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mise en ligne le 15/07/2015

 

 

 

9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 06:41

La pole position du candidat socialiste dans les sondages à l’élection présidentielle française alimente les pires scénarios.

« Certains de mes clients se préparent à spéculer sur une montée en flèche des taux d’intérêt de la France si François Hollande est élu.» Cette remarque, lâchée sur le mode de la confidence par un banquier d’affaires britannique, résume le sentiment d’une partie de la City à propos des perspectives de la crise de l’euro. De sources sûres, l’éventualité des conséquences d’une victoire de François Hollande est discutée dans de nombreux établissements, ne serait-ce que pour savoir si ce ne serait pas de nature à mettre fin au rebond actuel des bourses. C’est que, pour de nombreux financiers, le dernier règlement de la crise grecque n’est pas vu, à l’instar de Paris ou de Berlin, comme une victoire sur le temps – le temps de digérer et de contenir la probable faillite d’Athènes – mais simplement comme une manœuvre dilatoire. Ils évoquent généralement l’image de la canette qu’on pousse du pied dans la descente version City du mythe de Sisyphe.

Surtout, ils s’interrogent sur la possibilité pour la Banque centrale européenne de poursuivre sa politique accommodante d’injections de liquidités au travers du système bancaire en cas de changement de cap à Paris.

La vengeance de la finance sans visage?

 

Bien sûr, le socialiste qui a déclaré que son véritable ennemi c’est «la finance sans visage» n’est pas fait pour rassurer les banquiers et autres gérants de hedge funds. Marc Fiorentino, ex-trader et président de monfinancier.com, a écrit un scénario-fiction selon lequel «une fois François Hollande à l’Elysée, la finance se vengera», avant de conclure que le socialiste finira à Canossa, ou plus exactement à Francfort pour mendier le secours de l’Allemagne. Pourtant ce ne sont pas tellement les rodomontades du discours de François Hollande au Bourget – qui plus est tempérées par ses déclarations rassurantes depuis à la presse britannique, en dépit du risque politique qu’elles présentaient – qui inquiètent véritablement la City. Non, ce qui est au cœur des préoccupations, c’est une volonté bien précise du candidat socialiste: celle de renégocier les derniers traités obtenus à grand-peine avec le reste de l’Europe.

François Hollande a en effet qualifié ces accords, dits «fiscal compact», de «trahison de la souveraineté de la France», en dépit qu’il s’agisse plus d’un renforcement du vieux pacte de stabilité que d’un véritable transfert de souveraineté budgétaire. Le fait que les parlementaires socialistes se soient abstenus lors du vote sur ce sujet la semaine dernière à l’Assemblée nationale française a été de nature à alimenter les inquiétudes de la City sur la réalité de ce risque. Le superstratège d’UBS George Magnus a résumé récemment l’enjeu en affirmant que «la victoire de Hollande pouvait ouvrir une nouvelle phase d’instabilité et d’incertitude». En creux, Angela Merkel dit exactement la même chose en s’engageant, comme jamais aucun chancelier allemand avant elle, dans la campagne française pour soutenir Nicolas Sarkozy.

Avec la perspective d’élections générales en Allemagne en 2013, la chancelière sait qu’elle n’aurait guère de marge de manœuvre pour renégocier avec une France qui au surplus va être remplacée dès cette année par la Chine en tant que principal partenaire commercial. Une période d’incertitude s’ouvrirait alors dont la principale conséquence serait d’empêcher la Banque centrale européenne de poursuivre son rôle proactif à cause des doutes sur l’engagement des politiques sur leur discipline fiscale à long terme.

Le plus probable dans ce contexte, c’est que l’élection présidentielle française tourne au référendum sur la poursuite du projet européen. Pas sûr que François Hollande soit prêt à assumer le risque d’un non, même si cela le force à mettre beaucoup d’eau minérale allemande dans son vin rouge.

BILAN

motsclefs : Hollande, socialiste

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Publié par : CITOYEN ET FRANCAIS - dans Politique