Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : CITOYENS ET FRANCAIS
  • CITOYENS ET FRANCAIS
  • : Revue de Presse Internationale : Géopolitique Religions Immigration Société Emploi Economie Géostratégie-INTERNATIONAL PRESS REVIEW ------ ОБЗОР МЕЖДУНАРОДНОЙ ПРЕССЫ
  • Contact

Rechercher

En direct Flux de trafic
mise en ligne le 15/10/2015

Flag Counter

 

 

 

2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 12:25

Vitrail figurant le massacre des Lucs-en-Boulogne. Photo ©Presse/François H"lis de la Harie/Musée de la Chouannerie

Histoire. S’appuyant sur les travaux des historiens, Jacques Villemain porte un regard juridique sur les infamies commises par la Révolution en Vendée.

En 1986, l’historien Reynald Secher fait scandale en publiant aux Puf le Génocide franco-français : la Vendée-Vengé. Depuis, ce qualificatif de “génocide” n’a cessé de faire polémique, se surajoutant aux anciennes querelles entre historiens sur l’interprétation à donner de la répression sanglante de l’insurrection vendéenne par les armées révolutionnaires.

Dans Vendée 1793-1794, sous-titré Crime de guerre ? Crime contre l’humanité ? Génocide ? Une étude juridique, Jacques Villemain distingue quatre courants. Les thuriféraires de la Révolution du XIXe siècle affirmaient qu’aucun crime n’avait été commis en Vendée, puisque c’était la Révolution qu’il fallait sauver, à n’importe quel prix, des traîtres vendéens.

La thèse n’étant plus soutenable, tous concèdent aujourd’hui que la “pacification” fut mise en oeuvre au prix de crimes de guerre. D’autres reconnaissent que les atrocités commises contre la population vendéenne furent suffisamment systématiques pour constituer des crimes contre l’humanité. Les moins nombreux soutiennent qu’il s’agissait bien d’un génocide, le but étant effectivement d’éradiquer de la surface de la Terre un groupe humain déterminé.

Spécialiste du droit pénal international, Jacques Villemain s’appuie sur ces différentes écoles et sur les faits qu’elles ont établis, mais c’est en juriste qu’il s’efforce de trancher la question : pour ne pas juger ces faits en fonction du regard plus ou moins positif que l’on porte sur la Révolution française, mais établir la conformité objective de ce que les troupes républicaines, sur ordre de la Convention et du Comité de salut public, perpétrèrent en Vendée, avec les défi nitions établies par le droit international.

Sa conclusion est sans appel : les Vendéens furent bien victimes de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide. Les premiers résultent quasi mécaniquement de la loi votée par la Convention le 19 mars 1793, qui décrétait les insurgés « hors la loi ».

C’est ainsi que les chefs républicains purent se croire le droit de fusiller systématiquement prisonniers et blessés. Le crime contre l’humanité est établi par les lois du 1er août et du 17 octobre 1793, qui organisent une attaque contre la population vendéenne dans son ensemble, seul moyen, écrit Barère, d’« exterminer cette race rebelle » : en résultèrent plus de 100 000 victimes civiles…

Quant à la volonté génocidaire, elle est manifeste à partir de janvier 1794 quand, alors que la défaite militaire de l’armée catholique et royale est consommée depuis décembre, les colonnes infernales procèdent à un « massacre systématique de la population vendéenne ». « Plan génocidaire » dont attestent d’innombrables écrits, dont ceux de Turreau, comme cette lettre qui se réclame des ordres de la Convention : « Il faut exterminer tous les hommes qui ont pris les armes, et frapper avec eux leurs pères, leurs femmes, leurs soeurs et leurs enfants.

La Vendée doit n’être qu’un grand cimetière national. » Plan d’autant moins susceptible de choquer les consciences révolutionnaires que l’essence même de leur projet est de régénérer l’humanité en la purgeant de tout ce qui se rattache à l’ordre ancien. C’est en quoi le sujet est si explosif : car juger le génocide vendéen, ce n’est pas juger un dérapage, c’est juger le “bloc Révolution” lui-même...

“Vendée 1793-1794”, de Jacques Villemain, Les Éditions du Cerf, 306 pages, 24 €.

source

Partager cet article

Repost 0
Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS