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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 02:30

Le chômage touche près de 5 millions de personnes en Espagne.

50% des jeunes espagnols sont au chômage ! BFMTV n’a pas manqué de le souligner, la situation est socialement explosive… En filigrane, regardez ce qui nous attend en France. Les Indignés ont déserté la Puerta del Sol, ils cherchent leur place en politique. Les Espagnols ne sont donc plus dans la rue… Cherchez l’erreur. Sans doute est-elle dans les chiffres et à coup sûr dans leur interprétation.


Les statistiques du chômage sont un vaste galimatias. Selon que l’on compte les chômeurs de catégorie 1, 2 ou plus, ceux qui sont rayés des listes ou ceux qui sont en temps partiel, les chiffres virent et voltent et passent du simple au double. C’est encore peu de choses par rapport au chômage des jeunes… A quel âge finit-on d’être jeune ? Faut-il compter les étudiants ?


Car 50% de chômage chez les jeunes ne veut certes pas dire 50% d’une classe d’âge. Si l’on prend en compte les étudiants alors le chômage des jeunes en Espagne est peu ou prou le même que celui de l’ensemble de la population active. Conclusion frappante : quand on fait des études on a moins de chance de se retrouver au chômage.


La France quant a elle compte 27% de jeunes chômeurs en excluant les étudiants, soit moitié moins que les 50% de l’Espagne me direz-vous. Dommage, vous avez oublié l’économie parallèle ibérique. Le travail au noir fait recette… sauf pour les impôts espagnols. C’est entre 20 et 30% de l’économie qui leur échappe. Au moins 250Mds€ oubliés du PIB. Chômeur ne veut pas dire inactif en-deçà des Pyrénées. Autre chose : en France, nous sommes les champions du monde de la longueur des études… encore un biais.


Ajoutez qu’avec la crise les jeunes poussent leurs études plus longtemps ou bien partent en Allemagne chercher du travail et vous ferez augmenter les taux de chômage bien plus que le nombre réel de jeunes chômeurs sur les listes.

Bref ne cherchez pas plus de vérité dans les chiffres du chômage que dans le marc de votre café.

Oublions donc ces chiffres un instant. Faisons un constat beaucoup plus simple, les jeunes sont mobiles : géographiquement, socialement, sectoriellement… En Espagne comme ailleurs les jeunes bougent. Pas seulement vers l’Allemagne. L’assurance chômage suédoise conseille par exemple à ses jeunes d’aller chercher des boulots d’été en Grèce.


La crise pousse aussi jeunes et moins jeunes à se reconvertir. Pour eux une révolution est marche. Harvard, Princeton, le MIT –les cadors de la Ivy league américaine- investissent des millions d’euros pour proposer des formations certifiantes, gratuites et en ligne. Vous avez un bac+5 en biologie et vous êtes serveur parce que la filière est complètement bouchée ? Avec un ordinateur et de la volonté vous pouvez aujourd’hui suivre un cours d’Harvard et changer de métier. Alors oui cela veut dire apprendre l’anglais, travailler dur et sans doute se déraciner.


Mais si, pour une fois, l’on omettait de se plaindre de la fuite des jeunes diplômés et de l’augmentation du chômage des autres, peut-être verrions-nous que la crise est en train de construire l’Europe des peuples bien plus que 50 ans de politique européenne. Sans doute verrions-nous aussi que la crise est en train de réformer l’enseignement supérieur et le marché du travail comme aucune politique n’a réussi à le faire… là encore depuis 50 ans.


Plus généralement, si l’on regardait au-delà du mur de la dette, si l’on passait une tête en dehors des sentiers battus par des politiques usées peut-être verrions-nous les perspectives d’un avenir meilleur.


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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage