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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 15:44
« Nos cœurs sont morts » : la vie des Yézidis après l’EI

Leurs villes sont en cendres ou occupées par les jihadistes du groupe État islamique, des centaines de femmes et d'enfants sont toujours en captivité tandis qu'ils sont des milliers à vivre dans des camps. Six mois après la libération de Sinjar en Irak, les Yézidis, peuple

millénaire, se disent victimes d'un génocide – le 74e – dont ils ne pourront se remettre.

 

Jonchées de voitures calcinées, la route en goudron qui serpente le flanc du mont Sinjar pour mener aux portes de la ville éponyme laisse entrevoir les toits de bâtiments qui ne font plus qu'un avec le sol poussiéreux. La ville de Sinjar, située à une trentaine de kilomètres au sud de la frontière avec la Syrie, avait été capturée par les jihadistes du groupe État islamique (EI) le 3 août 2014.

Morceaux de parpaing et colonnes brisées gisent sur les trottoirs face aux devantures de magasins éventrés par les flammes. Seules les routes ont été dégagées afin de permettre le passage des quatre-quatre et pick-ups surmontés de mitrailleuses. Avec les combats, ce sont des quartiers entiers de ce bastion de la minorité religieuse yézidie qui ont été quasi rasés.

Même les habitations intactes restent inhabitables à cause de la présence d'explosifs improvisés placés par les jihadistes pendant l'occupation.
Le 13 novembre dernier, avec l'appui des raids aériens de la coalition internationale, Sinjar, ville hautement stratégique car située sur la route entre les « capitales » Raqqa et Mossoul, était enfin reprise à l'EI. Six mois plus tard, c'est une ville fantôme où, au sommet de buildings noircis par les flammes, le drapeau noir a fait place aux étendards bigarrés des différentes armées et milices kurdes ayant participé à la bataille.

Dans ce qui était l'artère principale, un coiffeur chauve fait virevolter ses ciseaux sur la tête de son seul client de la journée. Dans le bâtiment adjacent, un petit garçon tient la caisse de l'épicerie familiale où personne ne se presse pour acheter les bouteilles de whisky rangées à côté de papier toilette.

Sur le trottoir d'en face, la mairie semble à peine tenir debout après avoir été soufflée par une explosion. « Nous avons besoin d'écoles et d'hôpitaux. Nous manquons de tout », assène Mahma Khalil, le maire de Sinjar, dont le bureau se trouve désormais dans une petite rue perpendiculaire. Selon ce responsable qui n'a pas été élu mais choisi par le PDK, le parti du président Barzani, la ville ne pourra se relever sans le soutien de la communauté internationale. « Sans cela, la population ne pourra pas revenir », prévient-il..(...)

(Lire aussi : Les exactions de l'EI qualifiées de "génocides" par Washington)
 

« Je suis chez moi »

Ali Rasho Khalaf, longue barbe grise et turban blanc et rouge sur la tête, charge sa voiture de sacs de farine et de riz qu'une ONG vient de lui offrir. « Il n'y a rien ici. Ni électricité ni eau, mais je suis chez moi », explique ce sexagénaire qui, comme une vingtaine d'autres familles, a pu rentrer à Sinjar. Ses cinq fils se portent bien, mais M. Khalaf dit n'avoir aucune nouvelle de 150 membres de sa famille élargie. « Certains seraient à Raqqa, d'autres à Mossoul... », explique-t-il à voix basse. La montagne bruisse de rumeurs sur le sort des disparus, mais personne ne sait vraiment où ils se trouvent, ni même s'ils sont toujours en vie..(...)

« Je pouvais sentir les morts »

Ceux qui ont été forcés de fuir le « califat » ont, pour certains, choisi un exil sans retour vers les États-Unis et l'Europe, tandis que la plupart se sont réfugiés au Kurdistan irakien, notamment dans les nombreux camps qui ont fleuri dans cette région autonome après l'été 2014. À Sharia, situé à trois heures de route de Sinjar, les familles yézidies s'entassent dans des tentes jaunies par le soleil, mais disent au moins y bénéficier d'un accès à l'eau et à l'électricité.
« Après la libération de Sinjar, mon fils, ma fille et moi sommes rentrés chez nous. Mais notre maison était détruite et des voleurs l'avaient pillée », raconte Nissan Ali, 56 ans, qui vit dans ce camp avec dix de ses 18 enfants. Les autres sont partis en Allemagne. « Je ne voyais que des destructions. Je pouvais sentir les morts », se souvient Mme Ali.(...)

« Lorsqu'ils ont pris nos enfants, nos hommes, nous les avons suppliés de nous tuer »

Pendant ses vingt mois de captivité, Jinan, 27 ans, gardait en elle un rêve simple : pouvoir à nouveau se balader un jour autour de sa maison avec ses fils, ses filles et son mari pendant une journée ensoleillée. Mi-mars, cette mère et cinq de ses six enfants ont été relâchés suite à ce que les YPG (les Unités de protection du peuple) décrivent comme un échange de prisonniers avec l'EI. Après avoir été séquestrés pendant quatre mois dans une cave à Raqqa, c'était la première fois qu'ils revoyaient le soleil.(...)

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans International