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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 00:50

ETAT-ISLAMIQUE.JPG

 

L’opération devait illustrer la réactivité de Paris face à la menace djihadiste. Elle a viré au fiasco par une communication hasardeuse qui met soudain en exergue les failles du bouclier antiterroriste français.

 Mardi midi, le ministère de l’Intérieur avait annoncé un peu vite l’arrestation de trois individus dangereux «dès qu’ils ont posé le pied en France». Ils revenaient en principe de Turquie, où ils avaient été arrêtés en août dernier, après avoir combattu, dit-on, dans les rangs des islamistes radicaux en Syrie.

Parmi eux, le mari de Souad Merah, sœur de Mohamed Merah, le terroriste qui sema la mort à Montauban et Toulouse en mars 2012. Mais aussi un «très proche» du «tueur au scooter» et un troisième homme, lui-même connu des services antiterroristes. Le tableau était presque parfait. Mais voilà: le récit était partiellement faux. Les trois djihadistes sont rentrés en France par leurs propres moyens, sans être inquiétés. Ils n’ont pas été arrêtés à leur arrivée à l’aéroport de Marseille où ils se sont posés comme des fleurs, prétendant même aujourd’hui, par l’entremise de leurs avocats, se tenir à la disposition de la justice.
Mes Pierre Dunac et Apollinaire Legros-Gimbert, deux de leurs avocats, ont ainsi expliqué que les trois hommes n’avaient pu embarquer dans le vol initialement prévu au départ de la Turquie et à destination de Paris, mais qu’ils avaient pu prendre un vol suivant à destination d’un aéroport de province. Marseille, donc, selon nos informations.

Le commandant de bord a refusé de les embarquer

L’attaché de sécurité intérieure français basé en Turquie avait pourtant bien préparé leur retour avec les autorités à Paris et Ankara. Mais, au moment de monter dans l’avion d’une compagnie turque, le commandant de bord, voyant à quels passagers il avait affaire, aurait refusé de les embarquer, comme c’est son droit. Il a fallu les faire rentrer par un vol suivant, qui atterrissait à Marseille, où rien visiblement n’était prévu pour les cueillir, puisqu’ils étaient attendus à Paris. Le ministère de l’Intérieur a confirmé cette version dans un communiqué: «Les services français ont été informés par leurs homologues turcs de ce changement de vol après l’arrivée sur le sol français des trois ressortissants expulsés.»
«Le ministère de l’Intérieur a, à mon avis, dégainé un peu trop vite en annonçant leur arrestation. Ils n’ont pas du tout été arrêtés. Ils sont dans la nature, prêts à s’expliquer, à être interrogés », a déclaré mardi soir Me Legros-Gimbert. L’avocat s’est même montré très surpris que le passeport de son client et ceux des deux autres djihadistes présumés n’aient pas déclenché de signal dans l’aéroport d’arrivée. Son confrère Me Pierre Dunac savoure: «Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est la réalité. Ils ont voyagé avec leur passeport. Ils n’ont pas été inquiétés à leur arrivée.» Un sérieux serrage de vis s’impose dans les rangs de la police nationale, où l’amateurisme que révèle cet épisode risque d’éclabousser jusqu’au ministre.

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Faits Divers