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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 00:05

Juliette et Marcelle, résidentes de la maison de retraite de Paimboeuf, lèvent le voile sur le quotidien dans un Ehpad qui connaît des coupes budgétaires.

Témoignage

« Quand je suis arrivée ici il y a onze ans, c'était gai. Ça ne l'est plus. » Marcelle Laurent, 94 ans, a toute sa tête et pas un cheveu blanc. Avec sa copine, Juliette Abellan, 85 ans, elle est résidente de l'Ehpad de Paimbœuf.

Toutes deux paient 1 986 € par mois. Juliette, ancienne gardienne de camping, est clouée dans un fauteuil depuis qu'une maladie atrophie les muscles de son corps. « Depuis trois ans que je suis là, j'ai pris une seule douche. Il y a une belle baignoire dans une grande salle de bains. Mais je n'ai pu y aller que trois fois. Il faut deux ou trois personnes pour m'y mettre. C'est trop, vu les moyens en baisse. » Alors, la toilette de Juliette se fait au gant, sur le lit, le matin.

Couchée à 17 hMais ce n'est pas le plus dérangeant, selon elle. Avec l'arrivée des beaux jours, c'est son heure de coucher qui la déprime. « On me couche à 17 h, pour des questions d'organisation du personnel. Plus tôt que les bébés ! Le matin, on me lève de plus en plus tard, souvent vers 11 h. Ça fait court comme journée ! »

Le dimanche, faute de personnel suffisant, Juliette Abellan doit rester au lit, tout comme les jours fériés. « Ce qui fait qu'à Pâques, du samedi soir au mardi matin, elle est restée couchée. Ce n'est pas normal ! », s'exclame son amie, Marcelle Laurent.

Des repas au pas de chargeÀ l'Ehpad, Marcelle joue le rôle de déléguée de classe. Elle siège au conseil « vie sociale » de l'établissement. Elle a vu les conditions de travail se déliter petit à petit. « Des départs n'ont pas été remplacés. Les filles courent partout. Elles n'y sont pour rien, elles font le boulot comme elles le peuvent. Mais elles sont tendues, fatiguées et ça se ressent forcément. »

Ces deux femmes regrettent le temps où elles papotaient avec ces salariées qui partagent leur intimité. « Nous, ça va, on est toutes les deux, on ne s'ennuie pas, lâche Marcelle. Mais pour certains, les journées sont longues. »

Des journées rythmées par des repas qui, eux aussi, doivent aller de plus en plus vite. « Le soir, à peine on a posé la fourchette que l'assiette est débarrassée. On passe à table à 18 h 30. À 19 h, c'est souvent plié. »

Guillaume est l'animateur de la maison de retraite. « Un animateur pour cent résidents, c'est impossible. Et pourtant, c'est essentiel. En 24 heures, les résidents dorment huit heures, ont quatre heures et demie de soins et les temps de repas. Faites le calcul, il reste un paquet d'heures à combler ! »

Pas de véhicule adaptéL'Ehpad de Paimbœuf ne dispose pas de véhicule adapté aux fauteuils roulants. Alors bien souvent, Juliette doit rester à la résidence pendant que Marcelle sort. « Ça s'appelle du tri par le handicap ! », s'exclame Claude Grandjouan, délégué CGT. 

« Nous devons faire face à un plan d'économies important, commente de son côté la direction. Qu'une personne doive rester couchée est regrettable.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS