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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 23:09
Les mères de familles vont perdre certains avantages. (SEBASTIAN KAHNERT / AFP)
Les mères de familles vont perdre certains avantages. (SEBASTIAN KAHNERT / AFP)

Les familles de trois enfants ou plus seront particulièrement désavantagées par cette réforme, annonce l’Institut de la protection sociale.

La réforme des retraites pénaliserait-elle les femmes, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement ? Dans une note parue mardi 26 novembre, l’Institut de la Protection sociale (IPS), qui se présente comme un « laboratoire d’idées » composé d’experts-comptables, d’assureurs, d’avocats, ou encore de banquiers, affirme notamment que les mères de familles seront lourdement pénalisées par la réforme. D’importantes baisses de pension seraient ainsi à prévoir pour les familles avec enfants, et particulièrement les femmes.

Actuellement, pour compenser la réduction de la durée de cotisation des femmes qui se sont arrêtées de travailler pour élever des enfants, les salariées du privé bénéficient d’une majoration de 8 trimestres par enfant. A cela s’ajoute une compensation supplémentaire de 10 % pour les deux parents à partir du 3e enfant.

Le nouveau régime de retraite « universel » proposé par le haut-commissaire à la Réforme, Jean-Paul Delevoye, ces compensations par trimestre sont vouées à disparaître. A la place est prévue une majoration de 5 % par enfant à l’un des deux parents. « Pour les mères d’un et deux enfants ayant travaillé de nombreuses années, la pénalisation du nouveau système s’avère très importante et les nouvelles règles aboutissent à l’inverse des objectifs d’amélioration annoncés », met en garde Bruno Chrétien, le président de l’IPS, cité par « le Figaro ».

L’IPS l’explique notamment avec l’instauration d’un âge pivot à 64 ans au lieu d’un âge de départ à taux plein possible dès 62 ans actuellement, ces mères vont « perdent l’effet levier que leur apporte la majoration de durée d’assurance aux carrières pour lesquelles il manque 20 trimestres ou moins pour atteindre le taux plein », décrit le rapport. Ainsi, une femme gagnant 15 000 euros de salaire annuel et ayant cotisé 152 trimestres, la perte sera de 750 euros par an pour les mères d’un enfant, et de 1 633 euros pour les mères de deux enfants.

Ecarts de retraite annuelle pour les femmes ayant un ou deux enfants.
Ecarts de retraite annuelle pour les femmes ayant un ou deux enfants.

Grosse perte pour les familles de plus de trois enfants

Pour les familles de plus de trois enfants, « la perte des droits est d’une ampleur exceptionnelle », prévient par ailleurs l’IPS. Elles subissent une « double peine », puisqu’elles cumulent perte de la majoration de durée d’assurance et perte de la majoration à partir du 3e enfant, qui disparaît. A cela s’ajoute une décote de 10 % si le parent envisage de partir à la retraite à 62 ans, avant l’âge pivot prévu par la réforme.

Ecarts de retraite annuelle pour les femmes ayant trois enfants.
Ecarts de retraite annuelle pour les femmes ayant trois enfants.
Ecarts de retraite annuelle pour les hommes ayant trois enfants.
Ecarts de retraite annuelle pour les hommes ayant trois enfants.

« La perte sera ainsi de 18,66 % pour les parents de 3 enfants ayant cotisé trente-huit ans et de 24,65 % s’ils ont cotisé quarante-trois ans », conclut le rapport.

Les femmes seront les premières touchées par ces changements, décrit l’IPS : si elles ont une carrière hachée en raison de la naissance d’un ou plusieurs enfants, elles bénéficieront moins que les hommes de la revalorisation des carrières longues.

Le seul cas où la réforme pourra être avantageuse pour les mères (pour un gain assez léger) est lorsqu’elles auront validé trente ans de carrière. C’est par exemple le cas des femmes ayant eu 1 ou 2 enfants : « pour 15 000 euros de salaire annuel, le gain sera de 112 euros/an pour les mères d’un enfant. Il sera de 132 euros pour 2 enfants », écrit le rapport.

Ecarts de retraite annuelle pour les femmes ayant un ou deux enfants ayant validé trente ans de carrière.
Ecarts de retraite annuelle pour les femmes ayant un ou deux enfants ayant validé trente ans de carrière.

L’IPS regrette que cette réforme et ces changements pour les mères de familles interviennent au moment même où « les femmes ont augmenté de manière spectaculaire leur durée d’assurance ». « Le paradoxe de la réforme Delevoye est qu’elle va pénaliser les femmes alors que le système actuel leur devenait plus favorable », écrit-on.

Travailler jusqu’à 64 ans pour atteindre le taux d’équilibre

Car si, comme le souligne le rapport, le gouvernement met en avant « les 25 % de femmes “obligées de travailler jusqu’à l’âge du taux plein” », il « passe sous silence toutes les autres. Et majoritairement celles qui allaient liquider leur retraite à l’âge de 62 ans, sans décote grâce notamment aux majorations de durée d’assurance, et qui vont devoir attendre 64 ans pour atteindre le taux d’équilibre ».

Interrogée sur cette note de l’IPS mardi matin sur LCI, la députée LREM Marie Lebec remet en cause les simulations de l’organisme : « Est-ce qu’on peut laisser la réforme se construire avec les partenaires sociaux, plutôt que s’appuyer sur des analyses qui n’ont pas l’intégralité des mesures ? », a-t-elle demandé. Pour elle, la réforme va au contraire « privilégier les femmes » grâce à une « prise en compte dès le premier enfant ».

Réagissant lui aussi à cette note sur LCI, le porte-parole de la CGT du Val-de-Marne Benjamin Amar dénonce le « toupet » du gouvernement, « de nous dire que c’est une bonne réforme pour les femmes ». Il s’indigne notamment que cette réforme fasse le calcul des pensions, « toute la carrière, et donc nos moins bonnes années » là où le système actuel ne prend en compte que les 25 meilleures années. Un changement qui pénalisera selon lui les personnes ayant eu des carrières interrompues, et donc souvent les mères.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS