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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 01:51

Contrats d’avenir : des nouveaux « ateliers nationaux » au service de la « diversité » ?


PARIS (NOVOpress Breizh) – Le 29 août dernier le conseil des ministres a adopté le premier projet de loi emblématique du quinquennat Hollande. L’objectif du Gouvernement est ambitieux : fournir « une première expérience professionnelle réussie, inscrite dans une durée suffisante » aux jeunes de moins de 26 ans très éloignés du marché du travail. Ceux qui forment le « noyau dur du chômage », selon Michel Sapin, ministre du Travail. A savoir les jeunes « sans qualification ou peu qualifiés et rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi ». Avec un ciblage sur les « jeunes résidents dans les zones sensibles urbaines ou dans les zones rurales extrêmement éloignées ». Autrement dit, pour l’essentiel les « jeunes » issus de l’immigration. Gilles Demailly, le maire (PS) d’Amiens, le confirme volontiers. La nationalité française ne sera d’ailleurs même pas requise.

Le ministre du travail prévoit de créer 100.000 emplois d’avenir dès le début de l’année prochaine puis 50.000 en 2014. Soit 150.000 au total, moitié moins que ce que promettait le programme du parti socialiste, pour un coût estimé à 1,5 milliard d’euros en année pleine. Les contrats, financés à 75% par l’Etat, seront d’une durée d’un an minimum et de trois ans maximum. Ils pourront être à durée déterminée (CDD) mais l’incitation sera forte pour que les employeurs optent pour des CDI.

Les « emplois d’avenir » privilégient « les activités d’avenir ou dont l’utilité sociale est avérée ». Des secteurs en croissance qui offrent « des perspectives de recrutement dans les années à venir » : filière verte et numérique, tourisme, aide aux personnes, secteur social et médico-social, agriculture biologique…

18.000 emplois en trois ans seront affectés à l’Education nationale, pour des boursiers voulant embrasser la carrière de professeurs. Une ouverture sera enfin faite à destination des entreprises privées de services à la personne qui pourront recruter des emplois d’avenir à titre exceptionnel et avec une aide réduite « pour éviter tout effet d’aubaine » (Le Figaro, 29/08/2012).

Comme lors de la création des « emplois jeunes » par Lionel Jospin, le secteur public ou non lucratif (collectivités territoriales, associations…) sera le bénéficiaire quasi exclusif du dispositif.

En outre, les technocrates qui ont accouché de ce projet sont passés à côté de l’essentiel : la formation, qui a été carrément oubliée. Or, sans une solide formation, difficile ensuite d’accéder à un emploi pérenne.

Un autre point laisse perplexe : les jeunes qui bénéficieront des « emplois d’avenir » seront dans leur grande majorité, orientés vers les collectivités territoriales. Lesquelles se trouvent déjà en situation de sureffectifs ; il n’est en effet pas prouvé qu’elles aient besoin de main d’œuvre supplémentaire. C’est ce qu’on est en droit de penser après avoir pris connaissance du rapport rendu public, en plein mois d’août, par la Directiongénérale des collectivités territoriales.

Entre 2004 et 2010, les communes, intercommunalités et régions ont créé 287.000 emplois de fonctionnaires, dont 135.000 seulement sont imputables aux transferts de personnels dus à la décentralisation. Soir un solde « positif » (sic) de 152.000 emplois.

Le record revenant aux établissements publics de coopération intercommunale – c’est-à-dire les intercommunalités – qui ont embauché plus de 10.000 fonctionnaires territoriaux par an entre 2005 et 2010 (Le Canard enchaîné, 22/08/2012).

Un dernier chiffre pour nourrir la réflexion. Les dépenses de personnel de l’ensemble des collectivités atteignent désormais 53 milliards d’euros (Le Figaro, 06/07/2012).

Paul Le Guern

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Emploi - Chômage