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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 11:25

Dans son nouvel essai, l’écrivaine Léonora Miano, née au Cameroun, imagine un nouveau monde pour les enfants nés de la relation entre l’Afrique et l’Europe : Afropéens, ils ne seraient plus renvoyés à une vision racialisée mais reconnus pour ce qu’ils sont, dans leur vécu et leur culture. Une utopie «post-raciste» où la France reconnaîtrait enfin sa véritable identité multiple.

L’écrivaine Léonora Miano le dénomme Afropea, titre de son nouvel essai (éd. Grasset). Quittant les rivages de la fiction (la Saison de l’ombre ou Rouge impératrice), elle dessine une utopie où les individus ne seraient plus définis et enfermés par la couleur de leur peau.

Ces Afropéens, dont elle ne fait pas partie – elle est née au Cameroun -, pourraient enfin vivre leurs parts européennes et africaines. Sans renoncer à l’une ou à l’autre. Sans être victimes de racisme. «L’identité n’est pas dans la couleur, elle est dans la culture et dans le vécu», écrit-elle.

Sortir d’une vision racialisée de la société, valoriser les enfants nés de la relation avec l’Afrique, tels seraient les fondements d’Afropea. Qui est aussi une autre proposition sur l’identité de la France…  […]

Libération

Présentation de l’éditeur :

Léonora Miano n’est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe.
Marquée par l’Afrique subsaharienne, la sensibilité de l’auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l’identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens.
La France identifie à l’Afrique tous ses citoyens d’ascendance subsaharienne, privilégiant les natifs de ce continent. Cela ne favorise pas l’ancrage des Afropéens dans leur pays, leur capacité à se sentir responsables de son destin.
Pourtant, ceux qui se sont donné un nom – Afropéens – dans lequel Afrique et Europe fusionnent, s’ils sont fidèles aux implications de cette association plus qu’à leur amertume, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et anti-raciste.

Dans une France en proie aux crispations identitaires, la perspective afropéenne apparaît encore comme une utopie. De part et d’autre, la tentation du rejet est puissante.

Grasset

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS