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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 21:33

La fracture entre Vienne et le reste du pays
Ce que cette élection a révélé, c’est un pays fracturé entre ses pôles urbains et ses zones rurales, entre ses jeunes et ses personnes âgées, entre ses diplômés et ses non-diplômés, entre ses femmes et ses hommes.

Le résultat des votes et des enquêtes post-électorales le montrent clairement. Deux Länder seulement ont donné la majorité à Alexander van der Bellen : Vienne (à 63 %) et le Voralberg (à 56,4 %), Land traditionnellement « différent » du reste du pays, au point qu’en 1919, sa population avait par référendum réclamé de devenir un canton suisse à 81 % pour ne pas rejoindre la république autrichienne. « Vienne la Rouge » prouve donc une nouvelle fois sa singularité et met donc en avant le paradoxe de la petite Autriche issue du traité de Saint Germain : pays rural enclavé doté d’une métropole démesurée (un cinquième de la population du pays) et mondialisée depuis des siècles.

Ville contre campagne
Mais, en entrant dans le détail des résultats, on constate que l’opposition est plus large, c’est celle des centres urbains et des campagnes. Quelques exemples illustrent ce fossé. Le Land de Salzbourg a donné une majorité de 55,07 % à Norbert Hofer, mais la ville de Mozart a voté pour Alexander van der Bellen à 56,33 %.

En Styrie, on a voté pour le candidat d’extrême-droite à 56,88 %, mais dans la capitale Graz, l’ancien chef des Verts obtient une majorité de 61,89 %. C’est dire si la fracture est forte entre les centre-villes dominés par les populations diplômées, bénéficiant de la mondialisation et de l’évolution numérique de la société et les zones rurales et périurbaines (à Graz, par exemple, la banlieue a voté à 59 % pour Norbert Hofer), peuplées de personnes moins diplômées, fragilisées par la mondialisation et la numérisation de l’économie.

Division de classes
Cette division est aussi une division de classe. Selon un sondage de la télévision publique ÖRF, 86 % des ouvriers ont choisi Norbert Hofer ainsi que 53 % des travailleurs indépendants. A l’inverse, 60 % des employés, 55 % des fonctionnaires et 51 % des pensionnés ont choisi Alexander van der Bellen. Dans un pays où les salaires ouvriers sont élevés et où le chômage reste faible (le taux de chômage harmonisé est de 5,9 %), ces résultats peuvent paraître étonnants. Ils ne le sont pas réellement. Comme dans le reste de l’Europe, les populations ouvrières sont moins nombreuses et leur position est fragilisée par la concurrence. L’Autriche perd de la compétitivité sur ses produits industriels, le chômage progresse, il est à un niveau record dans son calcul national.

Chauffés à blanc par le discours de la FPÖ, les ouvriers autrichiens s’inquiètent de la concurrence à bas coûts des migrants, ils ne voient plus de moyen d’amélioration de leur situation. Ils craignent une déchéance et voient dans l’option nationaliste le seul moyen d’éviter cette déchéance. Le vote de ce dimanche est un échec de la social-démocratie autrichienne qui n’a pas été capable de prouver que l’Europe et la mondialisation était une chance pour la classe ouvrière. En cela, c’est un coup de semonce pour l’ensemble de la social-démocratie européenne.
(…) La tribune


Résultat communiqué par le ministère de l’Intérieur après dépouillement de 100% des votes (Ne manquent que les votes par correspondance qui seront dépouillés demain) :

Norbert Hofer : 1 937 863 voix
Alexander Van der Bellen : 1 793 857 voix

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS