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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 23:12

Monsieur le Premier ministre,

Pourquoi le cacher ? Vous n’étiez pas mon premier choix dans la primaire. Comme un certain nombre de catholiques de conviction, j’avais été davantage séduit par le programme cohérent de combat civilisationnel défendu par Jean-Frédéric Poisson. Mais, au deuxième tour, je vous ai bien volontiers rallié, pour battre Alain Juppé, qui me semblait le candidat du chiraquisme archaïque, c’est-à-dire, pour faire simple, du socialisme, du multiculturalisme et du mondialisme.

L’après-primaires ne m’a guère rassuré : à peine élu, vous n’avez rien eu de plus pressé que de glisser sous le tapis les encombrants soutiens de Sens commun ou du PCD et, plus grave, de gommer tout ce qui, dans votre programme, pouvait apparaître trop civilisationnel.

Etant chef d’entreprise, je suis autant que quiconque – et plus, sans doute, que la plupart des parlementaires LR que j’ai pu fréquenter – attaché aux libertés économiques. Votre programme de réduction des dépenses publiques et de libération de l’économie était donc de nature à me réjouir. Mais à la condition expresse que vous « marchiez sur vos deux jambes » et que vous ne laissiez pas penser, comme le fait trop souvent le Medef, que les « externalités négatives » sont pour le « populo » et les bénéfices pour les nantis.

Car l’immigration, bien sûr, et quoi qu’en disent les médias mainstream, induit des externalités négatives : elle coûte à bien des points de vue – de la sécurité à l’éducation en passant par le logement et, surtout, par le « coût culturel », si difficile à chiffrer, mais si évidemment présent que les ouvrages ne se comptent plus sur le décrochage de la « France périphérique ».

Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’une droite assumant tranquillement d’être de droite – et donc de s’opposer au socialisme (car la politique, c’est aussi un combat où il importe de nommer ses adversaires prioritaires) – en tous les domaines était une martingale gagnante, pour les élections d’abord, mais surtout pour le redressement du pays. Il est parfaitement incohérent de défendre les libertés en matière économique et de lutter contre elles en matière politique, comme il est parfaitement incohérent de défendre l’exception culturelle française sans défendre aussi toute la civilisation française – y compris, car ce n’est un gros mot que pour la gauche bien-pensante, notre identité enracinée dans le monde gréco-latin et dans la tradition biblique.

Or, si vous étiez disert sur les racines chrétiennes, sur la lutte contre le totalitarisme islamique, sur la promotion des valeurs familiales, au cours de la campagne des primaires, tout cela disparut comme par enchantement dès le lendemain.

Malgré cela, vous étiez devenu pour l’oligarchie mondialiste le nouvel homme à abattre : trop peu enthousiaste pour le fédéralisme européen (alors que vous étiez à Matignon lors de la forfaiture du Traité de Lisbonne), trop peu enthousiaste pour les soi-disant « droits des minorités », nouvel eldorado du marketing consumériste, trop peu enthousiaste pour l’abolition des frontières, trop peu enthousiaste pour la politique migratoire de Mme Merkel…

Vous portiez le péché originel d’être un « catho de province » et d’avoir voté contre Maastricht – et vous ne cesserez manifestement jamais de porter cette tache indélébile, quand bien même vous apporteriez consciencieusement aux oligarques, l’une après l’autre, toutes les têtes de vos premiers et plus solides soutiens. Alain Minc, comme toujours, eut le grand mérite de dire cela avec une netteté sans égale.

Arriva ce qui devait arriver. Vous réveillant au lendemain des primaires avec le costume, un tantinet saugrenu et désuet, de la vieille droite catholique sociale de La Tour du Pin, de Léon XIII ou du comte de Chambord, vous eûtes à faire front aux mêmes forces que jadis : le radical-socialisme, mâtiné d’internationalisme progressiste, le liant étant assuré par l’Eglise officielle de la rue Cadet – à la réserve près qu’aujourd’hui, ces forces règnent sans partage, quand, voici 100 ou 150 ans, il était possible de l’emporter contre elles, au moins précisément dans vos provinces de l’Ouest.

Ces forces n’eurent aucun mal à vous faire mettre un genou en terre. Peu accoutumé aux grandes bourrasques idéologiques, vous avez dû être surpris par la violence de l’attaque. A ma grande surprise et, je dois le dire, à mon admiration, vous n’avez pas lâché ; vous avez fait front avec un courage qui vous honore. Mais ce furent alors les lâchages en série, les appels au plan B, les sublimes déclarations des consciences éplorées anxieuses de perdre leurs prébendes.

A quoi vous répondîtes par le Trocadéro. Je m’y rendis. Non pas principalement pour vous, mais bien davantage pour protester contre le coup d’Etat institutionnel orchestré par une collusion de juges et de journalistes d’extrême-gauche, pour soutenir mes amis de Sens commun (avec lesquels je ne suis pas toujours d’accord sur la tactique, mais pour lesquels je garde d’autant plus d’admiration qu’ils sont odieusement vilipendés et font leur travail courageusement sans rien attendre en échange), et aussi parce que vous étiez, d’une certaine façon, si vous me passez l’expression « l’homme-sandwich de nos idées » et que vous étiez attaqué comme trop proche de nous…

Ce jour-là, il me sembla évident que vous alliez passer par-dessus les appareils partisans (y compris le vôtre, qui était si peu… le vôtre !) et par-dessus les médias, pour vous adresser directement au peuple. Comme le prévoyait le général De Gaulle dans sa constitution, saccagée depuis. Et comme en montra l’exemple le talentueux vainqueur des élections américaines.

Las. Dès le lendemain de cette magnifique réussite populaire – d’autant plus impressionnante qu’elle avait été montée en trois jours à peine –, vous tendiez la main aux rats qui ne demandaient pas mieux que de remonter dans le navire et vous abandonniez ceux qui vous avaient soutenu dans la tempête.

L’UDI, groupuscule sans autre assise électorale que celle que l’UMP veut bien lui concéder, a obtenu, si l’on en croit les gazettes, pas moins de 96 circonscriptions (dont 70 à 75 gagnables, nous précise aimablement le sémillant Jean-Christophe Lagarde qui courait naguère les plateaux télé pour dire tout le mal qu’il pensait de vous) et, plus grave encore, des inflexions substantielles de votre programme, notamment en faveur d’une gouvernance économique européenne, dixit M. Lagarde.

Pour que la portée de cet accord soit parfaitement claire, vous avez mis à mort Anne Lorne, l’une des plus emblématiques candidates de Sens commun aux législatives, la circonscription dans laquelle elle devait se présenter étant désormais réservée aux traîtres de l’UDI. Mieux encore (ou pire, comme vous préférerez), pour complaire à M. Lagarde, vous avez « désinvesti » l’un des maires les plus courageux de France : Xavier Lemoine, qui résiste dans une situation apocalyptique, dans sa ville de Montfermeil. Là encore, le signal est désastreux : il laisse à penser que le candidat LR opte pour le communautarisme contre l’enracinement et la résistance française.

C’est, pour moi, tout simplement incompréhensible. Vous menez très exactement la campagne d’Emmanuel Macron : comme lui, vous ne luttez plus contre le multiculturalisme, comme lui vous débauchez des traîtres à grand prix, comme lui vous déclarez que Marine Le Pen est votre principale adversaire…

Certes, on peut comprendre que vous vouliez dire, par là, que la présidente du FN sera votre ultime adversaire, au deuxième tour. Mais, au plan idéologique, le véritable adversaire de toute personne désireuse de redresser la France, devrait être le socialisme qui étouffe notre malheureux pays depuis 40 ans.

On nous dit à longueur de journée que l’hypothétique victoire de Marine Le Pen signerait la ruine de la France. Mais comment ne pas voir que la ruine est bel et bien là et qu’elle n’y est pour rien ? A force de prendre M. Macron pour arbitre des élégances, alors même que ce dernier devrait être archi-discrédité par le bilan calamiteux dont il est coresponsable, il pourrait bien emporter la mise.

Alors que la France est à droite à 60%, que cette droite est de plus en plus à droite, vous allez réussir le tour de force d’offrir un nouveau quinquennat socialiste à la France. Tout cela parce qu’il semble malséant à quelques communicants en peau de lapin que vous vous affichiez avec Madeleine de Jessey ou Charles Millon.

Mais ne voyez-vous qu’il n’y a plus que les journalistes du microcosme parisien qui font encore mine de trembler comme des feuilles devant la menace « ultra-conservatrice » ? Ne voyez-vous pas que la seule véritable menace « ultra-conservatrice », c’est la possible arrivée au pouvoir de la charia – qu’un nouveau quinquennat socialiste ne ferait que hâter ?

Parlant de prétendue menace « ultra-conservatrice », je ne peux m’empêcher de penser aux déclarations de M. Juppé sur les électeurs de droite « radicalisés » – et donc, je suppose, à déradicaliser d’urgence, à côté des terroristes islamistes, peut-être avec davantage de succès et moins de corruption et de débauche d’argent public !

M. Juppé n’a pas tort : 5 ans de matraquage socialiste nous ont réveillés et nous ne sommes pas disposés à nous laisser endormir par de nouveaux marchands de sable du chiraquisme. Mais, à vrai dire, ce ne sont pas les électeurs qui se sont radicalisés ; ce sont les élus qui se sont gauchisés et « édredonisés ». …

Tout un peuple de droite, motivé par les questions anthropologiques ou les questions civilisationnelles, s’est levé au cours du funeste mandat de M. Hollande. C’est ce peuple qui vous a porté sur le pavois. C’est encore ce peuple qui a imposé votre maintien, malgré toutes les défections.

Mais le vote de ce peuple se mérite. Vous avez été aux premières loges quand ce peuple de droite a lâché Nicolas Sarkozy, après l’avoir, lui aussi, hissé au pinacle. Pourquoi ? Tout simplement, parce Nicolas Sarkozy, tout comme vous, avait reçu un mandat très clair : en finir avec mai 68, avec l’assistanat, avec la repentance…

Vous êtes aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit vous collez, si j’ose dire, à votre image : vous redevenez donc le porte-parole de ce peuple de droite aussi puissant que méprisé par l’oligarchie et vous avez toutes les chances de l’emporter.

Soit vous obéissez aux injonctions délirantes de la presse bien-pensante et de vos prétendus alliés de l’UDI : vous vous désolidarisez consciencieusement de tous vos soutiens, vous rognez votre programme de toutes ses aspérités « trop à droite », et ce peuple de droite vous manquera, au moins partiellement, vous empêchant d’être au deuxième tour.

Car le vote de cette droite de conviction n’est nullement automatique : c’est lui qui a assuré la victoire de Nicolas Sarkozy, mais c’est lui aussi qui a manqué à ce dernier pour l’emporter à nouveau en 2012 ; c’est lui qui vous a fait gagner la primaire, mais c’est lui aussi qui pourrait vous faire défaut pour l’élection générale. 

D’autant que Marine Le Pen mène actuellement une campagne sans fausse note pour convaincre cet électorat. Et je n’oublie pas que Lionel Jospin, donné largement gagnant au deuxième tour de l’élection de 2002, manqua ce deuxième tour à moins de 200 000 voix.

Un deuxième tour opposant les deux tendances principales de la droite actuelle me semblerait de nature à marquer durablement la défaite idéologique du socialisme. Mais, si vous ne choisissez pas résolument la droite, si vous ne vous opposez pas fermement à Emmanuel Macron, de préférence à Marine Le Pen (qui, encore une fois, n’est pas, que je sache, responsable du désastre national !), il n’y aura qu’une seule tendance de la droite actuelle au deuxième tour et, selon toute vraisemblance, ce n’est pas vous qui l’y représenterez.

De grâce, ne gaspillez pas l’incroyable trésor dont le sort vous a répondu dépositaire ! En tout cas, pas pour sauver la mise d’un système en faillite…

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS