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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 20:36

C’était ce mardi 21 juillet à 5 h 33 du matin, Emmanuel Macron jubilait sur Twitter : « Jour historique pour l’Europe ! » Je lui ai répondu directement : « Jour tragique pour la France ! » Je vais tâcher d’expliquer pourquoi.

Le Conseil européen qui avait débuté le 17 juillet venait de se terminer, plus de deux jours après la date prévue, avec un accord. Le soir même, Emmanuel Macron continuait son satisfecit au 20 h de TF1 en affirmant que « c’est le moment le plus important de l’Europe depuis la création de l’euro ». Quand on connaît le succès de l’euro pour l’économie française, c’est déjà osé !

Tous les grands médias français exultaient et allaient dans le même sens que le président de la République : c’était une journée historique pour l’UE, et l’accord était inédit et exceptionnel. Le compte Twitter de l’Élysée y allait aussi de sa propagande : grâce à ce plan de relance de l’UE, le plan français comptera 40 milliards d’euros de plus.

À écouter tout ce petit monde, les 40 milliards d’euros seraient de l’argent gratuit donné à la France par la généreuse UE. Il n’en est rien. C’est vite oublier que l’Union européenne ne produit rien et que tout l’argent qu’elle brasse vient des États membres.

L’astuce consiste à dire que les États membres ne vont pas payer puisque ce plan sera basé sur des ressources dites « propres » et sur un grand emprunt de l’UE. Mais cette communication de façade ne résiste pas à l’étude des faits. Les ressources « propres » ne sont rien d’autre que des taxes européennes collectées par les États membres. Cela revient en fait à siphonner la base fiscale des États en colorant le tout du drapeau bleu aux étoiles d’or.

Cette manipulation comptable a d’ailleurs déjà eu lieu en 2010 lorsque les droits de douane et les taxes sur le sucre sont devenus une ressource propre de l’UE. Cela permet de faire baisser artificiellement la contribution des pays à l’UE et son coût direct. Pour ce qui est d’un emprunt européen, là aussi, l’enfumage est total. Cet emprunt repose en réalité sur la garantie des différents pays. Le risque est donc porté par les pays et non pas par l’UE.

Entrons maintenant dans le détail de ce plan de 750 milliards d’euros, baptisé « Next Generation EU » : comment est-il structuré, qui paie et qui reçoit cet argent ?

Au niveau de la structure, il se décompose en deux volets : des prêts aux pays pour 360 milliards d’euros, et des « subventions » pour 390 milliards d’euros. La base de négociation était sur des « subventions » pour 500 milliards d’euros. Il est heureux pour la France que cette base ait été réduite, mais il faut savoir qu’Emmanuel Macron militait pourtant ardemment en faveur des 500 milliards d’euros, c’est-à-dire contre les intérêts de la France, comme nous allons le voir.

Les prêts devront être remboursés par les pays qui les contractent. Ce n’est donc pas de l’argent gratuit. Ces prêts sont en revanche garantis par les États membres. La France garantira environ 20 % de ces prêts mais n’en verra pas un seul centime (c’est aussi le cas de l’Allemagne). Par conséquent, nous garantirons pour 72 milliards d’euros de prêts vers des pays qui pourront faire potentiellement défaut.

Le volet des « subventions » est celui qui rend le plus dithyrambiques nos chers médias. À les écouter, nous avons l’impression qu’il s’agit d’un argent magique et ils listent à l’envi les milliards d’euros que recevront les pays, dont les 40 milliards d’euros pour la France.

Il faut ensuite regarder qui paie, car, comme je l’ai expliqué, ce sont les pays qui vont rembourser ce plan. Cette partie est totalement et étrangement absente des médias. Il ne faudrait tout de même pas commettre le sacrilège de critiquer l’UE et les talents de négociateur d’Emmanuel Macron.
Eh bien, sur les 390 milliards d’euros de subventions, la France va payer a minima sa quote-part au budget de l’UE (20 %), soit donc 78 milliards d’euros ! Dans son édition du 17 juin, le Canard enchaîné portait même l’estimation jusqu’à 28 % des subventions payées par la France, ce qui donnerait un montant de 109 milliards d’euros.

C’est donc une escroquerie sans nom, puisque la France va subir avec ce plan une perte sèche nette comprise entre 38 et 69 milliards d’euros ! Cela représente la construction de 1 725 hôpitaux par an ! Et ces engagements financiers tiennent jusqu’en 2058…

Dans ces conditions, comment Emmanuel Macron ose-t-il mentir sans vergogne au 20 h de TF1 en affirmant que « ce n’est pas le contribuable français qui le paiera ». La veille au soir, comme l’a révélé l’AFP, il affirmait pourtant aux Vingt-sept, afin d’obtenir leur accord et les mettre face à leur « égoïsme », que la France et l’Allemagne allaient « payer ce plan ». Comme souvent, il y a un discours à Bruxelles et un discours à Paris.

Cette perte financière n’est d’ailleurs pas le seul problème de cette opération. Il y en a deux autres beaucoup moins visibles :

- La France n’aura même pas la libre utilisation des fonds puisque c’est l’UE qui décide de l’emploi. C’est comme si vous donniez à quelqu’un 110 euros, qu’il vous en rendait 40 et qu’en plus il exige de votre part que vous achetiez des haricots verts, du vin rouge et du poulet alors que vous auriez aimé acheter du riz, du vin blanc et du poisson. Vous devriez en plus lui dire merci. Le fonctionnement de ce plan, c’est exactement cela.

- Le rapport du Conseil européen explique que « les plans pour la reprise et la résilience sont évalués par la Commission dans les deux mois » et doivent être cohérents avec « les recommandations par pays » de la Commission. Il précise également que « l’évaluation positive des demandes de paiement sera subordonnée au respect satisfaisant des objectifs intermédiaires et finaux correspondants ».

La mise sous tutelle s’aggrave. Dans le cadre de l’UE et de l’euro, par le biais des grandes orientations des politiques économiques, la Commission européenne donnait déjà les grandes lignes de ce que devait être la politique économique et sociale d’un pays.

Le pays devait en tenir compte pour construire son budget qui était ensuite examiné et retoqué en cas de non-conformité. Cela fait penser à l’élève donnant sa copie au maître qui la corrige. Désormais, c’est plus simple, la Commission vous donnera directement la copie clés en main jusqu’en 2023. Nous allons donc acheter nos menottes (et celles des voisins de cellule) pour se les mettre tranquillement autour des poignets.

C’est d’autant plus absurde que c’est inutile puisque la France emprunte à des taux négatifs (— 0,16 % pour l’obligation à dix ans). Cela veut donc dire que, si nous avions fait un emprunt national de 109 milliards d’euros à dix ans, nous aurions eu 109 milliards d’euros à utiliser comme bon nous semble, au lieu de seulement 40 milliards d’euros, et nous aurions même gagné de l’argent puisque les taux sont négatifs.

On voit donc que cet accord de plan de relance célébré par Emmanuel Macron et tous les grands médias est absolument catastrophique pour la France ! Aucun chef d’entreprise digne de ce nom ne signerait ce genre d’accord. C’est même pire que cela puisque notre locataire de l’Élysée incompétent et bouffi d’idéologie a non seulement signé cet accord mais est celui qui a le plus poussé en sa faveur et est le seul à avoir sacrifié totalement ses intérêts nationaux.

Cette irresponsabilité criminelle se reflète notamment dans le budget de l’UE qui se négociait en même temps que le plan de relance.

La résistance des quatre frugaux (Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark), parfois appuyés par la Finlande, a permis de réduire le montant global des subventions et donc la facture pour la France. Néanmoins, leurs demandes ne se sont pas arrêtées ici et ont eu des effets très concrets sur le budget 2021-2027 de l’UE.

Alors qu’Emmanuel Macron se vantait d’avoir sécurisé la politique agricole commune, rare fonds dans lequel la France est le bénéficiaire numéro un, celle-ci va baisser de près de 18 % par rapport au dernier budget (408 milliards d’euros en 2014-2020 contre 336 milliards d’euros en 2021-2027).

Emmanuel Macron prétendait mettre fin aux rabais à la contribution budgétaire dont bénéficiaient les frugaux et l’Allemagne. Non seulement, ces rabais n’ont pas diminué mais ils ont augmenté massivement. Ces rabais seront payés majoritairement par la France : 4 milliards par an de rabais pour l’Allemagne, 2 milliards pour les Pays-Bas, 1 milliard pour la Suède, etc.

Avec le départ du Royaume-Uni, un budget en hausse de 12 % (de 960 à 1 074 milliards d’euros) et le paiement de rabais supplémentaires, la contribution nette de la France au budget de l’UE va exploser pour approcher les 15 milliards d’euros par an !

Notons également qu’il est assez cocasse que dans le cadre d’un plan de relance contre le covid-19, le programme de santé qui devait être de 9 milliards d’euros ait complètement disparu.

Si l’on sort des effets d’annonce et que l’on analyse froidement cet accord du plan de relance, c’est un suicide financier de la France au nom de l’UE. Présenter cet accord comme un succès pour la France, c’est comme nous expliquer que la bataille de Waterloo est une immense victoire de la France.

Emmanuel Macron a montré toute son idéologie et son incompétence puisqu’il est à nouveau celui qui a le moins défendu son pays. En démocratie, le rôle numéro un du chef d’État est de défendre son peuple qui l’a élu, pas de sacrifier ses intérêts pour les autres. On pourrait en rire tant le locataire de l’Élysée est ridicule à se vanter d’un échec cuisant.

Néanmoins, il n’y a pas de quoi rire car la facture va être salée. Le total de cet accord s’élève à une facture en pure perte de 174 milliards d’euros. C’est 36 % du budget annuel de l’État. Je pense sincèrement que nous avons un besoin urgent de cet argent en France pour revaloriser nos soignants, réindustrialiser la France, investir dans les technologies de demain et obtenir une souveraineté numérique, etc.

Est-ce que les Français sont seulement d’accord pour se saigner au profit des autres pays dans un système de l’UE et de l’euro qui détruit son économie ? Même l’Allemagne, qui bénéficie massivement du système et a intérêt à sa survie, n’a pas lâché son rabais. La France de l’incompétent Macron, seul pays à ne pas défendre ses intérêts nationaux, est décidément le pigeon de l’UE.

Plutôt qu’une « Next Generation EU » coûteuse et antidémocratique, il est grand temps d’avoir une « Génération Frexit » pour une France prospère, libre et indépendante !

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS