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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 23:45

Au Portugal et en Espagne, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues ce samedi contre la rigueur et l'austérité économique imposées par leur gouvernement.Atlantico : On assiste à des défilés massifs au Portugal et en Espagne ou encore en Grèce où policiers et manifestants s'affrontent. Les plans d'austérité imposés par l'Union européenne soulèvent une vague de contestation montante. En exigeant l’austérité, l’Europe va-t-elle mener à une révolution des peuples ?

Christophe BourseillerRévolte n'est pas forcément révolution. Deux facteurs rendent possible une crise sociale : une paupérisation brutale de la population, à laquelle s’ajoute une variable incontrôlable : le possible éclatement d’une colère collective. Ainsi, la crise sociale en Tunisie a été rendue possible non seulement par la pauvreté générale de la population mais aussi par le suicide de Mohamed Bouazizi qui a constitué un facteur inattendu. On assiste depuis 2008 à de brutales flambées sociales dans plusieurs régions du globe (Grèce, Guadeloupe, Tunisie, Egypte, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal...).

Pour l'heure, ces fulgurances n'ont pas débouché sur des processus révolutionnaires, mais sur des crises politiques aboutissant à des changements de gouvernements. La tendance en Grèce aujourd'hui semble être plutôt à une certaine résignation. Mais la situation européenne demeure très instable. Dès lors que les gouvernants décrètent de trop fortes mesures de rigueur, la colère peut éclater à tout moment. 

La cohésion européenne est-elle directement menacée ? 

Il est certain que la totalité des mouvements sociaux se dresse contre ce qui est perçu comme une série de "diktat" de la Commission européenne. L'élément fédérateur, c'est aujourd'hui le rejet du processus européen, qui semble conduire à une paupérisation massive. 

Si dans tel ou tel pays,  les formations populistes l’emportent, la cohésion européenne sera de fait menacée. Pour le moment ces formations populistes ont été contenues. Tout est dans le rapport de force avec les populistes. Tant que ces forces populistes sont contenues, on peut imaginer que l’Europe maintiendra une cohésion.

Les pouvoirs institutionnels et politiques sont-ils conscients de la colère des peuples et du risque qu'elle fait peser sur la cohésion européenne ? Les partis nationalistes sont-ils les seuls à s'en rendre compte ? 

Il y a un désaccord croissant entre les élites et les peuples. De même que les peuples ne parviennent pas toujours à saisir les décisions prises par les élites, les élites ont tendance à mépriser le peuple et à ne pas entendre ce que dit la voix de la foule. Si les populismes existent, c’est parce que les élites n’écoutent pas suffisamment le peuple. Du coup, les populismes tirent avant les autres les marrons du feu. En Egypte et en Tunisie, les islamistes incarnent à leur manière une forme de populisme. Et ils sont parvenus au pouvoir. En Europe, les slogans démagogiques des partis populistes rencontrent l'assentiment de la foule. Les formations modérées devraient méditer ce point.Jusqu'ici, la contagion a toutefois été contenue, tandis que les partis populistes se régulaient quand ils accédaient au gouvernement, à l'image de ce qui s'est passé en Suisse. Mais la dérive du pouvoir en Hongrie demeure un sujet d'inquiétude.

L'Histoire semble démontrer que les contestations majeures s'opèrent plus facilement dans des périodes d'accalmie, voire de croissance que de crise, comme dans les années 1930 et 1960. Comment l'expliquez-vous ?

La crise sociale ne dépend pas de la santé économique mais de variables incontrôlables (colère,sentiment d’injustice) , et d’une paupérisation concrète. Dans les années 1960, la révolte étudiante s’était bâtie dans un contexte de boom économique, mais cette révolte n’était pas fondamentalement une révolte sociale. C’était une révolte qui mettait en avant des mots d’ordre liés à la vie quotidienne, des mots d’ordre liés à la modernisation d’une vie archaïque. La dimension ouvrière n’est venue qu’après coup en mai 1968.

Aujourd’hui nous sommes dans une série de mouvements sociaux qui rappellent les années 1930 qui se faisaient sur fond de montée des populismes. La France des années 1930 était la proie d’un grand nombre de ligues qui défendaient des positions populistes. La situation actuelle est davantage comparable à la situation des années 1930 qu’aux révoltes des années 1960.

Dans les années 30, on sortait en outre de la crise de 29. Ce n'était pas une période d'accalmie. La vraie question, c'est celle de la crise de l'alternative révolutionnaire. Que proposent les contestataires d'extrême gauche ? Des solutions qui semblent avoir prouvé leur inefficacité. Qui peut imaginer que la question du chômage sera réglée par le coup de baguette magique de l'interdiction des licenciements ? Les travailleurs qui descendent dans les rues se montrent méfiants à l'égard des tribuns qui prétendent les représenter. C'est pourquoi en dernière instance, les populistes s'emparent rarement du pouvoir.

Est-il aujourd'hui possible de désamorcer la grogne populaire ?

La grogne populaire risque d'enfler. On ne peut la désamorcer qu'en allégeant les mesures d'austérité. Le fait d'avoir un gouvernement de gauche ne change rien à l'affaire. Beaucoup de gens ont voté à gauche en estimant que cette dernière désamorcerait la crise sociale, parce que la gauche est plus proche des syndicats. Or en Grèce, quand la crise sociale a explosé, le PASOK (socialiste) était au pouvoir.

La France a certes été touchée par de nombreux plans sociaux et par des délocalisations, il y a certes un grand nombre de chômeurs, mais les mesures les plus radicales n’ont pas encore été prises et la population dans son ensemble n’a pas encore souffert directement dans sa chaire. C’est là, la grande différence avec les Grecs ou les Espagnols au plan de la vie quotidienne. Si le niveau de pauvreté s'accroît dans les mois qui viennent, la colère pourrait éclater. Il n’y aura pas de crise sociale si cette paupérisation est évitée. Comme disait Marx, les prolétaires n’ont à perdre que leurs chaînes, c’est-à-dire qu’ils n’ont plus rien à perdre. Est-ce le cas ?

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Société