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mise en ligne le 15/10/2015

 

 

 

9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 10:38

La gare de Breil-sur-Roya. Sur le côté itralien de la frontière, les migrants emploient tous les moyens pour pénétrer en France. Photo ©MAXPPP

Migrants. Si l’état d’urgence est levé, comme l’a suggéré Jean- Jacques Urvoas, c’est tout le système de contrôle à la frontière franco-italienne qui vole en éclats.

Risque : plus de 180 000 migrants arrivant d’Italie. Un scénario redouté par Bernard Cazeneuve. Reportage choc.

La scène est caricaturale. Nous sommes dans le petit train qui traverse la montagne découpée de la vallée de la Roya, à la frontière italienne dans les Alpes- Maritimes. Le périple est spectaculaire : virages sinueux, traversée de tunnels à voie unique dans la montagne, franchissement de ponts médiévaux au-dessus des ruisseaux, la roche est omniprésente dans le parc du Mercantour. Tout est magnifique et sauvage sur la route du sel.

Ce lundi 3 avril, à bord de la rame conduisant comme chaque jour les habitants de la vallée qui se rendent à Menton et à Nice, à 9 h 03, le tortillard n’est pas autorisé par la police à quitter la gare de Sospel.
Comme à bord de chaque train qui s’arrête en gare de Menton entre 5 heures et 23 heures, à Sospel, les policiers, les gendarmes et les douaniers sont vigilants. Ils savent que c’est par ce train, empruntant les anciens sentiers de contrebande, que tentent d’entrer illégalement en France, chaque semaine, des dizaines de migrants.
 « C’est beaucoup moins risqué que de tenter de franchir la montagne à pied », explique un gendarme, qui s’inquiète de l’explosion des tentatives de passage par voie ferroviaire, « plus des deux tiers des interpellations », depuis le mois de janvier.

C’est devenu un rituel : contrôle d’identité de tous les passagers et interpellation des clandestins, qui sont systématiquement acheminés vers le poste de la police aux frontières de Menton. Là, l’entretien avec les policiers est résumé en trois questions : « D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Où vont-ils ? », explique-t-on.

Ce matin, les policiers reconnaissent un visage familier. C’est bien le passeur de migrants Cédric Herrou (Valeurs actuelles du 26 janvier 2017) qui accompagne la famille érythréenne — un couple et ses deux enfants — qu’ils viennent d’interpeller.

Immédiatement, Herrou, comme à son habitude, se met en scène en professant ses appels à l’humanité à l’égard des migrants. La petite silhouette frêle de cet homme qui semble négliger son allure alors qu’elle est son meilleur argument — de dépouillement affiché — s’impose.

Les autorités comprennent immédiatement que si le militant d’extrême gauche est là, c’est qu’il prépare un mauvais coup. ...

Herrou : “un passeur qui fait son marché dans les camps de migrants en Italie”

Les autorités françaises l’avaient reconduite à la frontière en pratiquant une “non-admission” après avoir vérifié qu’une demande d’asile avait bien été déposée préalablement en Italie. Le tribunal administratif a donné trois jours au préfet pour accueillir les quatre Érythréens. La situation de cette famille offre — malgré elle — une occasion rêvée pour créer un scandale avec les forces de l’ordre, qui découvrent la décision de justice… dans la gare ! Plus d’une heure plus tard, le train peut repartir. Après avoir été emmenée au poste de la police aux frontières de Menton, sous la pression, la famille est finalement admise sur le territoire français, devant la caméra de Nice Matin prévenu par les militants No Border amis de Cédric Herrou. La manipulation fonctionne à merveille.

L’anecdote aurait pu susciter une plus vive émotion si ce dernier n’était pas « un passeur qui fait son marché dans les camps de migrants en Italie, en priorité des mineurs, dans le seul objectif de créer une submersion migratoire en France », accuse, indigné, un jeune CRS, qui, après avoir participé à l’évacuation de la “jungle” de Calais, est affecté à Menton depuis peu. «

Pourquoi les associations d’extrême gauche leur font passer illégalement la frontière en courant des risques, alors que les migrants viennent d’Italie, où leur vie n’est pas en danger et où la protection sociale est la même qu’en France ? », fait-il remarquer avec justesse.

Un autre policier met le doigt où ça fait mal : « On n’a pas affaire à des humanistes, on subit le combat d’associations pour l’abolition des frontières. »

Car les « flux » sont extrêmement « importants » en ce début d’année, nous indique-t-on à Nice. Pour se faire une idée, durant la seule période du 24 février au 3 mars, 18 passeurs de migrants ont été interpellés — plus de 70 au total depuis janvier — grâce à l’efficacité du dispositif, récemment mis en place par les autorités, de contrôle systématique de toutes les voitures, de jour comme de nuit, au péage de La Turbie.

Ce sont aussi 604 étrangers en situation irrégulière qui ont été interpellés dans les Alpes-Maritimes, soit plus de 86 par jour !

À la même période l’an dernier, ils étaient deux fois moins nombreux à essayer d’entrer en France. Grâce au rétablissement des contrôles systématiques, 566 d’entre eux ont été reconduits à la frontière italienne, soit 93,7 % du flux. 

« C’est grâce à Bernard Cazeneuve qu’un dispositif aussi efficace a été mis en place dans les Alpes-Maritime. » Le compliment ne vient pas d’un conseiller de l’actuel Premier ministre, mais d’un élu… de droite du département, qui n’hésite pas à forcer le trait en frôlant l’insolence : « Jamais la droite n’aurait eu le courage d’aller aussi loin ! »

L’air soudainement grave, il redevient sérieux : « Force est de constater que nos frontières sont des passoires dans les autres départements. Il conclut : La pression migratoire est telle que si l’état d’urgence est levé, c’est la catastrophe dans les Alpes-Maritimes. » 

De quoi parle-ton ? L’inquiétude : « Avec la fin de l’état d’urgence, les 180 000 migrants qui ont débarqué en Italie, en 2016, pourraient arriver en quelques jours en France, sans que les autorités puissent vraiment faire quelque chose. » Explication : si les dispositions de l’état d’urgence étaient levées, on reviendrait alors au système classique des accords de Schengen et de Chambéry, entre la France et l’Italie, qui ne permettent plus de contrôler les flux migratoires avec efficacité.

La panoplie des aides et la prise en charge par l’État se remettraient alors en branle pour un coût estimé de 5 000 euros par migrant et par mois. Au total, ce sont plus de 610 000 migrants qui sont arrivés en Italie depuis quatre ans. La plupart d’entre eux y sont toujours.

Si, au début de la crise migratoire, les autorités italiennes n’ont pas toujours joué le jeu avec les Français, depuis plusieurs mois, « les deux pays ont compris qu’on est dans le même bourbier », confie une source au fait des enjeux. Conséquence : l’Italie « ne cherche plus à se débarrasser de ses migrants en France », décrypte sans pudeur un responsable policier. « D’ailleurs, Cédric Herrou le sait et ne vient plus faire son marché de migrants mineurs à Vintimille comme auparavant », conclut-il, satisfait.

Dans cette zone tourmentée, contrairement aux idées reçues, les migrants qui attendent à Vintimille — dernière ville italienne avant la frontière française — ne viennent plus principalement d’Irak ou de Syrie depuis 2016.
Mais du Soudan (22 %), d’Érythrée (21,8 %), ou d’Afghanistan (8,9 %). Étonnamment, « il n’y a même pas 1 % de femmes », souffle tout bas un policier, qui craint que le chiffre nourrisse « le moulin du Front national ».

Une note confidentielle révèle même « l’explosion » des flux « en provenance de l’Afrique francophone ». Cela se constate facilement : « 95 % des interpellations se font désormais en français », selon un officier de police.

Le même s’étrangle lorsqu’il fait le constat que de plus en plus de migrants interpellés ont beaucoup d’argent liquide sur eux et qu’ils ont un « bon niveau d’éducation ». L’officier va plus loin : « On a de plus en plus de Maghrébins, comme les Algériens et les Marocains. Les Sénégalais aussi, ils ne fuient pas la guerre, ils rejoignent leurs familles arrivées après la décolonisation et cherchent du boulot.

Les “cars Macron” sont les moyens de transport privilégiés par les passeurs

Même si l’état d’urgence offre « un sursis », les perspectives ne sont « pas réjouissantes », s’inquiète un fonctionnaire chargé de la lutte contre l’immigration illégale. Selon lui, le climat délétère de la présidentielle aurait permis de jeter un voile sur la réalité de la situation migratoire.

Et sur les chiffres : « Les migrants arrivent en plus grand nombre en ce moment, qu’à la même période en 2016 (+ 47,6 %) », pointe d’ailleurs une note du renseignement italien. Elle décrit un mode opératoire classique : « Emploi de canots pneumatiques ou d’embarcations en bois vétustes surchargées, qui sont dans 97 % des cas secourus en mer. La Libye apparaît comme le principal pays de départ (95,5 %). La Sicile reçoit 82 % des débarquements. »

De nouveaux points de départ inquiètent aussi, notamment d’Algérie (une vingtaine d’embarcations par semaine) et de Turquie (plus de 200 migrants par semaine).

C’est désormais devenu systématique : une fois que l’embarcation remplie à craquer de migrants s’éloigne des côtes, les passeurs appellent les services de secours européens pour signaler un naufrage imminent.

Les garde-côtes viennent alors chercher les migrants et les escortent jusqu’aux côtes italiennes. On connaît la suite. Une autre inquiétude va provoquer un vrai débat : les “cars Macron”, Flixbus et consorts, sont les nouveaux moyens de transport privilégiés par les passeurs pour tenter de déjouer l’attention des autorités françaises, indique une source policière. « C’est le sujet tabou du moment dans la police », ponctue-t-il immédiatement.

Du côté italien, des sources préfectorales osent à peine se confier sur « un autre problème de grande envergure » : la mafia calabraise utiliserait désormais les migrants pour faire entrer en Europe des produits de contrefaçon et de la drogue pour nourrir un trafic gigantesque. Un policier italien nous fait savoir, à demi-mot : « Si vous contrôlez les migrants au départ de la Libye, vous aurez la surprise de découvrir d’importantes quantités de cocaïne. »

Là où la mafia fait office de passeur, les migrants redeviennent les proies les plus fragiles de Dae’ch en mal de f nancements et de combattants… ce qui fait craindre aux services français l’imminence d’un attentat, avec des djihadistes qui se seraient glissés, une fois encore, parmi les migrants. Tragique répétition de l’histoire.

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS