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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 16:58

Pour la première fois, des militants écologistes s'en prennent frontalement à une communauté catholique, à Saint-Pierre-de-Colombier, petit village de l'Ardèche.

Le lundi 15 juin au matin, à Saint-Pierre-de-Colombier, petit village de 400 âmes niché dans les monts d'Ardèche, un escadron de gendarmerie mobile est déployé sur une passerelle en construction. Une dizaine de militants, entravés dans des tubes en PVC fournis par l'association Extinction Rebellion, sont décrochés les uns après les autres.

Au total près de soixante activistes d'ultra-gauche ont squatté les lieux pendant 48h et, si les propriétaires ont gracieusement nettoyé le site, le maître d'œuvre a porté plainte pour 30000 euros de dommages et dégradations. La partie est loin d'être terminée ; une trêve a bien été signée le lendemain sous les auspices de la préfecture de Privas mais les travaux reprendront début octobre.

Quelle horrible pollution a bien pu exciter les zadistes ? Ils ne sont pourtant pas venus bloquer les avancées d'un nouveau champ d'éoliennes ou d'OGM. Saint-Pierre-de-Colombier n'est pas le cœur d'un centre d'enfouissement nucléaire ni une décharge sauvage ni un aéroport ou encore un McDo mais la maison-mère d'une communauté catholique et romaine de plus de 70 ans. « La famille missionnaire Notre-Dame », institution de vie consacrée de droit diocésain, est reconnue comme congrégation par décret, sur avis conforme du Conseil d'Etat, depuis 2008.

Tout commence en réalité après la Libération. Les hommes étant rentrés sains et saufs de la deuxième guerre mondiale, les femmes du village, membres de l'action catholique féminine, remercient la Vierge et érigent sur les hauteurs de Saint-Pierre une grande statue en son honneur, vite appelée « Notre-Dame des Neiges ».
Une communauté se forme autour du curé et dans les années 1990, la petite église du village devient trop étroite pour les pèlerins. Lesquels s'entassent dans des salles polyvalentes où la messe est diffusée sur écran en attendant mieux.

Après une première tentative infructueuse en 2014, l'acquisition providentielle d'un terrain constructible en léger surplomb du village auprès de Jacques Alexandre, conseiller général et municipal de Saint-Pierre, permet au père Bernard, supérieur de la communauté, d'envisager son développement. Elle compte aujourd'hui près de 150 membres et ses infrastructures sont vieillissantes.

Un évêché réticent

Trop ambitieuse famille missionnaire ? La maquette de la future église, révélée au public en 2016, prévoit deux flèches dont une culminant à cinquante mètres de hauteur et une nef de plus de vingt mètres de haut. La congrégation religieuse obtient néanmoins en décembre 2018 le permis de construire et les autorisations environnementales de la préfecture. Aucun recours n'étant déposé, le chantier commence début mai 2019 pour une durée de sept ans et un budget d'environ 17 millions d’euros. Tout semble aller pour le mieux.

Le style du futur sanctuaire, à la fois moderne et classique, a reçu l'aval de l'architecte des bâtiments de France et la préfecture pousse le projet, espérant désenclaver un village sinistré économiquement. Mais, première difficulté, l'évêché est réticent car son clergé diocésain estime que la communauté a « du mal à entrer dans la pastorale paroissiale (...) alors que le diocèse manque de prêtres ». La communauté dépend canoniquement de Rome et jouit d'une autonomie financière et administrative dont sont privés les derniers curés de campagne, souvent plus âgés.

La correspondance entre la communauté et le conseil presbytéral, que nous avons pu consulter, est électrique. Pour Mgr Jean-Louis Balsa, évêque de Viviers, il n'est évidemment pas question de sanctuaire ou de basilique mais au mieux d'une simple église. Si son évêque a donné son accord début 2019 pour la partie accueil des pèlerins, le père Bernard préfère désormais parler d'une « chapelle » à construire, ce qui lui permettra de se passer d'une autorisation épiscopale qui tarde encore à venir pour une église.

La famille missionnaire Notre-Dame n'est certes pas dans la tendance progressiste de l'Eglise de France mais elle est très loin d'être « intégriste » ou « traditionaliste » comme ses opposants se plaisent à le raconter aux journalistes. La messe est dite en français et le concile de Vatican II y est strictement appliqué, de même que le missel Paul VI de 1969. Il est vrai que les frères sont en tenue de religieux et les sœurs en tenue de religieuse, ce qui pourrait gêner les derniers soixante-huitards de Golias ou de Témoignage chrétien. Soucieuse de ne pas rester en première ligne, la communauté a favorisé un collectif laïc de soutien au futur sanctuaire, « Pour notre vallée, la Bourge ».

L'extrême gauche en embuscade

Dans le village, les velléités d'agrandissement de la congrégation sont connues depuis les origines et sont soutenues par le maire, Gérard Fargier, réélu sans discontinuer depuis 20 ans. Mais, comme tout village gaulois qui se respecte, un voisin athée et militant a fait de son opposition à l'église le projet de sa vie. Battu très nettement aux municipales de mars, Romain Calichon mène son combat dans la presse, inquiet de voir son village tomber sous la coupe de la religion. « Un village sous la coupe de Dieu », s'alarme Charlie Hebdo dès 2019, qui croit percevoir des pratiques intégristes dans la « projection de films religieux à domicile »… Radio France, Le Monde, France Télévisions, Libération prennent le relai.

Le Vivarais est une terre où l'athéisme a pu prospérer et la lutte contre les congrégations ravive de vieux souvenirs. Les "ami.e.s de la Bourges" démentent les soupçons d'anticléricalisme mais une pétition relayée sur leur page Facebook sous forme de communiqué de presse en date du 19 juin 2020 laisse peu de place aux doutes. Elle est signée entre autres par la "fédération ardéchoise et drômoise de la Libre Pensée", la "fédération des Oeuvres Laïques de l'Ardèche", le MRAP 07, la CGT Aubenas, la CNT 07, la FSU 07 et 26, LFI 07 et 26, les "Gilets jaunes Sud Ardèche", le PCF de Privas, la section PS d'Aubenas, la fédération anarchiste, l'Union communiste libertaire 07...

Plus de rouge et de noir que de vert même si la Confédération Paysanne a aussi adressé un courrier au Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez. La députée européenne (EELV) Michèle Rivasi et François Jacquard, conseiller régional communiste ont été reçus par la préfète du département, Françoise Souliman, dès le 16 juin. Face à la mobilisation, cette dernière a demandé une enquête environnementale et a sollicité l'aide de la nouvelle ministre de la transition écologique, Barbara Pompili.

Certes le parc naturel régional des Monts d'Ardèche a exprimé des réticences mais les motivations écologiques peuvent prêter à sourires. 80% du terrain va rester naturel et l'enfouissement de la ligne ERDF est prévue. Sylvain Herenguel, ex-conseiller municipal dans un village voisin, fait office de porte-parole du collectif "les ami.e.s de la bourge" décrit la vallée comme « un corridor biologique » car le très rare "crapaud sonneur à ventre jaune" aurait été vu par des riverains et nécessiterait donc un "crapauduc".  Pourquoi pas ? "Des crapauds, pas des curés" scandent toutefois les ami.e.s de la Bourge sur leurs pancartes.

Et les militants rouge-verts n'ont rien dit quand les travaux pour une centrale hydroélectrique de 250kw/h ont commencé à Burzet, en amont de la Bourge. Il faut dire que la passe à poisson y est certes en béton mais a le mérite d'être laïque.

De même, on n'a encore pas vu d'élus écologistes se battre contre une mosquée des frères musulmans de 4000 mètres carrés à Décines, en banlieue lyonnaise, deux fois plus grande que la future chapelle de Saint-Pierre.

Derrière la vitrine écologiste se tient en réalité un militant antifa résidant en Ardèche, Nicolas Lange. Il a mobilisé la nébuleuse black bloc pour faire le coup de poing du 13 juin et menace les entrepreneurs par courrier.

Un voisin laïcard pour le poste avancé, un écolo modéré pour alerter les médias et un zadiste pour faire peur à la préfecture : tous les ingrédients sont réunis pour faire de Saint-Pierre-de-Colombier un nouveau champ de bataille politique.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS