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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 01:45

 

Lors de l’émission « Zemmour et Nolleau » sur Paris-Première du dimanche 01 décembre, Jean-Louis DEBRE, présentant son livre« Françaises, Français », a analysé le discours prononcé par De Gaulle à Alger le 4 juin 1958.

Le désormais fameux « Je vous ai compris ».

D’après lui De Gaulle n’avait pas encore une idée très précise du devenir de l’Algérie française. Il était dubitatif. Et ce n’est que plus tard, après que l’un de ses proches lui ait présenté un avenir de la France « trop musulman », qu’il aurait changé diamétralement d’avis :

**Le 5 mars 1959 de Gaulle s’exprimait : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité sinon la France ne serait plus la France.

Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français.

Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre, agitez la bouteille, au bout d’un moment ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français.

Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions d’Arabes qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français comment les empêcherez-vous de venir s’installer en métropole alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-églises mais Colombey-les-deux-mosquées. »

 

Effectivement il s’agit là de la nouvelle pensée de De gaulle (que nous aurions parfaitement compris) mais bien avant le 4 juin 1958 il avait déjà affirmé en plusieurs occasions qu’il envisageait une Algérie indépendante.

**Déjà en 1944, il se confiait à André Philip, ministre socialiste :

«Tout cela finira par l’indépendance, mais il y aura de la casse, beaucoup de casse».

**Dès 1957 il affirme à Christian Pineau :

-  Il n’y a qu’une solution en Algérie, c’est l’indépendance.

- Mais, mon général, pourquoi ne pas le dire maintenant ?

- Non, Pineau, ce n’est pas le moment.

**Toujours à André Philip, De Gaulle avoue le 3 mars 1958 :

« On ne s’en sortira que par l’indépendance de l’Algérie. Par étapes et, si possible, en association avec la France.

- Mais, mon général, vous allez être l’otage de l’armée. Vous ne pourrez plus conduire une telle politique.

- Ne soyez pas naïf ! Vous avez vécu à Alger comme moi. Vous les connaissez. Ce sont  tous des braillards. Il n’y a qu’à les laisser brailler. Quant aux militaires, je me tiendrai tranquille, le temps que les chefs se dévorent entre eux. De ce qu’il restera, je ferai ce que je voudrai avec des promotions et des décorations. »

**Lors d’un entretien avec André Passeron, journaliste au quotidien Le Monde, De Gaulle ne dissimule pas que ses intentions, avant même 1958, était déjà d’abandonner l’Algérie et cela prouve, si c’était nécessaire, sa trahison préméditée :

« Tenez, par exemple pour l’Algérie, de tout temps, avant que je revienne au pouvoir et lorsque j’y suis revenu, après avoir étudié le problème, j’ai toujours su et décidé qu’il faudrait donner à l’Algérie son indépendance. Mais imaginez qu’en 1958, quand je suis revenu au pouvoir et que je suis allé à Alger, que je dise sur le forum qu’il fallait que les Algériens prennent eux-mêmes leur gouvernement, mais il n’y aurait plus eu de De Gaulle dans la minute même. Alors il a fallu que je prenne des précautions, que j’y aille progressivement et comme ça on y est arrivé. Mais l’idée simple, l’idée conductrice, je l’avais depuis le début.»

**Il est quelquefois instructif de se plonger dans les « secrets » de ces agenciers de l’AFP, surtout lorsqu’il s’agit de Jean Mauriac et qu’il occupait toujours le siège à côté du « général » au cours de ses nombreux déplacements.

Jean Mauriac confirme que de Gaulle lui aurait confié sous le sceau du secret et plusieurs mois à l’avance sa décision de proposer l’autodétermination aux Algériens, alors qu’il tenait des discours où il affirmait le contraire.

Cela prouve, si c’était nécessaire, la duplicité dont il a fait la démonstration tout au long de sa « carrière » et la manipulation entreprise de longue date auprès des militaires et des civils alors qu’il n’avait jamais eu la moindre intention de maintenir l’Algérie française.

(Source : AFP – Les soldats de l’information – Jacques Thomet)

**Il est particulièrement intéressant de savoir comment de Gaulle interprète ses propres discours, mais cela nous ne le saurons que bien plus tard, lorsqu’il relatera sa prise de contact avec l’Algérie les 4, 5 et 6 juin :

«Vers 7 heures du soir, j’arrive au Forum. Quand je parais au balcon du gouvernement général, un déferlement inouï de vivats soulève l’énorme foule qui est rassemblée sur la place. Alors en quelques minutes, je lui jette les mots, apparemment spontanés dans la forme, mais au fond bien calculés, dont je veux qu’elle s’enthousiasme sans qu’ils m’emportent plus loin que je n’ai résolu d’aller. Ayant crié « Je vous ai compris ! » pour saisir le contact des âmes, j’évoque le mouvement de Mai auquel je prête deux mobiles, nobles entre tous : rénovation et fraternité. J’en prends acte et déclare qu’en conséquence la France accorde l’égalité des droits à tous les Algériens quelle que soit leur communauté.»

**Dans le brouhaha du récent salon du livre de Toulon, il m’était difficile de vous éclairer, M. Jean-Louis Debré.

J’espère avoir apporté une réponse à vos doutes.

 

De Gaulle a toujours dissimulé sa véritable pensée concernant l’Algérie, même votre père, Michel, a été trahi par son « Maître ». Il en était conscient mais, tout comme vous, il doutait…jusqu’au moment où le doute n’était plus permis

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS - dans Histoire