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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 02:47

boulevard-voltaire-euthanasiePour parler de ces choses-là, il faudrait commencer par arrêter l’enfumage sémantique.

Il y a tout d’abord « l’association pour le droit à mourir dignement ». Parce que les autres, ceux qui vont jusqu’au bout du chemin sans crier pouce, ils ne meurent pas dignement peut-être ? Jean-Paul II, avec ses souffrances et sa déchéance physique, n’est pas mort dignement, c’est bien connu.

Il y a ensuite le rapport Sicard, remis à François Hollande il y a quelques jours, qui ne parle pas« d’euthanasie » mais d’une « accélération de la survenue de la mort ». Cela glisse mieux, c’est plus gouleyant en bouche.

Le vieux truc de l’euphémisme lénifiant qui écarte les ondes négatives, on nous le fait à chaque fois, (confère l’Interruption Volontaire de Grossesse), et cela fonctionne toujours aussi bien. Et méf’ à l’avenir si vous persistez à utiliser ce vieux gros mot d’euthanasie aussi piégé que celui d’avortement, on aura tôt fait de vous démasquer : « On t’a reconnu, sale réac, veux-tu bien sortir de là ! »

Mais quand on y réfléchit, Petiot et Landru, dans leur genre, n’ont rien fait de plus qu’accélérer la survenue de la mort.

Pas certain que tous les médecins se sentent taillés pour le job. Des médecins qui n’ont pas forcément envie de rouler en boule leur serment d’Hippocrate et de se torcher avec. Des médecins qui savent bien que cette volonté de se donner la mort exprimée par les malades est en fait une volonté d’abréger les souffrances, des souffrances morales et physiques imbriquées que l’on pourrait faire disparaître — sans supprimer le malade lui-même — si la France voulait bien se donner assez de moyens dans ce domaine.
Des médecins qui savent bien que l’équilibre psychique des personnes âgées, même dites en pleine possession de leurs moyens, est une chose fragile ; qu’un traitement mal équilibré peut les rendre sujettes transitoirement à la dépression, à l’athymie, et aux tendance suicidaires. Le problème est que le suicide assisté, lui, n’est pas transitoire. Pas de« ctrl-z », on efface tout et on recommence.

Des médecins qui savent bien qu’il serait, si l’on va par là, parfaitement illogique voire discriminatoire de continuer à réanimer des patients ayant fait une tentative de suicide : sous prétexte qu’ils ne seraient pas vieux et en phase finale, ils ne bénéficieraient pas du droit comme les autres de mettre un terme à des souffrances insupportables ?

Des médecins qui pressentent bien, comme nous tous, que derrière tout cela il doit y avoir une affaire de sous. Les derniers mois de vie, c’est prouvé, sont ceux qui coûtent le plus cher. À la Sécu en particulier. Et franchement, si l’on rapporte l’utilité marginale en termes de bonheur de ces six derniers de mois à l’investissement financier, c’est peanuts. Même un auditeur junior de Ernst & Young vous le confirmerait : pas rentable, ligne de crédit à supprimer.

Des médecins qui, pour avoir assisté à tant de fins de vie, savent à quel point leur spectacle dérange la famille et l’entourage, qu’elles renvoient, au-delà de la douleur de la séparation, à leur propre fin de vie future, aux questions ontologiques et eschatologiques qu’ils croyaient avoir réussi à oublier en courant toute la journée à leurs affaires comme un hamster dans sa roue. Et si l’utilité d’accompagner nos mourants jusqu’au bout était aussi là ?

 

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Société