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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 01:35

 

Et plus exactement, arrêtons nous un instant sur cette « dépendance » de l’État à ces activités qu’il est censé freiner et que par une perverse inversion des valeurs il a intérêt à voir croître. Deux chiffres nous ont interpellés ces derniers jours.

Tout d’abord, ce sont Les Échos qui nous apprennent que l’Agence nationale du traitement automatisé des infractions (Antai) estime que les radars ont déjà rapporté "324 millions d’euros entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, et en tenant compte de la corrélation du trafic selon les saisons, l’année 2012 pourrait rapporter entre 675 et 700 millions d’euros", un record. Des rentrées supplémentaires qui feront du bien au budget de l’État, certes mais qui conduisent inévitablement à des perversions. La première, nous la connaissons, c’est la multiplication des radars (il y en aura 2200 à la fin de l’année, soit une progression de 22% en trois ans). Cette multiplication des radars a deux aspects totalement pervertis.

  • Le premier, c’est le discours idéologique qui prévaut à cette prolifération. En interdisant les avertisseurs de radars, en supprimant les panneaux prévenant de la présence de radars, l’État supprime tout l’aspect préventif et éducatif que l’installation de radars pouvait induire. Seul demeure l’aspect répressif. C’est là que le citoyen lambda a du mal à comprendre qu’en matière de délinquance sexuelle on privilégie  l’éducatif à la répression, quitte à laisser en liberté des délinquants (avec les risques de récidive qu’on voit trop souvent), qu’en matière de vol, d’agression, on privilégie la « seconde » chance (vécue comme le « second » risque pour la victime), qu’en matière de délinquance de mineurs on stoppe les centres d’éducation fermés parce que « trop répressifs » et qu’en matière de vitesse seule la logique du « toujours plus de répression » soit l’unique solution… 
  • Que ce soit dans un sens ou dans un autre, l’État se renie. Ou plus exactement, quand il y a plusieurs centaines de millions d’Euros en jeu, l’État n’en a plus rien à faire de ses belles théories et de ses belles convictions. Perverti aux recettes, il abandonne ses beaux idéaux.
  • Le second aspect de cette perversion est caractéristique : les emplacements des radars. Nous connaissons tous des radars placés en pleine ligne droite d’une route à quatre voies sans aucune intersection ni habitation. Clairement, dans de telles circonstances, le nombre de conducteurs incités à laisser leur véhicule moderne silencieux, confortable et sûr à dépasser les 110km/h est important. Avec quel risque ? 
  •  Quasi inexistant. En revanche, nous connaissons tous aussi des virages dangereux sur des routes moins fréquentées où la présence d’un radar en amont obligerait certains conducteurs à ralentir et par la même occasion sauverait des vies. Mais voilà, pas rentable. Le choix des emplacements est donc dicté non par la nécessité de la prévention mais par un calcul de rentabilité. L’action de l’État est pervertie par un raisonnement qui n’est plus que mercantile.

Jusqu’où va ce raisonnement ? Clairement, outre que l’État a objectivement intérêt à ce que ses citoyens contreviennent aux limitations de vitesse, ce que nous pouvons sentir dans le discours triomphant de l’Antai lorsque celle-ci annonce un certain "relâchement des automobilistes" ayant entraîné "une légère augmentation de la vitesse moyenne", nous sommes bien obligés de nous poser la question de savoir si l’État, franchissant un pas supplémentaire dans l’ignominie, ne serait pas amené à prendre des mesures « incitatives ».

Eh bien, eh bien…  figurez vous que les sanctions moins lourdes en cas de petits dépassements… en a multiplié le nombre et donc les recettes ! Un enseignement que l’État serait avisé à analyser et éventuellement extrapoler au domaine fiscal… Hein ? Et si « moins d’impôts générait plus d’impôt »? En tous cas, clairement, il convient de se poser la question de la motivation qui a pu conduire l’État à baisser les amendes sur les petits dépassements. Réelle prise en compte des difficultés des Français ou calcul machiavélique et mercantile ?

L’autre chiffre qui nous a interpellé, c’est 16 Millions. 16 Millions d’euros, le Français qui a le plus gagné au tirage de l’Euromillion de vendredi dernier s’appelle… « État » ! En fait, l’État prélève 39,5% de toutes les mises. Cela représente environ 3,5Md€/an (probablement près de 4Mds€ cette année…) ! C’est le seul à être sûr de gagner à tous les coups. Nous ne nous étendrons pas  sur le fait que ces gains passent à la trappe du budget de l’État et que les députés (notre « représentation nationale ») n’ont pas voix au chapitre de l’utilisation de ces fonds. Nous vous reportons à l’excellent livre (bien que datant de quelques années) de Sébastien Turay sur le sujet.

Poursuivons en disant que la Française des Jeux verse, en plus des 39,5% sur les mises, un impôt sur les sociétés de 45M€/an. Ce n’est pas fini, actionnaire à hauteur de 72% de la société, l’État, en bon capitaliste investisseur perçoit des dividendes variant de 56M€ à 72M€, selon les années. Cerise sur le gâteau, lorsqu’il y a un « grand » gagnant, ce dernier aura le privilège de payer l’ISF l’année suivante. Bref, comme vous le voyez, l’État, même « normal » et « vertueux » continuera encore longtemps, en tant qu’actionnaire archi majoritaire de la Française des Jeux, à vous inciter à plus croire au hasard et à la chance pour gagner votre vie plutôt qu’au travail et à l’énergie.

Nous pourrions aussi tenir cette démonstration en matière d'alcool (de 35 à 50% du prix de vente), de tabac, de PV (comme lorsque nous avions relevé que la Ville de Paris, déçue du civisme de ses usagers avait constaté des recettes de PV inférieures à ses prévisions et avait pris des « mesures » pour redresser la barre…) de carburants, comme nous l’évoquions il y a quelques jours. L’État français est addict à nos addictions. Il en arrive donc à mener des politiques contraires aux intérêts de la population dans l’unique nécessité de collecter des revenus. Dans une telle logique, l’État est-il encore l’instrument de la collectivité au service de celle-ci ou est-il devenu un « corps étranger », une sorte de parasite dont l’intérêt serait le vice de son corps nourricier ?

En tous cas, nous aurons retenu deux choses. Nos élus savent que la répression peut être efficace et nos élus savent qu’en baissant les taux, on peut augmenter les recettes en valeur absolue. Il ne leur faut plus que généraliser ces principes… Cela s’appelle « sublimer » ses perversions. Ou rêver… ça dépend.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Politique