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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 03:05

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitale de facto de la Republika Srpska

 La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

Dans la soirée d’hier [25 septembre, NdT], les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

 15. Vote Serbie.jpg

 Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

16. Carte Balkans2010.png

 

 Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

 

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN [ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. 

Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

 (...)

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, leSDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

 

17.  Local SDA candidates.jpg

Candidats du SDA

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou Armée syrienne libre.

 (...)

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

 

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d'Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passéla période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujetpour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine - la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska - au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

 (...)

________________

Lire aussi : « Syrie, le laboratoire d’une guerre de quatrième génération ? » - Le Grand Soir, 27 décembre 2012.

 

Source : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS