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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 02:34

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Poursuivant sans désemparer, et proche de mener à bien l’admirable projet, lancé par son lointain prédécesseur Serge Tchuruk, d’une grande entreprise multinationale sans usines, Michel Combes, actuel PDG d’Alcatel-Lucent, rendait public avant-hier son plan « Shift » de redressement, sixième du genre en sept ans, qui prévoit la suppression de dix mille emplois et la fermeture de la quasi-totalité des sites français de la firme. Ainsi espère-t-il redresser les comptes et renouer avec la rentabilité d’un groupe qui, depuis dix ans, accumule les déficits.

Là-dessus, les inconditionnels du libéralisme se contenteront de constater qu’Alcatel étant une affaire privée, il n’y a pas à s’en mêler, et de souhaiter bon vent à ce dirigeant courageux.

Il se trouve que le plan de M. Combes prévoit la suppression de neuf cents emplois en France, neuf cents emplois dont les titulaires, fiers et conscients d’être à la pointe de la recherche, ont du mal à comprendre que la hache s’abatte sur leur tête. Dans la situation où est notre économie et vu l’état du moral de nos compatriotes, une telle décision ne pouvait qu’émouvoir les pouvoirs publics. De fait, ils se sont émus.

Ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, dont on ne saurait contester la bonne volonté, mais qui ne dispose pas des moyens de concrétiser les meilleures intentions du monde, a donc adjuré M. Combes de ne pas prendre de décisions « excessives ». L’homme d’affaires (peut-on encore le qualifier d’industriel ?) a ri très poliment au nez du ministre. En déplacement à Roanne au chevet d’usines qui tournent encore avec du personnel, François Hollande a déploré ce nouveau coup porté à l’emploi. Les neuf cents salariés touchés par le plan « Shift » pleurent eux aussi, tout comme le chef de l’État pour qui ils sont évidemment un certain nombre à avoir voté il y a un an.

Du socialisme, le gouvernement actuel perpétue la manie taxatrice, la défiance envers les entrepreneurs, l’aversion pour les professions libérales. Du libéralisme, il a retenu le pire : au nom d’un prétendu respect pour une loi du marché qui, livré à lui-même, n’est rien d’autre qu’une jungle, il s’interdit des interventions que justifieraient amplement la plus élémentaire préoccupation sociale et la volonté affichée de lutter contre le démantèlement de nos industries.

L’an dernier à Florange, aujourd’hui confronté au projet d’Alcatel, notre Président « socialiste » n’envisage pas une minute de faire pression sur des capitalistes sans entrailles. Il n’y songe même pas. Que dirait Bruxelles, que dirait la City, que dirait le FMI, que dirait la Fed ?

Le temps n’est plus où l’épée de Damoclès de la nationalisation pesait sur les entreprises indifférentes aux conséquences humaines de leurs décisions. La finance poursuit son règne triomphant. Il ne reste à l’État et aux Français que leurs yeux pour pleurer. Nous pensions avoir élu un Président, nous avons installé une pleureuse à l’Élysée.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie