriser les sortants, est un étouffoir d’espérance, c’est un moyen de figer la vie politique en partant du principe que demain doit ressembler à aujourd’hui. Il s’agit d’empêcher de sortir les sortants mais aussi et surtout d’éviter qu’émergent des émergents…

Mais il n’est pas trop tard. Une mobilisation massive des citoyens fera reculer cette réforme négociée en cachette mais qui a besoin de la majorité absolue de l’Assemblée nationale pour être adoptée. Une action d’ampleur des citoyens peut faire changer d’avis des députés de bonne foi qui préféreront leurs convictions démocratiques aux intérêts partisans. Mobilisez-vous !

Premiers signataires :
Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Alexandre Devecchio, Benjamin Masse-Stamberger, Elisabeth Lévy, Emmanuel Lévy, Eric Delbecque, Franck Dedieu, Gérald Andrieu, Guillaume Bigot, Kevin Victoire, Matthieu Giroux. 

>>> Retrouvez le Comité Orwell sur son blog, sapage Facebook et son compte Twitter.

C’était devenu une tradition républicaine. Pendant les cinq semaines qui précédaient l’élection présidentielle, tous les candidats combattaient à armes égales dans les médias : il n’y avait plus ni petits ni gros, ni outsiders ni favoris, ni inconnus ni stars. Chacun avait sa chance de convaincre les Français. On dira que c’était une fiction et que personne n’a jamais pensé que Philippe Poutou serait élu président de la République. Certes, mais cette fiction rappelait que ce ne sont ni les sondages, ni les journalistes qui décident, mais les électeurs.

Cinq semaines de débat à la loyale, cinq semaines de délibération pluraliste sur les 260 que compte un quinquennat, cela peut paraître bien peu à tous ceux qui aiment le combat des idées. C’est encore trop pour la coalition d’intérêts politiques et privés qui a inspiré la proposition de loi « de modernisation de l’élection présidentielle », votée en première lecture en catimini et dans un hémicycle désert le 24 mars.

Depuis novembre, sans aucun débat public ni consensus politique, le Parti socialiste, avec la complicité dissimulée des Républicains, cherche à imposer une réforme en profondeur de l’élection présidentielle. En réalité, médias audiovisuels, sondeurs et « grands partis » se sont entendus pour réduire à 12 jours le temps du débat présidentiel. Autant supprimer le premier tour et décréter que seuls les « bons clients », ceux qui font de l’audience et commandent beaucoup de sondages, auront le droit de briguer le suffrage des Français.

Le pire, c’est que pendant ces douze jours, la répartition du temps de parole des candidats serait fondée sur les précédents résultats aux élections, les moyens mis en œuvre pour la campagne et les prédictions des sondages ! Le système favorisera donc les partis sortants les plus riches (grâce à l’argent public) et, à l’image de la planète finance qui a fait reines les agences de notation (on a vu le résultat), donnera un poids accru aux sondages qui ont démontré leur faiblesse et ne sont pourtant que des prestations répondant à des intérêts privés !

L’égalité stricte du temps de parole pendant 5 semaines est un garde-fou démocratique, qui doit rétablir la balance entre des candidats sortants, déjà connus, qui disposent d’avantages politiques et financiers et des candidats nouveaux, indépendants.

Au passage, la nouvelle loi prévoyait aussi un allègement des règles concernant les comptes de campagnes… que les partis concernés n’ont jamais respectées. Bref, le hold-up était presque parfait ! Heureusement pour notre démocratie, leurs chamailleries semblent avoir eu raison de ce pacte honteux. En tout cas, la loi n’a pas encore été adoptée. L’affaire est devenue publique, le combat peut commencer.

Contrairement à ce que disent les promoteurs de la ce texte, il ne s’agit pas « d’ajustements techniques pour consolider l’élection présidentielle » mais d’un changement de nature pur et simple.

Sous la Vème République, le président dispose de pouvoirs essentiels. De ce fait, le général de Gaulle et la très large majorité des Français qui avaient soutenu l’élection au suffrage universel direct du président avaient souhaité garantir un scrutin au dessus des partis et de leurs querelles. Cette élection devait être avant tout une rencontre avec les Français.

Pour assurer le sérieux de cette institution, on avait fixé un filtre, le parrainage de 500 maires (200 à l’origine). Dès lors qu’un candidat passait ce filtre, il disposait, pendant le temps de la campagne officielle, d’une égalité du temps de parole avec tous les autres, quel que soit son statut passé ou ses prétentions futures. Cela avait à voir avec deux fondements de notre démocratie : l’égalité de tous, humbles ou puissants, devant le suffrage de leurs concitoyens, et la primauté du débat des idées sur la lutte des lobbys et des clientèles.

Une partie de nos élites, soucieuse d’éviter toute mise en cause de ses responsabilités dans notre situation, voudrait donc empêcher, non seulement le renouvellement des hommes et des femmes qui nous gouvernent, mais aussi celui des idées et des inventions qui la renverraient à son échec et sa ringardise.

Non, il n’y a pas « trop » de candidats aux présidentielles. Du reste, leur nombre est en baisse : 16 candidats en 2002, 12 en 2007 puis 10 en 2012, soit le même nombre qu’en… 1974 ou 1981 ! Au nom de quelle supériorité trois ou quatre candidats seraient-ils légitimes à représenter la diversité des idées en France – qui vaut bien celle de nos fromages ?

Enfin, qu’on cesse de nous endormir en prétendant que l’égalité de temps de parole nuit à la qualité des débats par ce qu’elle donne un avantage aux « petits » candidats. Les personnalités politiques dominantes ont un accès quasi exclusif aux grands médias pendant tout le reste du quinquennat. Ils bénéficient d’une part écrasante des financements publics. Les cinq semaines d’égalité de temps de parole (et non de financements publics !) sont loin de rattraper cette injustice. Les supprimer ne fera que l’aggraver.

Cette insistance à favoriser les sortants, est un étouffoir d’espérance, c’est un moyen de figer la vie politique en partant du principe que demain doit ressembler à aujourd’hui. Il s’agit d’empêcher de sortir les sortants mais aussi et surtout d’éviter qu’émergent des émergents…

Mais il n’est pas trop tard. Une mobilisation massive des citoyens fera reculer cette réforme négociée en cachette mais qui a besoin de la majorité absolue de l’Assemblée nationale pour être adoptée. Une action d’ampleur des citoyens peut faire changer d’avis des députés de bonne foi qui préféreront leurs convictions démocratiques aux intérêts partisans. Mobilisez-vous !

Premiers signataires :
Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Alexandre Devecchio, Benjamin Masse-Stamberger, Elisabeth Lévy, Emmanuel Lévy, Eric Delbecque, Franck Dedieu, Gérald Andrieu, Guillaume Bigot, Kevin Victoire, Matthieu Giroux. 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Elections