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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 19:26

FIGAROVOX/TRIBUNE - Aux États-Unis, la gauche radicale, les mouvements antifascistes et Black Lives Matter rassemblés autour de la communauté noire réécrivent l’histoire des relations entre Noirs américains et Juifs, accusant les juifs d’avoir pratiqué l’esclavagisme pendant des siècles, analyse le romancier Pierre Rehov.

Pierre Rehov est reporter, réalisateur de documentaires et romancier.

 

Ces dernières semaines, Twitter et Facebook sont envahis par un hashtag aux relents douteux: Jewish Privilege. Cette expression voudrait faire croire que les Juifs sont, en Amérique, un groupe privilégié.

Sont ajoutées des données statistiques manipulées mélangées à des calomnies: pourcentage de Juifs fréquentant les universités américaines comparativement à la taille de leur groupe, mythe selon lequel les Juifs dominent l’économie mondiale, leur présence disproportionnée à Hollywood dans les médias et dans les banques… En résumé: vilaine chanson, mais chanson connue.

La mort filmée de George Floyd a donné un coup de projecteur bienvenu à un mouvement antiraciste d’une ampleur jamais mesurée auparavant.

Très peu s’en offusquent. Haïr Israël, même si le fond politique ressemble davantage à la disparition du seul État juif - telle que revendiquée par les dirigeants du BDS - qu’à une lutte pour le partage des terres, tombe sous le sceau du politiquement correct.

 

Mais attention. Un train peut en cacher un autre. C’est au carrefour de ces bonnes intentions dont l’enfer est pavé et des dérives du même combat que doivent être dénoncées certaines nuances sordides et les tentatives de récupération d’un mouvement recommandable par des personnalités dont l’agenda avoué n’est pas la réconciliation mais la prise de pouvoir.

Black Lives Matter n’a pu s’empêcher d’insérer des propos virulents à l’encontre de l’Etat Juif.

En cela, quelques soient ses vertus, l’organisation Black Lives Matter, qui rejette le titre pourtant évident de mouvement politique car cela la contraindrait à accepter les critiques, connaît des dérives qui pourraient, à terme, remettre en question le fondement même de son combat.

Car à trop accabler de mensonges une minorité longuement opprimée pour se porter défenseur d’une autre tout autant tyrannisée, le mouvement serait en train de se pervertir.

Relatons simplement quelques faits. Dans le manifeste de 40.000 mots proclamant sa naissance, Black Lives Matter n’a pu s’empêcher d’insérer des propos virulents à l’encontre de l’État Juif, accusant Israël de commettre «un génocide» contre les Palestiniens et de pratiquer l’Apartheid. «Trop c’est trop» a aussitôt tweeté Peter Beinart, pourtant l’un des militants les plus acharnés contre la politique israélienne.

 «Black Lives Matter a tous les droits de critiquer Israël. Mais «génocide»? Apportez de la solidarité, pas de la stupidité».

 

Il y a quelques jours, le joueur de football noir DeSean Jackson a repris à son compte une fausse citation d’Hitler selon laquelle «Les Juifs blancs savent que les Noirs sont les vrais enfants d’Israël et pour empêcher les Américains de le savoir, ils feront chanter l’Amérique. Ils extorqueront l’Amérique. Leur plan, c’est la domination du monde.» Une telle affirmation, en France, aurait sans nul doute entrainé quelques poursuites judiciaires à son auteur. La France a ses propres problèmes dans ce domaine, qui font l’objet d’un autre débat.

Mais aux USA, où le politiquement correct bon teint interdit désormais d’émettre la moindre critique - pas même une plaisanterie - à l’encontre des Noirs, des Musulmans, des immigrés, des femmes et des minorités sexuelles, une telle expression est tout au plus considérée comme le résultat d’un manque de compréhension, d’une mauvaise information, d’un peu de naïveté ou des zones d’ombre d’internet et le site ESPN s’est même fendu d’un article qui, sous couvert de dénoncer les propos de Jackson, n’a fait que l’excuser tout en accusant les organisations juives de se montrer «trop sensibles à la diatribe de quelqu’un de mal informé sur la réalité de l’antisémitisme.»

Les statistiques démontrent qu’une agression sur deux dans l’État de New York vise les Juifs.

Difficile pourtant d’être mal informé, 75 ans après la libération des camps de la mort, quand les statistiques démontrent qu’une agression sur deux dans l’État de New York vise les Juifs, quand les synagogues doivent être gardées par des hommes armés, et quand, dans les Universités, au nom de la solidarité avec le «Peuple Palestinien», des étudiants Juifs doivent faire profil bas et ne surtout pas affirmer leur sympathie envers Israël, même s’ils sont partisans d’une solution à deux états, sous peine d’être exclus de diverses associations, d’être menacés et, parfois, battus ou maltraités.

Dans de nombreux cas, il leur suffit d’être Juifs, et donc suspectés de «sionisme» pour se voir interdire de participer aux réunions de Black Lives Matter, de la marche des femmes ou de LBGTQ.

Cette mentalité de caste bienpensante, caressée par la certitude d’appartenir sans nuances au camp du bien, se retrouve à tous les niveaux de la société américaine notamment du côté démocrate et l’on peut considérer comme troublant et significatif la démission de l’éditorialiste Barri Wess du New York Times, à la rédaction duquel elle reproche son tribalisme et son incapacité d’ouverture d’esprit, après avoir été traitée de Nazie (elle est Juive) et s’être fait rejeter plusieurs articles «trop factuels» sur le judaïsme ou le Moyen Orient.

Quand Ice Cube, figure emblématique du rap, s’affiche sur Twitter devant une fresque murale maculée de «memes» antisémites ( notamment une étoile de David entourant un cube noir, icône du mythe selon lequel les Juifs seraient responsables de l’esclavage ) peu interviennent, alors que le rappeur s’est déjà fait remarquer à de nombreuses reprises pour ses positions et ses textes antisémites.

Les Juifs sont considérés par les militants antiracistes comme des privilégié Blancs.

Lorsqu’il s’agit de racisme anti-noir, mis en lumière par les manifestations de Black Lives Matter, la réaction est sans équivoque: le racisme est mal et les racistes doivent être confrontés et battus. Nous sommes d’accord. Mais où est cette même justice lorsqu’ils s’agit des Juifs, considérés par les militants antiracistes comme des privilégiés blancs, race à laquelle, l’on s’en souvient, les Nazis leur interdisait d’appartenir?

Les Juifs ont, de tous temps, été menacés de remplacement par les courants religieux, politiques, voire philosophiques que leur culture a engendrés. Minorité opprimée s’il en est à travers les siècles, leur capacité de survie et de réussite, plutôt que de forcer l’admiration, n’a fait qu’alimenter les pires théories du complot.

Mais voici qu’un mouvement militant et souvent violent «Les Israélites Hébreux Noirs» affirme que leur identité leur a été volée car «le peuple sémite serait un peuple noir». C’est ce que l’animateur de télévision Nick Cannon s’est permis de certifier lors d’une interview récente. Invité à son émission, l’artiste Hip-Hop Professeur Griff s’est autorisé à ajouter sans que cela ne trouble grand-monde, que les «Juifs étaient mauvais, responsables de beaucoup de maux sur la planète» et que «Les Rothschild contrôlent les banques, et les sionistes contrôlent les faits».

Cela nous conduit au soutien croissant dont bénéficie le leader de «La Nation de l’Islam», Louis Farrakhan, malgré les tentatives de présenter ses opinions comme marginales. Un article dans «Forbes» va jusqu’à le décrire comme «un paratonnerre dans les relations entre Juifs et Noirs, pour sa longue histoire de commentaires antisémites que beaucoup de Juifs trouvent offensants».

Aux USA, 35% des Juifs déclarent avoir été victimes d’au moins une agression (physique ou verbale) au cours des cinq dernières années.

Seulement offensants?

Louis Farrakhan était un pur antisémite quand, en 1972, il affirmait que «les Juifs contrôlent les médias». En 1984 quand il a dit que «Hitler était un très grand homme». En 1995 quand il a lancé au cours d’un discours que «vous (les Juifs) êtes la synagogue de Satan, et vous avez enroulé vos tentacules autour du gouvernement américain, vous trompez et vous envoyez cette nation en enfer».

 Antisémite, il l’était encore et homophobe par la même occasion lorsqu’il aboya, en 2007, que c’étaient «les méchants Juifs qui font la promotion du lesbianisme et de l’homosexualité». Et le 4 juillet dernier, il s’exprimait avec la même haine en affirmant qu’il avait «exposé ce Juif satanique» et qu’il était ici pour «leur dire que leur temps était écoulé, que leur monde était fini». Entre-temps, il s’était également permis de traiter les Juifs de «termites».

[...]

Comment alors comprendre cet antisémitisme quasi contre nature d’une frange de la communauté noire? Les minorités opprimées ne devraient-elles pas se souder entre elles?

Cette notion nouvelle de «privilège des Juifs blancs» s’inscrit dans un état d’esprit qui voit le monde divisé en deux groupes: les Blancs très méchants et les gentils gens de couleur, victimes des Blancs.

Les manifestants BLM ont fait une comparaison entre Black Lives Matter et la situation dite critique des Arabes de Palestine.

À l’aune de cette formulation, les Juifs américains sont inclus dans toute indignation contre le racisme tandis que les Juifs israéliens entrent dans la catégorie des oppresseurs du Tiers-Monde.

On en arrive à des aberrations telles que, par exemple, les homosexuels n’accordant aucun crédit à Israël ( qu’ils accusent de «Pink Washing» ) pour son libéralisme à l’égard des minorités sexuelles, sans jamais condamner le traitement qu’ils subissent en Iran, à Gaza ou ailleurs en terre d’Islam. Une Linda Sarsour s’autorise à promouvoir le droit des femmes qui, selon elle, est bafoué dans la communauté juive et en Israël, mais trouve toutes les excuses aux crimes d’honneur inscrits dans une culture à laquelle elle appartient.

Le 1er juillet, Black Lives Matter n’a pas manqué d’associer son action à la «journée de rage» promue par l’OLP, le Fatah et le Hamas. Les manifestants ont fait une comparaison entre Black Lives Matter et la situation dite critique des Arabes de Palestine.

Certains ont pu s’en réjouir, puisqu’il s’agissait, en apparence, de mettre en avant les causes communes de minorités opprimées. Mais à la lumière de leur prisme, sur cette planète, seuls deux peuples seraient encore opprimés. Les Palestiniens et les Noirs Américains. Leurs tortionnaires sont toujours les mêmes: les mâles blancs capitalistes et impérialistes.

Seulement, tandis qu’à San Diego, les manifestants s’attaquaient à des bâtiments de la communauté juive sans lien avec Israël, à Washington, on criait «Israël, nous te connaissons, tu assassines aussi des enfants» C’est une diffamation, car l’assassinat est le résultat d’une volonté de tuer et non celui de dégâts collatéraux tels que ceux provoqués et exploités par les organisations terroristes.
Et puis, quel rapport, vraiment, entre une guerre territoriale et le racisme ponctuel dont souffrent les Noirs dans certains états américains? Edith Garwood prétend apporter la réponse dans un rapport remis à Amnesty International affirmant, sans donner de chiffres, que les «policiers tueurs de Noirs» sont formés en Israël. Elle oublie de préciser que seul un tout petit nombre de représentants de l’ordre bénéficie d’une formation en contre-terrorisme dans un pays qui fait face à cette menace depuis des décennies.

Linda Sarsour ignore peut-être qu’en associant par le mensonge le sort des Arabes de Palestine à celui des minorités noires, elle ne rend service à personne. Tant il est vrai que les excès d’une révolution sont toujours les meilleurs arguments de la contre-révolution.

Quant aux Juifs, leur sens de l’humour leur a permis d’exprimer les changements de situation qu’ils subissent au cours des siècles, tous pays confondus, par le contenu d’un télégramme imaginaire d’un leader aux membres de sa congrégation: «Commencez à vous inquiéter. Les détails suivront»

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS