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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 14:15

La question de débloquer des fonds pour la Grèce a été évitée lors de la réunion de l’Eurogroupe, alors que les Pays-Bas et l’Allemagne sont en campagne électorale. Le supplice continue jusqu’aux prochaines échéances dans un pays déjà à genoux.

Vassiliki, adossée modestement à un mur, vend à l’unité des paquets de mouchoirs. Une scène vue mille fois dans les pays du tiers-monde, mais qui se déroule aujourd’hui à quelques mètres seulement de la place Syntagma, au pied du Parlement grec.

Car, depuis 2010, la tragédie grecque écrit de nouveaux actes avec un sens dramatique digne des antiques Eschyle ou Euripide. La thérapie de choc censée guérir le pays de ses maux a un goût amer : 26 % du PIB détruit entre 2010 et 2015, un quart de la population vivant sous le seuil de pauvreté et un taux de chômage à 24,9 %. Les jeunes, dont 50 % n’ont pas d’emploi, fuient par milliers le pays ; les services publics, notamment ceux de la santé, se dégradent et les suicides et drames familiaux s’accumulent.

Le bras de fer se transforme de purement technique en question politique

C’est dans ce contexte que l’Eurogroupe s’est réuni le 20 février pour savoir que faire face à la fameuse “dette”. Fallait-il en effacer une partie ou ne rien changer quitte à risquer la sortie de la Grèce de la zone euro ?

Au cours d’une réunion express, les ministres des Finances de la zone euro ont répondu à côté de cet enjeu. « Nous allons sortir de l’austérité, mais demander de nouvelles réformes structurelles », a annoncé tout sourire le commissaire européen Pierre Moscovici.

Ainsi, la décision de débloquer une nouvelle tranche du plan d’aide, le troisième, de 86 milliards (dont 31,7 milliards ont déjà été déboursés) n’a pas été prise et reste comme une carotte pour faire avancer le pays.

Elle est décisive pour Athènes qui a besoin de ces liquidités pour rembourser les quelque 7 milliards qu’elle doit rendre à ses créanciers d’ici à juillet prochain. Le non-paiement de cette somme mettrait la Grèce en défaut, accentuant la possibilité du fameux “Grexit”, une sortie de la zone euro.

C’est là que le bras de fer se transforme de purement technique en question politique. Les Pays-Bas et l’Allemagne, de même que la France, sont à la veille d’élections importantes. Pour les deux premiers, la fermeté face à la Grèce est surtout un enjeu de campagne et les électeurs pourraient se montrer sévères en cas d’allégement visible de la facture. Il faut donc sauver les apparences.

C’est particulièrement vrai de l’Allemagne, où l’électorat naturel d’Angela Merkel n’est pas prêt à transiger sur la question. Une donnée qui n’a pas échappé depuis le début à l’État et en particulier au ministre des Finances, Wolfgang Schäuble

(...)

De son côté, le gouvernement Tsipras affiche comme d’habitude une fermeté de façade vis-à-vis de Bruxelles. Pour lui, il n’y aura pas de nouvelles concessions de sa part. Alexis Tsipras « appelle la chancelière Angela Merkel à empêcher le ministre des Finances d’attaquer la Grèce et de faire des déclarations diffamatoires. La campagne électorale allemande ne doit pas influencer la vie dans un autre pays ». Dans le même sens, la sortie la semaine dernière de Georgios Katrougalos, ministre grec des Affaires européennes, qualifiant « d’irresponsables » les demandes du FMI ne convainc pas.

Pourtant, le gouvernement accepte de “prélégiférer” sur les objectifs budgétaires de 2018. Le Premier ministre grec est vu par ses compatriotes comme celui qui, en réalité, a accepté toutes les réformes projetées jusque-là, perdant pas à pas le soutien de la majorité. Les inspecteurs vont revenir avec un nouveau “paquet” de réformes à suivre.

Face à cette situation, une majorité de Grecs est favorable à un retour rapide à la drachme. Si une élection devait se tenir aujourd’hui, c’est le parti de droite parlementaire, Néa Dímokratia, qui gagnerait le scrutin avec plus de 25 % de voix, au moins 10 % de plus que Syriza, moqué par la droite qui lui reproche de « fêter le retour des inspecteurs alors que l’économie continue de couler ». La gauche socialiste historique du Pasok est mourante autour de 4 %.

D’ici à juillet, d’autres scènes se joueront et il est fort probable que la dernière tranche d’aide soit versée, in extremis, pour éviter la sortie de la zone euro. Une voie médiane d’un euro à deux vitesses pourrait être prise sous impulsion franco-allemande dans le cadre d’une refondation plus large du projet européen à l’occasion de l’anniversaire du traité de Rome.

Les conséquences d’un Grexit seraient évidemment un nouveau défi à relever pour la Grèce. Au-delà, ce serait aussi une nouvelle étape, après le Brexit, d’un mouvement plus profond dont il est difficile de prévoir le point d’arrêt.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS