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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 20:35

En réponse aux dérives identitaristes de la gauche américaine, une cinquantaine d’intellectuels essentiellement afro-américains sonnent la révolte. 

C’est le premier grand coup porté à la gauche racialiste américaine. Depuis les années 1970, ses représentants, universitaires et militants (les deux vont souvent de pair), ne ménagent pas leur peine pour imposer leurs représentations comme grille de lecture exclusive des phénomènes sociaux.

Si, depuis lors, leurs idées ont incontestablement progressé, allant jusqu’à irriguer le débat public en France, elles se heurtent aujourd’hui à la résistance d’un projet intellectuel ambitieux. 1776, en référence à la déclaration d’indépendance des États-Unis, est une réponse d’intellectuels essentiellement afro-américains à une initiative commune du New-York Times et de plusieurs historiens noirs, visant à réécrire l’histoire américaine à la lumière de l’esclavage. 

Une falsification de l’histoire

Tout commence au mois d’août 2019, lorsque le quotidien new-yorkais aux opinions très-avancées développe le projet 1619. Dans une édition spéciale de 100 pages, publiée à l’occasion des 400 ans de l’arrivée des esclaves africains en Amérique, le New York Times Magazine propose une relecture de la fondation des États-Unis « telle qu’elle s’est véritablement déroulée » — le ton est donné.

Cette vaste entreprise de rééducation idéologique, bouffie de repentance, entend faire de l’arrivée en bateau d’une vingtaine d’esclaves africains à Port Comfort en Virginie (Colonie britannique d’Amérique du Nord, NDLR), « le véritable acte de naissance de l’Amérique ».

Dans la classe politique et les cénacles académiques, le projet reçoit un accueil mitigé. De nombreux historiens s’émeuvent d’un détournement voire d’une falsification de l’histoire au nom de l’idéologie raciale. Toutefois, l’influence du Times est telle que ces observations critiques sont remisées à l’arrière-plan. Conçu à l’origine comme un projet médiatique interactif, composé de productions diverses (essais, poésies, photographies, articles...), 1619 se mue en une puissante machine à propagande.

Le journal noue ainsi une collaboration avec le très “inclusif” Pulitzer center pour porter ce projet dans les écoles, bibliothèques et musées ; plusieurs centaines de milliers d’exemplaires du magazine et un supplément spécial y ont été distribués gratuitement. Last but no least, l’initiatrice du projet Nikole Hannah-Jones, réalise une tournée nationale de conférences dans les écoles pour expliquer à son jeune public que « le racisme anti-noir se trouve dans l’ADN même de ce pays ». 

Pendant plusieurs mois, à grand renfort de matraquage publicitaire, 1619 impose son point de vue à la société américaine : l’histoire des États-Unis doit être exclusivement comprise comme une lutte des Blancs pour l’hégémonie et une dévalorisation systémique des noirs. Naturellement, quiconque récuse ce récit mythologique raciste passe pour blasphémateur. 

Projet contre projet

Devant la réécriture et la confiscation de l’histoire des États-Unis par des idéologues obnubilés par la question raciale, une cinquantaine d’intellectuels, essentiellement afro-américains, ont décidé de se soulever. En janvier 2020, Robert Woodson, figure chrétienne conservatrice et ancien conseiller de campagne George W. Bush lance le projet 1776 en réponse à 1619. Cette fois, les grands médias ne se pressent pour relayer cette initiative portée en partie par des historiens universitaires.

Loin d’eux l’idée de nier le passé esclavagiste des États-Unis, simplement, ils contestent l’idée selon laquelle l’asservissement des noirs constitue l’alpha et l'oméga de l’histoire du pays. Car pour parvenir à une telle conclusion, les promoteurs du projet 1619 ont eu recours à un grand nombre de sophismes et de falsifications.
Entre autres contre-vérités, l’on apprend ainsi que, de tout temps, les noirs Américains ont combattu seuls pour leur liberté, que la guerre de Sécession est sans lien avec la libération des esclaves ou encore que le maintien de l’esclavage est le principal moteur de la guerre d’indépendance – cette liste n’est pas exhaustive.

Les auteurs du contre-projet 1776 soutiennent a contrario que les inégalités structurelles qui persistent aux États-Unis résultent moins d’un problème de race que d’une logique de classes.

Aussi, sont-ils pour le moins hostiles à un mouvement comme Black Lives Matter et les concepts qu’il charrie : appropriation culturelle, privilège blanc, racisme institutionnel, fragilité blanche. Selon eux, cette grille de lecture ethnocentrée est une machine à créer du ressentiment et de la culpabilité, là où la solution se trouve dans la solidarité interraciale. 

Deux semaines après la mort de George Floyd et les émeutes raciales qui s’en sont ensuivies, la confrontation entre ces deux visions résonne avec une certaine acuité. Au fond, les États-Unis ont désormais le choix entre deux projets de société : le premier, pétri de “bonnes intentions” — donc de racisme compassionnel – considère les afro-américains comme un bloc monolithique d’individus, victimes par essence et mus par les mêmes aspirations.

Le second, refuse les assignations identitaires, croit au libre arbitre et défend une vision unitaire de la société. Entre le New York Times et l’universalisme, il faut choisir. 

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS