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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 02:31

Ouvriers lors d’une manifestation organisée par le syndicat IG Metall à Krefeld, en Allemagne, le 23 janvier 2012

Mais ce « miracle » a aussi sa face cachée, comme la multiplication des emplois précaires. Et la pauvreté qui guette les futurs retraités.

 
Au printemps, les prévisions les plus optimistes tablaient encore sur une croissance du produit fiscal de 4 %. Mais avec la chute des premières feuilles mortes, les prévisions printanières ont été revues à la hausse : en octobre, il était déjà question de « 5,6 % au moins »…

Et au rythme où les Allemands bossent en ce moment, il se pourrait donc qu’à la fin décembre, contribuables et entreprises aient finalement reversé plus de 600 milliards d’euros d’impôts dans les caisses de l’État fédéral ou des Länder ! Il ne restera alors aux bénéficiaires qu’à remercier la vitalité du marché de l’emploi, dont la santé éclatante aura contribué à l’établissement de ce record fiscal historique. Bingo !

Alors que le chômage gangrène de plus en plus la zone euro, l’Allemagne continue à faire exception à la règle. Mieux : elle se vante même d’avoir apprivoisé le monstre ! Certains chiffres tendent à le prouver. Comme ces 2.753.354 demandeurs d’emploi « seulement » inscrits en octobre, soit 6,5 % de la population active…

En Allemagne, on n’avait plus vu ça depuis une bonne vingtaine d’années ! Il faut en effet remonter à 1992 pour trouver trace d’un niveau de chômage aussi bas dans le pays. Du coup, certains optimistes envisagent déjà le retour… du plein emploi. Certes, le « plein emploi » d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le « zéro chômeur » d’antan — il se définit désormais plus modestement comme un « taux de chômage inférieur à 4 % » —, mais l’évoquer comme une hypothèse plausible atteste d’une confiance en soi à toute épreuve.

Cela dit, la belle médaille a aussi un revers. D’autres chiffres démontrent en effet que ce Jobwunder, ce nouveau miracle économique allemand, ne manque pas de côtés obscurs. Pour commencer, un bon tiers des demandeurs d’emploi en est systématiquement exclu.

Ils sont aujourd’hui un million d’Allemands à être répertoriés comme chômeurs longue durée. C’est une statistique désespérément stable, insensible aux soubresauts conjoncturels et autres signes de reprise économique. Sans qualifications particulières et condamnés à l’assistanat, ces Allemands ont fini par se résigner à vivre en marge du système. Le train est parti sans eux.

Problème : ils ne sont pas les seuls. Avoir un emploi ne permet plus automatiquement d’échapper à la précarité. La faute au travail intérimaire et à toutes les formes d’externalisation auxquelles les entreprises allemandes ont de plus en plus souvent recours. Un document du syndicat IG Metall révèle ainsi qu’entre 1991 et 2011, le nombre de personnes employées à temps plein a chuté de 19 %, alors que le « travail atypique » (intérimaires, etc.) a progressé de 51 % dans le même temps. Et bien plus vite encore (101 %) chez les 15-24 ans, principaux « candidats » au temps partiel, aux petits boulots, aux stages et CDD à répétition. Et fréquemment obligés d’accepter des emplois bien en deçà de leurs qualifications réelles. Avec un salaire correspondant.

Si les syndicats allemands ont jusqu’à présent joué le jeu de la réforme du marché de l’emploi, leur humeur est en train de changer, comme en témoigne la succession de conflits sociaux ayant émaillé l’année 2012.

À plus long terme, l’enjeu est de taille : la multiplication des emplois précaires, combinée au vieillissement dramatique de la population, font que des millions d’Allemands seront menacés de pauvreté dans un proche avenir. À moins d’un miracle, natürlich

Le puissant syndicat allemand IG Metall déplore la chute vertigineuse du nombre de contrats à temps plein durant la décennie 1991-2011.

DNA

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie