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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 21:22

Il ne se passe plus un mois sans que de nouvelles péripéties de la guerre sans fin et sans merci que se livrent les Sunnites et les Chiites ne voient le jour.  Dernièrement, la nouvelle fut à peine relevée par les média, nous apprenions la chute de Sanaa, capitale du Yémen, tombée entre les mains des musulmans Chiites. 
Mais quelles sont ces rivalités qui secouent tant ces deux branches de l’Islam ?  Et pour nous Français quelle serait la meilleure attitude à adopter face à cette guerre fratricide ?

 Pour mieux répondre à ces questions il nous faut comprendre les trois antagonismes (historique, théologique et géopolitique) qui séparent ces deux courants religieux.

L’antagonisme historique

C’est l’antagonisme le plus important et qui remonte à la naissance même de l’Islam, plus précisément à la mort du prophète Mahomet en 632.  Problème : celui-ci n’avait absolument pas préparé sa succession !  Dès lors, deux conceptions différentes vont s’affronter à coup d’assassinats politiques:

  • Ceux pour qui le calife, c’est-à-dire le commandeur des croyants et successeur de Mahomet, doit appartenir au cercle des compagnons du prophète.
  • Ceux pour qui le calife doit avant tout faire partie de la famille du prophète.

Pour faire simple les Sunnites sont les héritiers de la première catégorie, tandis que les Chiites sont les héritiers de la seconde.

A la mort de Mahomet, sa famille avait comme champion Ali, gendre du prophète.  Mais dés le départ les compagnons de Mahomet l’emportèrent car la communauté se choisit comme premiers califes:

  • Abou Bakr, fidèle compagnon du prophète qui décéda 20 mois après sa nomination;
  • Omar qui finit assassiné, non sans avoir conquis l’ensemble de la péninsule Arabique, la Perse, la Syrie, Jérusalem et l’Egypte ;
  • Uthman qui fut assassiné à son tour dans des circonstances troubles (pour certains, Ali serait à l’origine de l’assassinat…).

Vint enfin le tour d’Ali qui devint le 4ème Calife en 656.

Cependant, dès le début de son califat Ali affronta un schisme fomenté par Aicha, une des femmes préférées de Mahomet et fille du premier calife Abou Bakr.  Ali, plus théologien que chef de guerre, dut s’appuyer sur le puissant gouverneur de Damas Muyama.  Pour sa succession, Ali envisageait son premier fils Hassan (et petit-fils de Mahomet).  Mais profitant de l’assassinat d’Ali par les partisans d’Aicha, Muyama se fit proclamer Calife à la place d’Hassan, qu’il fit pareillement assassiner.

Le divorce était consommé et Muyama, assit sa dynastie, celle des Omeyades.  Les partisans d’Ali furent alors pourchassés sans répit et, après Hassan, ce fut au tour d’Hussein, le second fils d’Ali et autre petit-fils de Mahomet, de se faire assassiner.  La mort d’Hussein constitua l’événement fondateur du Chiisme, commémoré depuis ce jour par la spectaculaire fête de l’Achoura avec ses cortèges de pèlerins s’auto-flagellant en publique.

« La mort d’Hussein constitua l’événement fondateur du Chiisme, commémoré depuis ce jour par la spectaculaire fête de l’Achoura avec ses cortèges de pèlerins s’auto-flagellant en publique. »

Ali, Hassan et Hussein ont été les trois premiers Imam chiites.  Après eux, neufs autres Imams se succédèrent dans la clandestinité, pourchassés tant par les califes Omeyades que par les califes Abbassides qui leurs succédèrent en 750.  Le 12ème Imam disparaitra en 874 à l’âge de cinq ans, sans laisser de trace ni de successeur. 
Les Chiites devinrent alors messianiques et attendent depuis cette date le retour de leur « Mahdi » qui reviendra à la fin des temps pour juger les hommes.  Cette référence aux 12 Imams a engendré la famille principale du Chiisme.  Les autres familles étant les Alaouites, les Zaydites, les Ismaéliens et les Druzes.

Un éphémère califat Chiite (Ismaélien), appelé Fatimide, vit néanmoins le jour en Egypte.  Il fut renversé par Saladin, lieutenant des califes Abbassides, dans le contexte plus général de la lutte contre les croisés.

Les Chiites se dissimulaient, éparpillés dans le monde musulman et subirent, comme les Sunnites, les razzias mongoles qui mettront un terme au califat Abbaside, puis la montée en puissance de l’empire Ottoman, véritable successeur du califat.  C’est pour mieux résister à cet expansionnisme Ottoman Sunnite qu’au XVIIIème siècle, le roi de perse se convertit au Chiisme, entrainant l’adhésion de son peuple.

L’antagonisme théologique

Au niveau théologique, l’antagonisme a principalement trait au rôle du clergé et à l’interprétation du Coran.
Chez les Sunnites, il n’y a pas d’intermédiaire entre le croyant et Allah.  L’Imam est, un peu à l’instar du pasteur protestant, nommé par d’autres hommes pour diriger la prière, lire des passages du Coran et les commenter.  Dans certaines situations (comme en France aujourd’hui), il peut s’autoproclamer.  Dans les faits, faute de Calife commandeur des croyants, ce sont les états musulmans respectifs qui financent et contrôlent leurs Imams.

A contrario, les Chiites sont structurés en clergés nationaux avec à leur tête des ayatollahs plus ou moins équivalents aux patriarches orthodoxes.   Ils considèrent l’Imam comme un véritable guide de la communauté tirant directement son autorité de Dieu.  En principe, le clergé est séparé du pouvoir temporel, sauf circonstances exceptionnelles, comme pendant la révolution iranienne.

« Pour les Sunnites, le livre a un caractère divin immuable, à prendre à la lettre,  alors que pour les Chiites, le Coran est aussi une œuvre humaine incomplète »

Comme les Sunnites, les Chiites croient que le Coran vient de Dieu car Mahomet n’aurait pas su lire ni écrire (affirmation contestée par les non-croyants).  Pour les Sunnites, le livre a un caractère divin immuable, à prendre à la lettre,  alors que pour les Chiites, le Coran est aussi une œuvre humaine incomplète et il aurait un sens caché (« batin ») qu’il appartient aux Imams de révéler.  
Les Chiites soupçonnent les Sunnites d’avoir omis plusieurs passages dans le Coran, en particulier un passage qui aurait attrait à la succession de Mahomet.

Qui plus est, les Hadiths, c’est-à-dire les textes rapportant les faits et gestes du prophète et qui complètent le Coran, sont différents pour les deux frères ennemis, car provenant principalement des premiers califes Abou Bakr et Omar pour les Sunnites ou d’Ali et de sa femme Fatima (et fille de Mahomet) pour les Chiites.

L’antagonisme géopolitique

Les Chiites représentent environ 10% du monde musulman, mais sont inégalement répartis :

  • Ils représentent plus de 90% de la population en Iran et en Azerbaïdjan ;
  • Ils sont plus de 60% de la population en Irak et à Bahreïn ;
  • Ils constituent de fortes minorités au Yémen (principalement Zaydites), en Afghanistan, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Liban (dont les Druzes) en Syrie (principalement Alaouites), au Pakistan et en Turquie.

Leur présence est par contre marginale en Afrique du nord, en Afrique noire et en Egypte.

Vue de France, Sunnisme et Chiisme produisent les même excès de fondamentalisme religieux.  Cependant l’existence d’un clergé structuré, la capacité d’interpréter le Coran et la moindre menace géographique, font que notre intérêt serait clairement de nous entendre avec les Chiites.

Références :
L’Islam contre l’Islam d’Antoine Sfeir (ed grasset)
Sunnites chiites, le monde des religions sept oct 2008

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS