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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 03:32

serrer-la-ceintureSelon un récent sondage, une majorité écrasante des Français plaide pour une réduction de la dépense publique. Voilà qui peut surprendre seulement quelques mois après avoir voté pour le candidat socialiste à la présidentielle.

Par Georges Kaplan.

Une étude réalisée le 13 novembre 2012 par Toluna Quicksurveys pour EconomieMatin.fr dévoile deux informations tout à fait surprenantes. Primo, pas moins de 85% des français interrogés pensent que « trop d’impôt tue l’impôt » et 72% d’entre eux estiment que les hausses d’impôts annoncées ces dernières semaines entraineront une augmentation de la fraude fiscale l’année prochaine. Par ailleurs, 86,5% des personnes interrogées pensent que « le problème n’est pas d’augmenter les impôts, mais de réduire les dépenses de l’État. »

Nous ne tomberons pas, chers amis, dans le travers ridicule qui consiste à croire – ou à faire semblant de croire – que la réalité se décide à la majorité ; ce n’est pas parce qu’une majorité de français pense quelque chose que c’est vrai ; ça ne signifie d’ailleurs pas non plus que c’est faux. Les seules conclusions que nous pouvons tirer de cette enquête sont les suivantes : d’une part, une majorité écrasante de nos compatriotes estiment qu’il existe un seuil au-delà duquel augmenter les impôts n’augmente pas le produit fiscal et il semble qu’une proportion considérable d’entre eux estime que ce point est déjà atteint [1]. D’autre part, une majorité écrasante de nos compatriotes plaide, sans aucune ambigüité, pour une réduction de la dépense publique [2].

Et voilà donc que les électeurs français, ces mêmes électeurs qui, il y a quelques mois, ont mis au pouvoir des hommes politiques qui promettaient explicitement plus d’impôts et de dépense publique, nous expliquent qu’ils souhaitent une réduction de la dépense publique et qu’ils ne croient pas qu’une des hausses des prélèvements obligatoires soit encore possible. On aura beau pinailler sur la représentativité de ce panel, sur le taux d’abstention des dernières élections ou sur les détails du programme du parti pseudo-socialiste, les faits sont là : il semble que du point de vue de la dépense publique et de l’impôt, l’opinion de nos compatriotes soit radicalement opposée à ce qu’a exprimé leur vote.

Comment en arrive-t-on là ?

Primo, il n’existe pas, dans notre pays d’alternative politique. Nous avons aujourd’hui le choix entre un parti pseudo-socialiste – qui est en réalité un parti social-démocrate progressiste - qui ne jure que par la dépense publique, l’impôt redistributif et l’inflation législative et un parti dit de droite républicaine - qui n’est rien d’autre qu’un parti social-démocrate conservateur – qui n’a jamais rien fait d’autre qu’augmenter la dépense publique, accroître le fardeau fiscal qui pèse sur nous tous et couvrir notre pays d’un étroit maillage de petites règles aussi compliquées que liberticides.

Le reste de l’échiquier politique se partage entre un centre moribond et des extrêmes à qui la crise a donné l’occasion de révéler leur véritable nature socialiste et autoritaire. En somme, la formation politique qui propose de réduire sensiblement la dépense publique et de ramener notre taux de fiscalisation dans des proportions raisonnables n’existe tout simplement pas [3].

Deuxio, et c’est peut être encore plus grave, je crains fort que nos concitoyens ne votent déjà plus depuis longtemps dans le sens d’une quelconque définition de l’intérêt général. Derrière les beaux discours, les appels à la « justice sociale » ou à la « grandeur de la France », se cache une réalité infiniment plus pragmatique : nous ne votons plus que pour le candidat qui nous promet de servir nos intérêts.

En tant que peuple, nous avons intégré l’irréversibilité de l’emprise de l’État sur nos vies ; la seule question qui se pose désormais est de savoir comment en sortir gagnant ou moins perdant que les autres. Une majorité de français pense qu’il faut réduire la dépense publique mais personne ne croit que ce soit possible ; alors ils votent pour ceux qui feront en sorte qu’ils bénéficient des largesses publiques. Une majorité de français pense que la pression fiscale n’est plus soutenable mais tous s’accordent à dire qu’elle est irréversible ; alors on essaye de réduire sa propre facture aux dépens des autres.

Voilà je crois, au-delà des grands discours et des théories, le sentiment le plus largement partagé de France : nous n’y pouvons rien alors autant s’adapter. Nous sommes un peuple qui a appris à courber l’échine.

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Sur le web.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie