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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 01:58

marithe + françois girbaudIl semblerait que cette question soit à l’ordre du jour. En France, certains souhaitent interdire les manifestations islamistes, la kippa et le voile dans la rue, tandis que d’autres appellent à la prohibition du blasphème.

Dans ce second camp, on trouve Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris (réputé être l’un des plus modérés parmi les modérés), qui a ainsi regretté que « l’incitation à la haine religieuse ne soit pas réprimée par la loi comme l’est l’incitation à la haine raciale ».

Dans le même temps, à Bruxelles, lors d’un débat sur la RTBF, le grand Rabbin de la ville et le président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique se sont tous deux prononcés très clairement « pour l’interdiction du blasphème ».

Beaucoup — à commencer par des membres du gouvernement — ont reproché au journal satyrique Charlie Hebdo, d’avoir « jeté de l’huile sur le feu », ou d’avoir publié ça « au mauvais moment », mettant ainsi la pression sur les journalistes et dessinateurs pour qu’ils « responsabilisent » leurs propos. Après de telles remontrances, après s’être vu reprocher d’avoir mis en danger la vie des Français résidant dans des pays musulmans, quel journaliste, quel dessinateur osera récidiver ?

Lors de la « fatwa » émise en 1989 contre Salman Rushdie par l’Iran après la publication des « Versets sataniques », les élites françaises avaient été unanimes pour défendre l’écrivain. Aujourd’hui, le gouvernement « désapprouve » Charlie Hebdo.

Rushdie, c’était il y a 23 ans. Une époque où l’on pouvait tout se permettre sur le sujet, la France étant certainement l’un des pays où la religion posait le moins de problème, et pour cause : il n’y en avait plus. Les églises étaient vides et les mosquées pas encore pleines. Aujourd’hui, c’est différent… On ne parle plus que du « problème religieux », comme aux grandes heures de 1905. Et rien n’indique qu’il s’agisse d’un très temporaire effet de mode. Le ton monte, crescendo, et les digues cèdent.

De l’autre côté, il y a ceux que la religion irrite de plus en plus. Ils sont nombreux. L’interdiction des manifestations islamistes a été saluée par les partis de droite qui ont même reproché au gouvernement d’avoir laissé 200 musulmans approcher de l’ambassade des États-Unis.

L’UMP en tête n’hésite plus, depuis la saillie sarkozienne contre le hallal (en plein campagne présidentielle), à évoquer ce genre de sujets religieux. Le très laïciste Front National, qui défend aujourd’hui Charlie Hebdo, était autrefois le premier à lui coller des procès via Bernard Antony et son association l’AGRIF, reprochant au journal des dessins ou propos « anti-catholiques » 1. Les temps changent.

Pour de nombreux Français de plus en plus exaspérés, la coupe est pleine : « Cachez ces barbes que je ne saurais voir ! » On est loin du très soixante-huitard « Il est interdit d’interdire. »

Peut-être justement aurait-il fallu respecter ce précepte et ne pas interdire le voile dans les services publics, par exemple. Ainsi, le réflexe de « l’interdiction » ne serait peut-être pas invoqué aujourd’hui comme mode incontournable de l’action politique… On en serait peut-être arrivé à un mode de dialogue plus sain : « Je te laisse ton foulard, tu me laisses ma liberté d’expression… »

Gwendal Gauthier, le 6 octobre 2012

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Religions