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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 02:35

(Kamel DAOUD est né à Mostaganem le 17 juin 1970. Ecrivain et journaliste en Algérie. Il vient de publier en octobre 2013, « MEURSAULT contre-enquête », inspiré du roman « L’Etranger » d’Albert Camus.)

 **Kamel DAOUD nous ne nous connaissons pas et cependant j’aimerais vous appeler « mon ami » car il me faut exprimer à quel point j’ai apprécié votre rare lucidité, votre parfaite objectivité et surtout le courage dont vous faites preuve pour exprimer vos opinions et vos sentiments.

 

VOUS ECRIVEZ :

 

…« Mandela Nelson est mort. Le monde va saluer sa vie, son œuvre, son sourire, sa mort et sa philosophie. Et nous Algériens ? Faire de même dans la longue procession de l'hommage. Mais au-delà ? Un regret secret, une amertume. Le chroniqueur l'avait écrit un jour : Et si on avait eu Mandela en 62 et pas Benbella ? Et on avait eu la Vérité avant la Réconciliation et pas la Réconciliation sans la vérité, comme avec Bouteflika ? Et si. »…

**Je ne suis pas un admirateur inconditionnel de Nelson Mandela mais je m’incline car il a fait passer le destin et l’avenir de sa Patrie, avant le pouvoir et avant la revanche et la vengeance.

C’est très exactement ce que vous pensez et cela mérite d’être loué.

Votre parole est vérité : hélas ! Il y a eu Benbella, Benkedda, Bouteflika de votre côté, et du nôtre De Gaulle. Vous et moi avons été trahis.

*Sans De Gaulle il n’y aurait pas eu de barricades en 1960, de putsch en 1961 et d’OAS.

*Sans les fanatiques qui ont pris le pouvoir à l’indépendance et dont l’objectif premier était qu’il ne reste aucun « Français algériens » (comme vous nous nommez), alors votre rêve aurait pu devenir réalité :

…« On ose alors le tabou parce que c'est un grand rêve éveillé : une Algérie qui n'aurait pas chassé les Français algériens mais qui en aurait fait la pointe de son développement, de son économie et la pépinière de sa ressource humaine.

Une Algérie de la couleur de l'arc en ciel. L'Afrique du Sud de Mandela a eu son OAS, ses Pieds noirs, ses colons, ses fermiers blancs, ses radicaux noirs, ses traîtres, ses torturés et ses Aussarresses et ses Larbi Ben M'hidi.

Sauf qu'avec Mandela le choix avait été de faire passer le pays avant les procès et les vengeances et de construire, en ouvrant les bras. La valise ou la mort n'était pas le slogan de Mandela malgré l'histoire douloureuse de cet homme touché dans sa chair, et l'histoire des siens tués, torturés, assassinés.

L'homme avait une vision que nous n'avons pas eue et a sauvé son pays de la guerre civile et des tueries et des grandes vanités chauvines. »…

**J’ai connu quelques hommes qui rêvaient d’indépendance, notamment Ferhat Abbas alors qu’il éditait son journal « Egalité », dans les années 50, sur les presses d’Alger-Républicain alors que j’étais rédacteur de ce quotidien.

C’était ce qu’il souhaitait. C’est ce qu’ils souhaitaient.

Mais lui et quelques autres ont été balayés par ceux qui possédaient les armes et l’armée et qui n’étaient animés uniquement que pas la prise du pouvoir et des richesses qui l’accompagnent. 

…« Le «62» de l'Afrique du Sud, par cet homme, n'a pas connu sa crise de l'été, les guerres fratricides entre clans, les massacrés de Oued Sly, ni les coups d'Etat cycliques ni la main-mise des casernes et des polices politiques sur le pays.

Parce que Mandela voyait loin, les Blancs n'ont pas été chassés et massacrés ou exclus au nom d'Allah ou de l'identité. Les chars n'ont pas roulé vers la capitale de ce pays pour y violer la légitimité et on n'aurait pas cédé à l'illusion du socialisme, nous n'aurions pas été malades du butin et du bien-vacant et nous aurions évité les révolutions agraires et futiles qui ont détruit la propriété et la valeur du travail et notre patriotisme n'aurait pas été dégradé en propagandes et persécutions.

Un Mandela algérien nous aurait évité la seconde guerre des années 90, sa fausse conclusion par référendum risible et un président à vie, unique dans le monde, parce que un Mandela algérien aurait imposé la dignité des deux mandats et pas plus. 

Nous aurions fait les bons choix, nous aurions jeté les armes, les machettes dans l'océan, nous aurions choisi de sourire à l'adversaire et pas de l'assassiner et nous aurions fait coïncidé, chaque jour venant, le mot liberté et le mot libération. Un Mandela algérien nous aurait appris que la violence subie n'est pas nécessaire à rendre, justement pour casser le cycle. »…

**Il est vrai que si nous étions restés nous aurions ensemble fait de l’Algérie le phare de tous les pays méditerranéens.

Je ne sais pas si cela aurait été réalisable, j’en doute même fortement tant le fossé était devenu immense, mais cela aurait sans doute valu la peine de le tenter. N’était-ce pas le rêve d’Albert Camus !

Une certitude, elle ne serait pas aujourd’hui « un pays riche peuplé de pauvres »

…« Un Mandela algérien nous aurait évité le pays actuel, ses mauvaises convictions, nos mauvais jours et des molles dictatures et ses gabegies. Nous aurions perdu moins de vies et moins de temps et nous aurions été un grand pays. Car cet homme est l'un des très rares à avoir donné sens à la décolonisation.

Toutes les autres épopées ont mal fini : la décolonisation glorieuse y a été menée à la dictature hideuse ou sournoise. Au massacre, aux caricatures sanguinaires et au sous-développement. C'est dire que l'on ne décolonise pas avec les armes, mais avec l'âme. Décoloniser n'est pas vaincre le colon mais le démon en soi. Adieu l'homme au sourire qui dénoue. »…

**Je vous laisse le soin de cette conclusion et, pour ma part, j’éprouve un grand regret : que tous les Algériens ne se soient pas appelés Kamel DAOUD.

**Moralité de ce rêve, ami DAOUD, en 1962 un million de « Français algériens » et dix millions d’Algériens auraient accueillis dans une Algérie libre, indépendante et laïque, 4 millions d’immigrés Français et non pas le contraire. Mais ce n’est qu’un rêve !

 

PS : Kamel DAOUD rejoint dans mon estime Boualem SENSAL, Malek CHEBEL, et quelques autres qui brillent par leur ouverture d’esprit et leur talent.

article de lecteur : M.G.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Politique