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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 01:37

 

 

L’annonce d’un recul du PIB au tournant de l’année 2013 ( – 0,2 % au quatrième trimestre 2012, -0,2 % au premier trimestre) a occulté une réalité bien plus alarmante encore : la panne sans précédent dans sa durée de la croissance française.

Sur les cinq derniers trimestres, l’activité n’a pas progressé d’un iota en France et le niveau de la richesse produite se trouve toujours aujourd’hui en deçà de celle de 2007, l’année du déclenchement de la crise des subprimes aux Etats-Unis.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie française n’a connu une période aussi longue de stagnation.

Et l’horizon à court et moyen terme apparaît désespérément bouché. Une réalité bien perçue par la force des choses par les agents économiques, ménages et chefs d’entreprise mais encore largement niée par les politiques qui ne cessent pas d’entrevoir le futur avec des lunettes roses. Un tel comportement ne surprend pas l’expert Olivier Berruyer :

Les politiques sont dans l’idéologie de la croissance. Ils vivent dans le règne révolu du “toujours” plus”, estime ce dernier. Or ce retard dans la prise de conscience est lourd de conséquences car il freine les adaptations nécessaires à la nouvelle ère qui s’ouvre, celle d’une croissance durablement proche de zéro et qui appelle nécessairement des révisions douloureuses dans nos façons de produire et de redistribuer.

 

La fin des illusions

Les politiques s’accrochent encore au scénario de la reprise prochaine auquel plus beaucoup d’économistes ne croient. [...]

Le potentiel de la croissance économique de la France est atteint durablement. Il se situe désormais dans une fourchette comprise entre 0,5 % et 1 % maximum“, analyse Alexandre Mirlicourtois, directeur des études conjoncturelles à l’institut Xerfi. Avec plus de 60 000 défaillances d’entreprises par an depuis cinq ans, c’est le tissu économique du pays dans son ensemble qui s’est gravement déchiré. Or une telle “casse industrielle” a pour effet de réduire durablement le capital productif. Et l’évolution de l’investissement dans les entreprises survivantes en chute libre depuis cinq trimestres ne contrecarre en rien la tendance.

La montée du chômage constitue, au-delà des drames humains, un autre facteur aggravant. Avec près de 5 millions de demandeurs d’emplois – y compris les travailleurs ayant des activités réduites – le sous-emploi bat tous les records dans l’Hexagone. Or le chômage de longue durée a pour effet de déqualifier la main-d’œuvre. Quant à la situation du marché du travail, elle est si dégradée qu’elle incite de plus en plus de jeunes Français diplômés – 50 000 par an selon certaines estimations – à partir à l’étranger.

Une telle “fuite des cerveaux” totalement inédite pourrait être perçue positivement si on avait la certitude que ces installations étaient provisoires. Mais rien n’est, hélas, moins sûr. Avec un capital productif diminué par les restructurations et une population active amputée de ses éléments les plus jeunes, la France voit ainsi son potentiel de production dangereusement menacé. D’autant plus que l’Hexagone peine à intégrer le progrès technique dans ses process de production. Entre 2008 et 2012, le nombre de robots n’a augmenté que de 12 500 en France contre 22 000 en Italie et 73 000 en Allemagne.

Douloureuses révisions

Pour remonter la pente, il faudra nécessairement du temps. “Ce régime de croissance potentielle basse, proche de 0 %, risque d’être le nôtre au moins jusqu’en 2017 et peut-être 2020. Une politique de l’offre ne peut produire ses effets qu’au bout de quatre ou cinq minimum”, analyse Alexandre Mirlicourtois. Et encore, il faut compter avec d’autres freins d’ordre plus structurels qui dépassent le cadre strictement franco français.

“Tant que la finance n’aura pas été remise à sa place , elle continuera à détourner des ressources à son profit au détriment des investissements socialement et économiquement utiles.”

En attendant cette nécessaire remise au pas, il va donc falloir apprendre à gérer les années de vaches maigres. “En réalité, l’opinion désemparée assiste à la fin du mythe de la croissance infinie en Europe mais si elle regardait l’Histoire, elle s’apercevrait qu’il est possible de vivre dans un monde sans croissance. La vraie question est plutôt sociale : pourra-t-on durablement supporter un taux de chômage de 35 % à 60 % selon les pays, chez la population des 18-25 ans ?, s’interroge le banquier François de Givry.

Avec un taux de chômage de l’ordre de 25 % chez ses jeunes, la France doit commencer à faire preuve de plus de lucidité. “Il faut cesser de faire des projections avec des taux de croissance systématiquement trop optimistes auxquelles personne ne croit et qui sont régulièrement démenties par les faits”, conseille fermement Olivier Berruyer. Les politiques seront-ils capables d’une telle sagesse ? On peut en douter.

Le nouvel Economiste

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Economie