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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 23:35
L'approche du vote populaire consultatif sur la réforme constitutionnelle en Russie déclenche une vague hystérique assez étrange à l'étranger, qui dirige patiemment l'opposition russe.
 
Assez étrange, car la vie du pays ne va pas changer radicalement, parce que le texte constitutionnel aura ou non été modifié et les relations internationales n'en seront pas fondamentalement modifiées. Cela n'a rien de comparable avec le rattachement de la Crimée, par lequel la Russie a réellement affirmé sa souveraineté et bousculé l'agencement international.
Toutes proportions gardées, l'enjeu ici est surtout symbolique. Pourtant, l'on retrouve des financements américain, polonais et allemand, transitant par des organismes bancaires ukrainiens et redistribués en Russie par une ONG soutenant et formant l'opposition russe, fondée en 2012 par ... Koudrine, actuellement, sans aucun problème, à la tête de la Cour des comptes russe.
Une véritable campagne, et virtuelle, et dans la rue, financée et organisée  par l'intermédiaire de cette ONG, pour faire échouer et décrédibiliser le vote de la réforme constitutionnelle a été révélée. Un modèle d'ingérence sur le long terme, qui souligne surtout le degré d'implantation de ces forces subversives dans la vie publique russe, notamment au niveau local. 

 
Le 1er juillet, les Russes sont appelés à voter pour la réforme constitutionnelle, dont nous avons souvent parlé ici (voir par exemple). Si cette réforme présente un intérêt certain, puisqu'elle rappelle et affirme certains éléments de la souveraineté du pays et des valeurs traditionnelles qui font la Russie, il serait exagéré de dire que la face du pays en sera changée.
Ce ne sont pas uniquement les normes qui font évoluer la politique, mais la volonté politique des gouvernants, qui ne sont pas obligés d'affirmer constitutionnellement des mesures sociales pour les mettre en oeuvre au quotidien, ni de rappeler la supériorité de la Constitution sur les normes internationales pour la défendre.
En revanche, la validation populaire, si elle est massive, va "obliger" en quelque sorte les élites politiques à tenir compte de cette voix (et voie) populaire. Et il semble que ce soit exactement ce que les "amis étrangers" de la Russie veuillent empêcher.
 
Une fuite dans les réseaux sociaux a révélé l'ampleur du financement et de l'implication d'Etats étrangers au moment du vote de la réforme constitutionnelle, pourtant si prompts à dénoncer une ingérence russe dans les processus électoraux.
Une enquête journalistique fouillée a révélé que d'ici le 1er juillet est planifié l'apparition de vidéos incitant les gens à ne pas aller voter et discréditant la présidence Poutine, la publication de caricatures pour discréditer Poutine et la réforme constitutionnelle, des manifestations "spontanées" dans la rue, un groupe de "volontaires" observateurs devant publier "d'autres" résultats d'exit poll et "spontanément" inciter les gens à manifester le 1er au soir. 
 
La méthode est classique : l'on formate les esprits dans le monde virtuel, mais le pouvoir se prend et se défait dans le réel, donc il faut mettre des gens dans la rue. Ces informations ont été reprises par des médias systémiques, comme IzvestiaVesti ou 5 Kanal, ce qui leur donne du poids. 
 
Le schéma de financement est intéressant. L'on retrouve Open Russia de Khadorkovsky, qui finance à hauteur de 20 600 dollars par mois "l'Ecole de l'autoadministration locale", qui forme des députés d'opposition dans tout le pays (et qui a été fondée en 2012 par ... Alexeï Koudrine, selon les informations disponibles sur le site).
Cette "Ecole" est mise à contribution pour l'organisation sur le territoire russe de la campagne contre la réforme constitutionnelle et depuis au moins 2018, elle est financée par l'étranger. Elle touche régulièrement des fonds venant des Etats-Unis pour le financement des trainings de députés dans les régions ou de leur préparation aux élections. Et elle doit à cette occasion également diffuser les livrets de méthodes préparés en amonts. En ce qui concerne l'utilisation des fonds par cette "Ecole", c'est l'Open Russie (Khodorkovsky) qui les justifie devant NED (le programme du Département d'Etat américain pour ce qui est appelé l'aide à la démocratie).
 
 
Par exemple, en ce qui concerne l'organisation de manifestations à Moscou et d'un Congrès des députés indépendants de Moscou:
 
 
Le virement des fonds se fait de NED à Open Russie puis à cette "Ecole" par l'intermédiaire de la filiale ukrainienne d'Ukrsibbank, ensuite les fonds sont changés en roubles et redistribués.
 
En plus des Américains, des fonds sont également virés par la Pologne. Ainsi, en décembre 2019, cette "Ecole" a été financée pour organiser un stage de formation à Varsovie et à Gdansk d'un groupe de députés russes d'opposition, afin de les former aux "valeurs européennes". Imaginez que, tout à coup, la Russie finance des stages de formation de députés français, par exemple, aux valeurs traditionnelles. Ce serait en soi une bonne chose, mais l'indignation politico-médiatique serait de taille. Ici, rien, silence. 
 
La représentation en Russie de la fondation allemande Friedrich Naumann pour la liberté, fondée dans l'après-guerre pour soutenir les "politiques libérales", a également financé au sein de cette "Ecole" l'organisation de manifestations et la formation des "manifestants", cela avec les groupes de Navalny. C'est une certaine conception de la liberté ...
 
Comme nous l'avons dit, cette "Ecole de l'autoadministration locale", qui est en charge de la centralisation de la campagne médiatique et contestataire au moment du vote populaire pour la réforme constitutionnelle, a été fondée par Koudrine, actuellement à la tête de la Cour des comptes de Russie, donc parfaitement bien implanté dans les milieux de décideurs. Cette école a été cofondée par Ioulia Galiamina et la très active Natalia Chavchoukova, qui en 2018, ont été envoyées aux Etats-Unis suivre un stage de formation des leaders politiques, stage organisé par le Département d'Etat américain.
 
L'on peut se demander quels stages Koudrine, de son côté, a été amené à faire dans sa vie ... 
 
Cette Ecole est inquiétante, au-delà du vote populaire du 1er juillet. Car, selon ses informations officielles, en 2018, un quart de ses diplômés sont devenus ... députés. Et la formation des diplômés ne s'arrête pas une fois le diplôme en poche, c'est un véritable réseau souterrain qui se met en place. Une fois élus, l'Ecole participe à l'élaboration de la politique de la ville où ses pions sont implantés, elle continue à la préparer aux campagnes électorales, des séminaires continuent à être par ailleurs organisés avec eux et des partis d'opposition, comme Iabloko, ici dans la ville d'Orel:
 
 
C'est ce réseau qui est lancé contre la réforme constitutionnelle. L'importance qu'ils accordent à cet évènement, certes de taille, mais toute proportion gardée, qui ne changera la face ni du pays, ni des rapports de force internationaux, est également le signe de leur faiblesse.
Le monde global ne peut supporter qu'une voix rappelle la souveraineté des Etats, estime préserver les valeurs traditionnelles, même si par ailleurs beaucoup de concessions globalistes sont faites en Russie.
 
Il est à espérer que la mise en évidence du rejet de la possibilité de tout compromis avec le monde global, qui doit être pris dans sa totalité, fera réfléchir la Russie et qui, sait, peut-être finira-t-elle par revenir sur sa position Ô combien conciliante dans bien des domaines.
 
 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS