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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 07:02
La cité des 4000, à La Courneuve
 
La cité des 4000, à La Courneuve Crédits photo : VALENTIN BONTEMPS/AFP
 


FIGAROVOX/OPINION - La banlieue du chanteur Renaud a disparu.
Alexandre Devechio explique comment les anciens bastions du PCF ont cédé face à la montée du communautarisme musulman.

«J'm'appelle Slimane et j'ai 15 ans, j'vis chez mes vieux à La Courneuve…»
 En 1983, Renaud racontait, à travers la chanson Deuxième génération, l'histoire d'un gamin de banlieue déraciné.
Plus de trente ans après, les paroles résonnent étrangement.
 «Pour m'sentir appartenir à un peuple, à une patrie… J'porte autour de mon cou, sur mon cuir, le keffieh noir et blanc et gris…»
Cette année-là, la cité des 4 000 pleure son premier mort: Toufik, 10 ans, est tué d'un coup de carabine à plomb tiré par un voisin excédé par le bruit.
François Mitterrand effectue une «visite surprise» dans le quartier…
 C'est encore l'époque de la «banlieue rouge», celle des ZUP, des voleurs de mob et de «Touche pas à mon pote».
Mais au fil des années, tandis que les frontières s'ouvrent, les dernières usines ferment: les «loubards» laissent place aux «racailles», le haschisch à l'héroïne, la lutte pour l'égalité à celle pour les minorités, l'antiracisme à l'antisionisme puis à l'antisémitisme, et enfin l'école publique et le parti communiste aux communautarismes.

La République, écrit alors Gilles Kepel, a déserté «les quartiers».
En juin 2005, l'Histoire bégaie.
 Un enfant de La Courneuve est tué d'une balle perdue.
 Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, se rend sur place.
 A la famille de la victime, il promet de «nettoyer la cité au Kärcher».
Des paroles tonitruantes sans lendemain.
Des émeutes de 2005 aux récentes manifestations propalestiniennes de Barbès et de Sarcelles, les poussées de fièvre se multiplient.

 Pour les enfants de la troisième génération, comme pour ceux de la deuxième, la Palestine ou l'Algérie ne sont qu'un prétexte.
 Les noms de leur sécession avec la nation française.
C'est pour eux une identité de substitution.
 Un ailleurs fantasmé.
 L'illusion d'une communion.

 Dans Le Village de l'Allemand, roman de Boualem Sansal (Gallimard, 2008), Malrich, le personnage principal, prophétise: «A ce train, la cité sera bientôt une République islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles.»

 De Renaud à Sansal, la banlieue rouge est devenue verte…

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Société