Bruxelles validera le projet de budget 2015 de la France sans barguigner, répétait Paris à l'envi depuis des semaines. Mais deux jours avant que la Commission européenne ne donne son avis, le gouvernement a tout de même rallongé ce lundi son plan d'économies de 3,6 à 3,7 milliards d'euros supplémentaires. Au cas où... Des "précisions", a dédramatisé le ministre des Finances Michel Sapin, soucieux - alors que la lettre que la Commission européenne réclamant des informations complémentaires sur son budget a fuité sur Mediapart la semaine dernière - de ne pas donner l'image d'une France fébrile face à l'Europe.

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Comment une telle somme a-t-elle pu soudain apparaître ? C'est l'addition de "bonnes nouvelles" et de "mesures nouvelles", a détaillé Michel Sapin. Les surprises favorables comptent pour 1,5 milliard d'euros. La baisse continue des taux d'intérêt allège ainsi le coût de la dette de 400 millions, estime Bercy. Un moindre prélèvement du budget de l'Union européenne sur les recettes à venir rapporterait par ailleurs "entre 300 et 600 millions". Le reste provient notamment d'une révision du "coût du CICE" (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi).

Les 3% de déficit toujours pas respectés

Au rang des nouveautés - qui seront inscrites au projet de loi de finances rectificatif du 12 novembre - figure la décision de rendre non déductibles de l'impôt sur les sociétés plusieurs taxes appliquées à certaines entreprises, pour un montant de plus de 500 millions d'euros. La lutte contre la fraude et l'optimisation fiscale, espère Michel Sapin, devrait rapporter 900 millions d'euros.
Enfin, des ressources supplémentaires pour les collectivités locales, en particulier relatives à la taxe de séjour, apporteront "à peu près 300 millions", et d'autres "petites mesures qui se cumulent, de l'ordre de 350 millions d'euros" sont prévues.

Reste que même si ces économies atteignent l'objectif annoncé de 3,7 milliards d'euros, le déficit public de la France s'affichera toujours au-delà de la règle européenne des 3% du PIB. "Tout ça a des effets mais ça ne change pas fondamentalement la question des 3%", a reconnu le ministre des Finances. Mais Paris mise sur cette preuve de bonne volonté pour s'attirer la bienveillance de Bruxelles. Réponse mercredi.

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http://www.metronews.fr/info/budget-2015-comment-la-france-trouve-encore-3-7-milliards-d-economies-pour-bruxelles/mnjA!f01tj32M2How/