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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 13:32

Marine Le Pen au Mont-Saint-Michel, le 27 février. Retour aux sources de la droite ? Photo ©ABACA

On la disait “mélenchoniste”, “gouroutisée” par le chevènementiste Philippot. On la découvre lectrice de Villiers et de Buisson, misant tout sur une campagne identitaire. Les dessous d’un virage stratégique.

Printemps 2014, Parlement européen. La mandature des eurodéputés s’achève. L’un d’entre eux est plus détendu. Philippe de Villiers, qui ne se représentera pas, croise Marine Le Pen dans un cocktail. La félicite pour sa prestation dans une récente émission politique.

Oeillades inquiètes : Villiers n’a-t-il pas, sa vie durant, voué aux gémonies le Front national ? Ils se jaugent, se hument. Rapidement, on plaisante. Le courant passe. Elle vilipende le totalitarisme bruxellois, il moque Martin Schulz, on s’esclaffe. Les témoins rapportent une complicité inédite : Villiers-Le Pen, les prémices d’une alliance interdite.

La rivalité semble enterrée, les plaies sont pansées

Longtemps, Philippe de Villiers s’est laissé aller à cogner sur le FN et son patriarche, Jean-Marie Le Pen. Mais, à l’heure où il s’apprête à quitter la politique pour les librairies, il passe quelques heures au Parlement européen avec son vieil ennemi à refaire leurs campagnes. La rivalité semble enterrée, les plaies sont pansées.

C’est avec la troisième génération, incarnée par Marion Maréchal-Le Pen, que les liens se noueront le plus rapidement. Leur rencontre lors d’un dîner, chez Drouant, en novembre 2015, à quelques semaines d’élections régionales lors desquelles il la soutiendra, sera suivie de déjeuners et d’échanges réguliers.

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L’avènement de François Fillon, rival honni de Villiers, précipitera les choses. La captation par le Sarthois, lors de la primaire, d’un vote de la “droite des valeurs” fait grincer le Vendéen. L’ascension dans son sillage de son ancien lieutenant Bruno Retailleau, qu’il tient pour un traître, n’arrange rien.

Le ton à l’égard de Marine Le Pen, jusque-là regardée avec dédain, se fait plus doux, et celui envers Fillon, jusque-là épargné, plus tranchant : « Quand j’écoute Fillon, c’est de la guimauve de foire, fustige Villiers. Aucun rêve, aucune envolée, pas d’élan, pas de souffle. Marine fait une campagne remarquable, elle défend les idées du RPR de 1980, sans excès mais sans compromission. »

Le basculement, selon lui, est en train d’opérer : en concentrant sa campagne sur une défense de l’identité française, loin, très loin de la rhétorique ouvriériste qui lui fut reprochée, la présidente du FN met de son côté les lecteurs du trio Buisson-Villiers-Zemmour, cette droite dite “hors les murs”, à équidistance des Républicains et du FN. « C’est une femme intelligente.

Elle a réfléchi à la définition d’une ligne qui la fasse gagner et compris qu’il fallait faire une campagne identitaire, dit encore Villiers. Marine, qui a lu nos livres, a capté notre petite musique.

Résultat : notre grande circonscription “lectorale” est en train de lâcher Fillon. La droite votera pour elle au deuxième tour, elle peut même gagner », conclut-il. Cet adoubement villiériste fait croire à un rapprochement plus officiel. Au FN, comme dans les sphères attenantes, on glose sur une, voire plusieurs, rencontres entre la candidate et le “chien d’avalanche”, tel qu’il se définit. Villiers, consultant de luxe ? « Je laisse courir les rumeurs, balaie-t-il en souriant. Comme disait Blanche de Castille, démentir une rumeur, c’est la faire vivre. »

Les idées de Patrick Buisson aussi semblent irriguer le discours mariniste. Elle voue désormais aux gémonies « la droite du fric et la gauche du fric », formule inspirée par les écrits de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

(...)

Signaux à l’électorat de droite

Qu’elle soit dûment conseillée ou simple lectrice, Marine Le Pen adopte un logiciel éloigné du néochevènementisme arboré jusque-là. Les signaux envoyés à l’électorat de droite sont nombreux. La présentation du programme économique, véritable repoussoir, est lissée — la plume a été tenue par Jean Messiha, fondateur des Horaces, un think tank de hauts fonctionnaires plus libéraux que la ligne de démarcation habituelle au FN.

Philippe Olivier s’est chargé du discours de Lyon, dit du “retour aux fondamentaux”. Et Marine Le Pen ne s’est pas privée de mettre en scène son refus de porter un voile au Liban…

Tous indiquent également qu’elle serait même plus réceptive aux critiques sur sa ligne. « Elle écoute comme elle n’a jamais écouté, confirme Robert Ménard, soutien (critique) du FN. Je peux lui dire aujourd’hui des choses, là où elle ne m’aurait pas laissé finir ma phrase il y a un an. » Il y a un an, c’était le séminaire du parti à Étiolles, dans l’Essonne, théâtre du procès intenté à la ligne de Philippot.

Après le revers des régionales, certains cadres du FN réclamaient une inflexion vers la droite du discours frontiste. En vain. Aujourd’hui, tout change. Signe qu’avec l’affaiblissement de François Fillon, la droite est devenue le nouveau terrain de chasse du FN…

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS