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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 12:38

Me Philippe Fontana : "dans l'esprit de ces juges, personne ne peut leur demander des comptes".  Photo © Patrick Iafrate

Me Philippe Fontana : "dans l'esprit de ces juges, personne ne peut leur demander des comptes".
Photo © Patrick Iafrate

Justice. L'affaire Fillon, pour l'avocat pénaliste Philippe Fontana, est le révélateur du projet de certains magistrats "partiaux", "enfants de Mai 68", "politisés dans leur mission". Entretien.

Le noeud de cette affaire est-il politique ou juridique ?

 
Je m’intéresse depuis toujours à la subversion dans la magistrature. Au fond, ces magistrats veulent abattre François Fillon pour ce qu’il est et pour ce qu’il pense.
C’est un conservateur, attaché à la famille, aux chrétiens d’Orient : tout ce que détestent certains juges politiquement militants.
Par ailleurs, en 2016, Éliane Houlette [chef du parquet national fi nancier, NDLR] critiquait déjà la « guérilla » judiciaire des avocats. Déclencher une enquête préliminaire a empêché les avocats de François Fillon de déposer un recours en nullité de la procédure.
Comme d’autres, ces choix laissent à penser que l’avocat et à travers lui la défense sont nuisibles par essence. Rien, pas même le droit, ne doit arrêter ces magistrats politisés dans leur mission.

Ces “magistrats politisés”, sont-ils, selon vous, organisés ?

Ils le sont depuis la transformation en 1974 de l’Union fédérale des magistrats (créée en 1945) en USM (Union syndicale des magistrats). Le Syndicat de la magistrature (SM), lui, est né juste après Mai 68 et fut le grand acteur de la politisation de la magistrature.

...

Ces magistrats partiaux sont les enfants de Mai 68. Au-delà de la politisation, ils font preuve d’un corporatisme inouï, au point de s’affranchir de l’imperium de la loi en estimant que les réformes politiques (dont celle favorisant la protection de la présomption d’innocence) ne les concernent pas. Dans leur esprit, personne ne peut leur demander des comptes.

Même le pouvoir politique ?

Le pouvoir politique manque de courage avec la magistrature. Regardez ce que François Hollande a dit, dans son livre d’entretiens Un président ne devrait pas dire ça… (Stock), sur « la lâcheté » de l’institution judiciaire : il s’est excusé immédiatement après la parution. Les hommes politiques n’assument pas une critique publique et constructive du fonctionnement de la magistrature. La peur d’être la cible d’une affaire judiciaire est très forte. Pour y échapper, ils louvoient avec les magistrats, au lieu de les traiter fermement.

Pis, comme la loi change très souvent en France, qu’elle est souvent bavarde et peu claire, le juge peut tout à fait profiter de ce manque de visibilité pour la contourner et lui préférer sa vision personnelle de la morale.

Vous pensez donc que l’affaire Fillon tient plus à la puissance de magistrats politisés qu’à l’influence du pouvoir sur la justice ?

La main du pouvoir est invisible et donc très difficile à détecter. Auparavant, le ministre de la Justice aurait pu donner une instruction particulière au parquet pour qu’il se saisisse des faits, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. C’est très regrettable, d’abord parce que c’était son rôle de pouvoir exécutif, ensuite parce que cela nuit à la fois au courage politique et à la transparence.

Une main “invisible” mais réelle ?

Bien sûr. Regardez qui est le conseiller justice de François Hollande : un ancien membre du parquet national financier [Ariane Amson, NDLR]. C’est une proximité troublante. Or, le président de la République est le garant de l’indépendance de la justice. Il n’est intervenu que très tardivement dans l’affaire, alors même que des questions ont été soulevées sur la manière partiale dont était menée l’enquête. Questions auxquelles il n’a apporté aucune réponse !

N’existe-t-il pas un risque, sur le plan démocratique, à critiquer publiquement l’institution judiciaire ?

On peut dire que le système judiciaire aurait besoin d’être réformé, sans mettre en péril l’idée de justice. Je pense qu’il faudrait revenir, comme en Grande-Bretagne et en Espagne, à des magistrats qui ne sont ni politisés ni syndiqués. Pour autant, je ne m’en prends à personne. François Fillon non plus : il dénonce un coup d’État institutionnel, sans citer de magistrats. Faudrait-il, en plus, qu’il ne puisse pas se défendre ?

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS