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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 17:19

L’affaire Mila déchaîne les passions en France. Une énième polémique qui pose la question de la place de l’islam en France. Malaise grandissant dans une France communautarisée ou psychose engendrée par un effet de loupe des réseaux sociaux? Fatiha Boudjahlat, militante féministe et laïque, revient sur l’affaire au micro de Sputnik.

«Je ne regrette absolument pas mes propos, c’était vraiment ma pensée», a déclaré Mila, sur le plateau de l’émission Quotidien, sur TMC, lundi 3 février. Après deux semaines de harcèlement et de menaces de mort, la lycéenne iséroise de 16 ans a été déscolarisée d’urgence. «On va te retrouver et t’égorger sale chienne», «va mourir sale pute lesbienne», «sale française», tels sont les mots très violents adressés à Mila.

​En réponse à une première vague d’insultes et de menaces proférées contre elle au nom de l’islam, Mila a en effet répliqué par une vidéo sur Instagram le 18 janvier, où elle a tenu des propos hostiles aux religions, particulièrement l’islam: «le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde.» Ce dernier passage, tronqué, sera abondamment relayé par les réseaux, suscitant des dizaines de milliers d’insultes et de menaces de mort à l’encontre de l’adolescente. Au-delà de ceux qui se sentent visés par son attaque contre la religion, la virulence de ses propos en a choqué plus d’un.

«Elle n’a pas à être dans l’analyse saine, elle est dans l’expression d’une opinion. Maintenant, il faut que tout ce qu’on dit soit sain et pertinent? réagit à notre micro Fatiha Boudjahlat. Elle a exprimé ce qu’elle pensait. Donc les petits c*** qui écrivent sur Zineb, comme quoi il faut la buter, les petits c*** qui sont fans de Booba, tous les autres qui critiquent Israël à longueur de temps, on leur demande à eux d’être dans la critique saine? […]
Il n’y a qu’avec l’islam que ça donne un scandale en France. Je réclame que l’islam soit traité comme les autres religions, et comme une religion comme une autre. Elle n’était pas dans la critique saine, elle dit qu’elle n’aime pas l’islam et elle a le droit. C’est une musulmane qui vous le dit, elle a le droit.»

Enseignante en histoire-géographie à Toulouse, cette militante laïque et féministe a publié l’essai Combattre le voilement (Éd. du Cerf). Elle a reçu en 2019 le prix spécial de la laïcité. Elle juge que cette affaire est extrêmement grave quant à son traitement politique:

«Ça révèle qu’en France, les politiques ont atteint un niveau de médiocrité intellectuelle. Ce ne sont pas des godillots, ce sont des semelles de godillots.»

Pour Fatiha Boudjahlat, l’affaire Mila et les déclarations polémiques qui ont suivi sont révélatrices:

«Je pense que c’est un jalon essentiel pour l’affaissement de la République. Les islamistes ont vu qu’ils n’avaient rien à faire grâce à la lâcheté, à la complicité et à l’obséquiosité des politiques et des journalistes. C’est une rupture de paradigme aussi grave que l’attentat de Charlie Hebdo. Rien à voir évidemment en termes de coût humain, mais dans ce que ça a révélé des politiques et de ce qu’ils étaient prêts à accepter.»

Fatiha Boudjahlat juge sévèrement la prégnance de la religion dans le débat public et le recul de l’un des fondements de la République, la laïcité:

«Le climat est en train de devenir religieux. Avant, il ne l’était pas. On est toujours en train de nous dire “Mon Dieu, on n’arrête pas de stigmatiser l’islam et les musulmans”», relève la militante, avant de poursuivre:
«Les musulmans sont considérés comme un peuple à part parce qu’on ne peut pas les vexer, ils sont trop fragiles. On est dans la dictature du “pas offenser”. Moi, j’offense et je réclame le droit d’offenser. Le climat en France doit être à la discussion, il ne doit pas être religieux. Nous sommes dans un État laïque.
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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS